MA0AGA8CAB KT LX8 HOTA
Mais ce n'est pas tout, et combien d'autres dépenses il fallait faire avant de rien obtenir? Il fallait d'abord faire un long et roûtoux voyage; il fallait vivre de longs mois, parfois des années à Taoanarivc, le premier ministre ne recevant que le lundi matin ponr ces affaires, et d'ordinaire ne recevant pas du tout, maïs • regardant simplement de sa fenêtre les infortunés solliciteurs et leur faisant dire à la fin de reyenir dans huit jours »; il fallait donner de l'argent aux secrétaires, aux aides de camp, à tous les employés du premier ministre afin de se concilier leurs fayeurs, en sorte que tous les bénéfices problématiques des premières années se dépensaient ainsi ayant d'ayoir rien obtenu.
Enfin la concession était accordée.
Ou'arrivait-il alors?
Parmi les sollicitem s . il y en avait qui n'avaient demami*' ce titre que pour le revendre et réaliser ainsi une affaire. Je ne parlerai pas de ceux-là.
D'autres n'avaient pas d 'argent pour yerser leur cautionnement, ou pour commencer, ou tout au moins pour continuer leur exploitation. Leur concession, par le fait même, deyenait caduque» et ils devaient repartir complètement ruinés.
Quant aux autres, combien sont-ils aujourd'hui? Sûrement ils se comptent sur le bout des doigts.
S'ils n'ont pas réussi, c'est quelquefois leur faute. Ds n'avaient pas les connaissances ou l'énergie voulues; ils étaient partis en aveugles sans connaître le pays, ses difficultés ou ses ressources.
M. Marlineau parie de la concession du batelage sur des rivières où les rapides se succèdent tous les cent mètres. i\'eut-on pas même, ajoute-t-il, l'idée de concéder « les caïmans de Betsiboka pour faire des porte-monnaie avec leurs peaux*. »
On croirait k une charge si c'était dans un autre livre que l'ouvrage si sérieux du délégué de Nosy-Be.
Beaucoup n'avaient pas d'argent; quelqu'un, par exemple, obtenait une immense concession de mines d'or avec charge de yerser < des millions en 1894, qui n'avait pas de chemise pour se se changer », suivant la pittoresque expression d'un habitant de Tananarive.
Puis les concessionnaires se nuisent les uns aux autres, se combattent les uns les autres, s'aliènent les commerçants de la côte, dont ils entravent les alVaires avec les marchands de cire ou de caoutchouc, ou même les populations au milieu desquelles ils 1. Liv. cit, p. 141.
h& LA BUOtUÂti
sont établis, en contrariaDt leurs intérêts ou leurs petites industries.
Mais surtout, ils dépendent de la volonté très changeante du gouverneur ou du premier ministre; car de même qu'on n'a pu rien commencer avant d'avoir obtenu une concession en règle du goayernemcot central, à qui tout appartient, de même on ne peut rien continuer sans son concours, au moins tacite. Qu'un beau matin» en eUet, alors que votre entreprise est lancée, et commence à TOUS rapporter, il convienne h un gouverneur, sur un ordre de Tananarive ou par intérêt personnel» de vous arrêter, un mot d'ordre circulera parmi vos hommes et ils vous abandonneront tous.
Us n*ont pas assez de caractère pour résister, et le voulussentils, qu'ils ue le pourraient pas, *uus peine d'être accablés de corvées et de dilticultés de toutes sortes.
Presque tout de suite après la guerre, surtout pendant les années i8b7 et 1888, ce fut une suite ininterrompue de demandes d*un cùté, et de l'autre d'accords de concessions.
Les étrangers affluaient en nombre, ayant foi en l'avenir économique de Madagascar et en ses richesses, — et ils avaient raison — , ayant foi aussi dans le bon vouloir du premier ministre — ce en quoi ils se trompaient — et en leurs propres illusions.
