‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 71 sur 105 · MADÂOASGAB KT LIS HOVA · texte numérisé non relu

MADÂOASGAB KT LIS HOVA

D'abord, à Madagascar c toate la terre appartient à ia Reine i ; c'est là un principe primordial et qui domine tout, et non seulement une manière emphatique d'exprimer le pouvoir absolu» la toutepuissance sans limites, du souverain.

En 1891 y en passant à Nosy-Be, je causais avec un Malgache fort intelligent et d'une certaine situation; c'était un dos descendants des anciens rois sakalaves, un ami de la France et un ennemi des Hova. Il me pariait de la maison et des champs qu'il avait sur la Grande-Terre, et, en lui répori(iaiit, j'employais le mol depropriété. f Oh! ils ne m'appartiennent pas, » reprit-il, et comme je ne comprenais pas : « Ils appartiennent à la Heine, continua-t-il, car toute la terre de Madagascar appartient à la Reine; je les cultive, je les ensemence, j'en récolte les fruits» mais ils ne m'appartiennent pas. > Voilà ce que vous répondront tous les Malgaches sans exception, car c'est là l'exacte vérité.

La Reine peut donc vous prendre votre terre, votre récolte, votre maison, sans compensation aucune, si elle en a besoin, ou simplement si elle en a envie ; et non seulement la Reine, mais son premier ministre également, ses officiers, ses aides de camp, ses gouverneurs, tous ceux qui, de près ou de loin, participent à son autorité. 11 suffit qu'une chose leur plaise pour qu'aussitôt ils vous le fassent dire et vous n'avez qu'à la leur offrir, heureux qu'on daigne vous la demander. Et c'est ainsi que tous s'enrichissent, tandis que le peuple est pressuré , pillé, volé sans merci. Mais cela ne constituerait qu'un simple système d'exaction.

Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'en essayant d'échapper à ces offres forcées, par exemple en recélant ce que Ton possède, en dissimulant sa fortune, en ne faisant aucune amélioration à sa maison ou à son champ pour ne tenter aucune convoitise, personne ne songe jamais à se plaindre, même s'il s'agit d'un simple gouverneur. Si c'est pour la Reine ils se soumettent avec un véritable empressement, tellement cette conduite paraît naturelle à tous et ce principe que « tout appartient à la souveraine », a pénétré dans les mœurs.

Evidemment, sous cette réserve d'être toujours prêt à donner ce que l'on vous demandera, ou peut posséder, cultiver, récolter; mais la menace est perpétuelle. Prenez garde, en particulier, d'avoir une maison trop agréable ou entièrement finie, une récolte trop belle, quelque chose de nouveau ou qui attire l'attention, on vous rappelerait alors que vous n'êtes qu'une espèce d'usufruitier, et vous auriez travaillé pour c la Reine de Madagascar ».

Le Umpamenakelp, ou seigneur, est également propriétaire de

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LA PROPfilÉTÉ

son fief, ayant les gens qui Thaliitent» et que Ton pourrait appeler ses tenanciers ou ses serfs. C'est lui qui auparavant Payait conquis, s'en était emparé, ou l'avait reçu du roi, son compagnon, son ami ou son parent; mais, par un arrangement équivalant aujourd'hui ft

un litre de propriété, le nol)le a concédé au serf un lopin de terre moyennant une redevance annuelle payable, et qui se paie toujours, en nature^.

Du reste cette restriction est très peu onéreuse, le tonipomenakely ayant été constamment battu en brèche et amoindri par le pouvoir central.

11 n'en est pas de même de plusieurs autres traditions locales, en particulier les deux suivantes, dont la première a été sanctionnée par l'article 138 des nouvelles lois et dont voici le texte.

« Tout terrain sur lequel se trouve un tombeau de famille ne pourra être vendu, même entre héritiers ; et ceux de la famille qui ne consentent pas à la vente seront considérés comme propriétaires. >

Ainsi voilà la famille réellement propriétaire, et propriétaire d'un terrain inaliénable. 11 n'y a qu'une exception, c'est le cas où le maître lui-même a construit le tombeau : il peut alors le vendre, parce qu'il est son bien et pas encore celui de ia famille.

La caste, elle aussi, possède un certain droit de propriété, non pas qu'elle puisse posséder directement, mais les terrains qui lui appartiennent ne doivent pas sortir des mains de ses membres, et ne peuvent être vendus aux personnes d'une autre caste. H n'y a d'exception qu'à Tananarive, où toute personne peut acheter n'importe quel terrain, quoique les diverses castes aient leur quartier particulier; et les provinces conquises, en particulier les territoires des Antsihanaka et des JJetsileo, où les conquérants s'emparent peu à peu des plus belles propriétés et des plus riches situations.

Outre ces diverses restï ictirn s, que l'on pourrait appeler constitutives, et qui sontassez naturelles dans une socifUéqui commence, qu'il seraitfacile du reste d'expliquer parla manière même dont cette société a été constituée, parle caractère sacré et la toute-puissance du souverain, et par l'importance de la famille, il y en a d'autres, purement morales et tenant aux traditions et aux mœurs populaires, par exemple l'amour de tout Malgache pour la maison et le champ de famille, et Pinfamie attachée au fils qui vend la rizière du père, leFanindraza ou terre des ancêtres.

Cependant, en pratiqué et sous ces diverses restrictions, les Hova

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