‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 69 sur 105 · TRIBUNAUX · texte numérisé non relu

TRIBUNAUX

de donner de l'argent, et alors le gardien n'est pas emprisonné à votre place, tout au plus negarde-t-il pas tout l'argent reçu. Que voulez-vous? comme les autres employés malgaches, ces gardiens ne sont pas payés, et ils vivent sur leurs hommes.

Dans les provinces soumises, le régime des prisons est à peu près le même que dans la capitale, mais encore plus imparfait.

M. Le Myre de Vilers donne le nombre des prisonniers gardés dans les maisons de répression avant son départ. Il était peu élevé. Oo avait en eflet :

A la Grande Prison 70

Aux Fours à chaux 30

 la Sucrerie 30

Total 130

Aujourd'hui, ces chifires seraient de beaucoup trop faibles. M. Jully estime qu'il y a une centaines de prisonniers à Mahasoa, et 300 à 400 à Andrainarivo. Lui-même en a employé parfois une centaine à la fois»

Ce qui explique cette différence, c'est que les prisonniers sont tous délivrés, au couronnement d*une Reine, et que les chiffres donnés par M. Le Myre de Vilers se rapportent aux premières années du règne de Ilanavalona iil.

3" La peine de mort.

Les exécutions capitales sont peu nombreuses en réalité, quoique la loi édicté cette peine très souvent et pour des cas qui, avec de la bonne volonté de la part du pouvoir, peuvent se rencontrer fréquemment, c Le Dictateur préfère se débarrasser secrète^ ment de ceux qui le gênent, comme s'exprime M. Le Myre de Vilers, et depuis que nous sommes à Tananarive, il n'y a eu aucune exécution. >

En cas de crime de droit commun, on emploie la décapitation au couteau d'abattage, en sciant. Â cet effet, la victime est couchée la face contre terre, les pieds attachés et les mains liées derrière le

dos. Actuellement, les exécutions ont lieu au sud de la ville, à

Anobohipotsy. Autrefois, c'était à l'extrémité nord, daiis iequaiUer anglais. Les bourreaux, au nombre de douze, sont choisis dans la

caste noiî p.

Quant aux soldats, ils sont fusillés en présence des troupes, au lieu d'être, comme autrefois, brûlés vifs.

Il est interdit de verser le sang des princes. En cas d'exécution, on les empoisonne, on les étrangle ou on les noie.

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