Le Résident français de son côté et les divers consuls établis à Tananarive, les encourageaient très vivement et usaient de toute leur influence pour les aider, espérant ainsi, par les intérêts créés et les affaires engagées, obtenir pour leurs nationaux une inOuence de plus en plus grande. Le premier ministre, de son coté, qui avait besoin d'argent et espérait ainsi en obtenir, qui peut-être fut un instant séduit par l'idée de mettre en œuvre les ressources naturelles de son pays, ou bien qui ne se rendait pas exactement compte de ce qu'on lui demandait, et de l'étendue des concessions qu'il accordait, se montra relativement facile.
Tout Madagascar fut ainsi partagé entre une cinquantaine de concessionnaires.
Les faveurs du reste se partagèrent également entre la France et l'Angleterre, entre les protégés de H. Le Hyre de Vilers et ceux de Mr Pickersgill.
Mais voici que la situation se complique entre la France et Madagascar, que le ciel politique s'assombrit par la ifuestion des exequatur d'abord, puis surtout par la convention franco-anglaise. Voici que d'un autre cùté la plupart des entreprises comuieucées échouent misérablement, apportant à iiainilaiarivuny ennuis et
MADAGASCAB ET LBS HOTA
difOcultés au lieu de l'argent sur lequel il comptait. Dès lors il devient plus difiicile aux demandes qu'on lui présente, refuse impitoyablement, quand c'est pour nos nationaux, et accorde à de rares intervalles des concessions énormes à tel ou tel aventurier anglais ou américain, par exemple Abraham Kingdon ou le nègre Waiier.
On se rappelle encore l'émotion qui s'empara de Popinion en France, quand on apprit qu'Abraham Kingdon avait obtenu, dans le nord, une concession aussi grande que sept ou huit départementa français, et avec quelle faveur on accueillit la déclaration officielle, provoquée par une intervention tout à fait opportune de M. de Mahy. que le « gouvernement français se rései vait d'examiner ces concessions et ne se considérait nullement engagé par les conventions souscrites par le premier ministre ». La même réserve fut renouvelée Tannée dernière, etsigniliceofficiellemcnt par M. Larrouy au premier ministre, qui venait, d'un trait de plume, de livrer pour ainsi dire le monopole du caoutchouc dans le sud, à. Mr Waller.
Toute concession à l'avenir devait être soumise à Texamen du gouvernement françaiis, et ne serait valable qu'autant qu'elle aurait été enregistrée à la Résidence.
C'était bien, et cela était devenu urgent; sinon, quand nous aurions été les maîtres à Madagascar, tout son sol, toutes ses mines, toutes ses forêts eussent déjà été en des mains étrangères.
Mais cela n'empêche pas qu'il y aura une révision sérieuse à faire de toutes les concessions déjà accoi'dées, et que très peu y résisteront.
La plupart, en effet, sont en liquidation ou bien n'ont pas tenu leurs (uigagenients et par suite sont devenues caduques, ou Lien n'ont pas été reconnues par la France et seront, par suite, considérées comme non avenues.
Cette révision sera faite et sérieusement. 11 n'y a donc pas trop à se préoccuper du passé, il y a plutôt à préparer l'avenir, en étudiant avec soin les meilleurs moyens d'exploiter les ressources de Madagascar, dans le but d'en tirer le meilleur parti possible, et pour l'intérêt de la France, et pour celui de l'Ile, et également celui des particuliers qui y consacreront leurs capitaux, leurs ressources et leur travail. Ce sera \h une œuvre délicate et difficile sur laquelle on ne saurait Iroj) appeler la vigilance du gouvernement.
Dans ma convirlion, en efiet, de toutes les entreprises passées, très peu subsisteront, une seule peul-fMrc, dont encore il faudra niodilier les conditions, la plus ancii'uri'', la plus importante de toutes, celle qui jusqu'ici, grâce à rénergie indomptable et aux
DE LA PaOFAISTG
ressources du concessionnaire, a le mieux réussi et promet davantage pour l'avenir, je veux dire « La roncpssion des mines d'or de la cùte ouest de Madagascar » ou concessiou Léon Suberbie, qu'il me reste à faire connaître.
CONCESSION LÉON SUBERBIE
M. Suberbie avait été pendant de longues années le représentant à Tananarive, de la paissante maison marseillaise Roux de Fraissinet. Auparavant, pendant six ans, il avait été l'inspecteur des
établissements que la nit^iiie maison possédait à Tamatave, à Mananjary, à Faranfangana et à Vohemar. Cela lui avait permis d'étudier sur place, la langue, le caractère, les mœurs malgaches.
Cela l'avait également mis en relation avec une foule de Malgaches haut placés, et en particulier avec le tout-puissant premier ministre, dont il était devenu un ami»
C'est au reste un homme plein de ressources, intelligent, adroit, énergique, patient, persévérant et qui saura toujours saisir à point une bonne occasion.
La guerre franco-malgache révéla en lui d'autres qualités et le mit en évidence. Il fit alors pour l'évacuation de Tananarive ce que M. Le Myre de Vilers a fait vers la fin de 1894. Ce fut grâce à lui que les Sœurs, les membres de la Mission et tous les Français restés eu relard, obtinrent, outre des secours d'argent, des passeports et purent trouvei" quelques porteurs. Il se prodigua pendant la descente et mérita les éloges de tout le munde.
llentré en France, il se mit aussitôt en rapport avec le gouvernement, en particulier avec MM. Challamel-Lacour, Ferry et de Freycinet, et leur remit sur la situation des ilova et sur la conduite à tenir à leur égard, un mémoire vraiment remarquable et qu*on dirait écrit d'aujourd'hui. Chargé par M. Jules Ferry d'une mission olïlcieuse et secrète, qui aurait abouti à un traité autrement avantageux que celui de 1885, si SI. Jules Ferry était resté au pouvoir, il se fit après la guerre, sur un désir de M. de Freycinet qui voulait établir un courant commercial entre la France et Madagascar, nommer consul général, c'est-k-dire en réalité, agent commercial de la cour d'Imerina auprès du gouvernement û'ançais.
Peu de temps après, il retourna à Madagascar et, gr^ce à sa nou-
UADAGASCAB ET L6S UOVA
velle situation et aussi à son influence d'autrefois, gi ùce aux efforts qu'il avait faits pour amener la paix, il obtint, le .'î décembre 1886, sa célèbre « concession des mines d'or de la côte ouest de Madagascar ».
En étendue, cette concession, comprise dans la grande province de Boina,' est très considérable. Limitée au nord par le fleuve Mahajamba, au sud par le Manjaray, qui vers sa source s'appelle te Mahovava» à Fouest par la mer et enfin à Test par une ligne assez régulière dirigée du nord-est au sud-ouest passant près de Fenoarivo à l'ouest, et à Tsarahafatra à Test, elle a 200 kilomètres de large sur une longueur de 300 à 400 kilomètres et une superficie de 60 à 80 kilomètres carrés, étendue supérieure à dix départements français. Outre les deux fleuves qui la bornent au nord et au sud, un U uisième fleuve, un des plus jj^rands de Madagascar, le Betsibuka, avec son affluent l'fkopa, traverse toute la concession, formant un immense Y dont les deux branches s'éloignent de plus en plus après Suberbieville, pour venir se rapprocher à nouveau près de Tananarive.
Ces trois fleuves roulent toute l'année un volume d'eau considérable et reçoivent un très grand nombre d'affluents, le Marovoay, le Kamoro, le Boinakely, le Sinko, le Menavava, le Mandrozia, le Randriantoana, l'AmbotoIampy, le Mandroly, le Kamolandy, le Mamokomita, le Manakajo, etc., etc., dont quelques-uns, comme le Bf enavava, sont très étendus et reçoivent une multitude d'autres tributaires à débit variable et ayant ordinairement de Teau à toute saison. La concession, en un mot, est admirablement arrosée et Ton y a de l'eau en abondance pour tous les usages.
Comme allures topographiques du sol, elle se compose de deux parties bien distinctes : depuis le littoral d'abord jusqu'à Suberbieville, à 200 kilomètres de l;i cote, de terres peu élevées et ne présentant guère que deux parties en relief : le soulèvement basaltique peu important d*Ambaniho, au fond de la baie de Bombetoka, et celui, basaltique également, d'Ankarabantsika à Androtro dont le relief est très marqué. Ensuite, au sud de ces basses terres, une suite d'étages s'élèvant rapidement et, en quelques points, brusquement, de plateaux en pentes douces montant vers le sud et très mouvementés d'aspect. Ces plateaux, se reliant par des côtes assez brusques, correspondent en général à des accidents géologiques qui ne sont pas encore tous connus avec précision. Des pitons pointent de loin en loin, par exemple ceux de Naïuakia, de Tsitondroy» de Tainangidina et d'Audnba. On peut aflirmer,
DB LA PBOPBU^i
sembic-t-il. que l'allure louniientéc de ces étapes est due au ravinement des eaux de la période quaternaire et aussi de l'époque moderne, plutôt qu'à une complication très inadmissible de mouvements iotérieurs ayant ainsi dressé le squelette de la région.
Notons enfin que la ligne de séparation des eaux des deux fleuves, Betsiboka et Ikopa, se continue très nette depuis Suberbieville jusqu'à Tananarive.
Au point de vue géologique, la concession comprend toute la série des terrains sédimentaires, du tertiare au trias inclusivement, sur toute sa partie basse, c'est-à-dire depuis le littoral de la mer jusqu'à une ligne à peu près parallèle, mais très sinueuse, passant vers Ambodiroko un peu au sud de Suberbieville et à 30 kilomètres environ du confluent du liflsiboka et de l'Ikopa. Au sud-est de cette ligne les terrains primitifs commencent et se continuent sans interruption, par étages successifs, jusqu'aux limites sud de la concession. Une série de soulèvements basaltiques, qui se sont succédé à diverses époques géologiques, a mis succès* sivement à jour ces divers terrains sédimentaires et soulevé les terrains primitifs. Enfin d'une façon générale, une couche de quaternaire d'une épaisseur variable, parfois considérable, recouvre la superficie du sol.
Des minerais de diverses natures ont été reconnus un peu par^ tout. Ce sont principalement les quartz et les diorites aurifères, d'où dérive l'or des alluvions, le cuivre, abondant en plusieurs points, et le fer, qui y est très commun, principalement à l'état d'hématite.
Des affleurements de couehps de lii^nite ont été étudiés dans les terrains du Lias sur la rive gauche de l'Ikopa el du Betsiboka; des calcaires fournissant une excellente pierre à chaux, de l'espèce dite chaux limites, semblable à la chaux de Virieu en France; du gypse en grande quantité; enfin dans le sable des alluvions aurifères, des fragments nombreux de pierres précieuses, rubis, saphirs, topazes, etc., provenant de la désagrégation des gneiss ejt des granits, mais trop petits pour la taille.
Jusqu'à présent on ne s'est occupé que de l'exploitation de l'or.
Il se présente sous deux formes, filons de quartz et alluvions aurifères.
Les filons de quartz d'épaisseur variable, crèvent partout le sol de la concession et un grand nombre sont reconnus pour être aurifères.
Deux surtout ont été mis en exploitation et le plus riche l'est
194 MADAGASCAR BT LBS HOVA
encore auj^nn d'hiii. Il a 4 mètres environ d'épaibbeur, a MA reconnu en affleurements, sur 8 ou iO kilomètres, avec un otage dans la montagne au-dessus delà vallée de Mandrozia de plus de 100 mètres de hauteur à exploiter, et est d'une belle richesse moyenne. 11 est relié à l'usine par un chemin de fer de 5 kilomètres de long.
Les autres gisemeots aurifères se composent d'alluvions de toute nature, qui se trouvent partout sur la concession» de l'un et de l'autre côté du Betsiboka,
Ils sont très variés comme formation, et constituent à ce jour la base principale de l'exploitation; ils se présentent parfois en masses d'épaisseur considérable allant jusqu'à 20 et 30 mètres sur de grandes étendues et donnant plus d'un gramme d'or par mètre cube de sable.
On rencontre parfois des fragments de iiOÛ, 250, S.ïO, jusqu'il 4:>0 ^ranimes, et le titrage de For recueilli rappelle celui de l'or de la Guyane. Le lit des fleuves contient également de i^randes épaisseurs de sables, enrichis au cours des siècles, et que l'on exploite pendant la saison sèche, dans toutes les parties mises à jour aux basses eaux* On pourra plus tard les exploiter partout et en toute saison au moyen de dragues. De même, on pourra attaquer les alluvions des vallées de tous les ruisseaux qui sillonnent la région, ceux des plaines qui se trouvent tantôt au-dessus tantôt au-dessous des niveaux des divers cours d'eau; ceux des fleuves, des montagnes parfois jusqu'à de grandes hauteurs; car l'or se trouve à peu près partout dans cette immense région, et dans de telles proportions qu'avec les traitements élémentaires comme celui de la battée, du berceau, etc., la production de journée de travail peut s'élever de 2 à 3 grammes. Cette production sera évidemment dépassée, quand on pourra appliquer les autres modes plus perfectionnés de traitement.
C'est le 3 décembre 488(1 que M. Suberbie obtenait sa concession. Voici le texte de ce premier trailé qui a servi de modèle k beaucoup d'autres.
Copie du Contrat du S décembre 1886,
€ Entre S. Ë. Rainilaiarivony, premier ministre et commandant en chef de Madagascar, agissant au nom de S. M. la Reine de Madagascar d'une part, et M. Léon Suberbie» chevalier de la Légion d'honneur, d'autre part,
« Il a été convenu et arrêté ce qui suit :
DE LA PRUPRIKTÉ
« Art. 1*'. — S. E. Raioilaiarivony» voulaDt faire exploiter des gisements d^alluvions et de terrains aurifères pour compte du gouvernement malgache, M. L. Suberbîe s*eDgage à fournir tout ce qui sera nécessaire pour l'exploitation desdites mines, soit en
machines généralement quelconques, chemins de fer Decauville pour le transport des terres, mercure, maisons, magasins, etc., en un mot, toutes les installations nécessaires, pour l'exploitation prompte et rapide des mines que lui désignera S. Ë. le premier ministre.
« Art. 2. — Tous les frais de construction, machines, etc., seront à la charge de M. L. Suberbie. Les salaires des ingénieurs et surveillants seront également a ses frais.
f M. L. Suberbie s'engage également à payer tous les travailleurs indigènes qu'il jugera nécessaire pour mener promptement lesdites exploitations, et qui lui seront fournis par S. E. le premier ministre.
c Art. 3. — M. L. Suberbie est autorisé à prendre, à ses frais, dans les forêts environnant les mines des terrains aurifères où sera faite l'exploitation, tous les bois nécessaires exclusivement aux constructions des maisons, magasins, canaux, etc., alfectés auxdites exploitations.
« Ces coupes seront faite sagement, sans détruire les forêts où elles seront faites, et les bois coupés ne pourront pas être détournés de leur destination pour les mines.
( Art. 4. — Comme les terrains aurifères et les mines où sera faite l'exploit a tion par M. L. Suberbie sont la propriété du gouvernement malgacbe et que Texploitation est faite pour son compte, il est bien entendu que M. L. Suberbie n'aura aucun frais de location à payer pendant la durée de la présente concession.
< Art. 5. — S. E. Rainilaiarivony conservera la haute surveillance des exploitations qui seront dirigées par M. L. Suberbîe ou ses ingénieurs.
« Art. 6. — M. L. Suberbie s'engage à commencer les travaux d'exploitation des mines (jui seront indiquées par S. E. Hainilaiarivony, dans un délai de six mois, a partir du 1*' janvier 1887.
• Art. 7. — Le jG^ouvernement malgache fournira les gardiens nécessaires pour la garde des exploitations pour que les travaux soient faits en toute sécurité, et M. L. Suberbie s'engage à donner le logement et une somme convenable pour l'entretien de ces gardiens.
< Art. 8. — Il sera prélevé 10 9^ sur le produit brut de l'explol-
MADÂGASOAB VT LB8 HOVÂ
tation, par le gouvernemeot malgache, et le restant sera partagé en deux parties égales dont l'une reviendra à M. Suberbie.
c Art. 9. — Toutes les machines, mercure, voies ferrées, etc., qui seront destinées auxdites exploitations, ne payeront également aucun droit d'entrée à la douane.
f Art. iO. — ÎjH fluroe de la présente convention est faite pour cinq années à partir d u jour où sera comuieacée TexpIoitatioD générale, c'est-à-dire à partir du juillet 1887.
• Art. il. — A l'expiration des cinq années, tout le matériel, machines, canaux, réservoirs, maisons, magasins et voies ferrées, et rpioi que ce soit affecté à ladite exploitation, deviendra de plein droit la propriété du gouvernement malgache.
« Art. 12. — La Commission d'études qui sera envoyée par M. L. Suberbie, sur les mines indiquées par S. E. Rainilaiarivonj sur le présent traité, après avoir étudié les alluvions, donnera son appréciation sur la valeur des gisements avant de commencer les travaux. Dans le cas où les gisements seraient trop pauvres pour les frais à faire, Son Excellence ordonnerait d'étudier un autre terrain plus productif où seraient commencés les travaux.
« Fait en double et de bonne foi k Antananarivo, le huit Asombola (2 décembre) mil huit cent quatre-vingt-six.
« Sif/né : lUlNILAIARIVONY.
n l'reinicr Ministre et CommandaDt en chef. •
(fournie tout traité de cette nature, cette convention accordait à M.Suberbie certains droitset,en échange, lui imposait des sacrifices.
Les droits étaient celui d'exploiter les alluvions aurifères de toute nature situés sur toute la surface de la concession; celui d'avoir d'une façon constante, pendant toute la durée de la concession, 10,000 travailleurs* malgaches fournis par le gouvernement et aussi un nombre suffisant de soldats pour assurer la sécurité de la concession et empêcher les vols de se multiplier.
En retour M. L. Suberbie devait :
10 Payer tous les ouvriers fournis par le gouvernement malgache à un taux fixé par homme et par mois.
"2'^ Assurer un saUure sultisant pour vivre au.JL soldats chargés de garder la concession.
3** Donner au <jnnv<^rnement mali^ache 55 9^ du produit brut de l'or extrait des gisemeiils ailuvionnaii es.
11 ne devait en outre employer aucun travailleur étranger à
D£ LA. PROPaiÉTÉ
Madagascar, et ne pouvait recruter à l'étranger que les iDgônieurs» contremattres, sarveillante, employés nécessaires à la conduite des
travaux et à la marche générale de rexploitation, qui tous seraient
h sa charge.
Ëafin toutes les installationf?, mécaniques ou autres, tout le matériel quel cfuMl fût «levait appartenir, sans indemnité aucune, au gouvi 1 uenient malgache, ie traité de concession expiré, c'està-dire au hôut de cinq ans.
Ces conditions étaient fort onéreuses et il semble qu'il fut impossible dans de telles conditions d'obtenir des résultats rémunérateurs.
Cependant, après une étude préliminaire des gisements et constatation de leur richesse aurifère, M. Suberbie se convainquit qu'on pourrait y arriver, vu le bon marché de la main*d'œuvre, h, condition seulement que les ouvriers ne lui manquassent pas, et tl se mit bravement au travail.
Il ne savait pas tous les déboires auiiquels il s'exposait.
£t d'abord le premier ministre lui envoie pour recruter le personnel, assurer la sécurité de la concession et procéder à la délimitation déliniUve, sou piupie lils. Kajoelina, l'homme du paiii anglais, l'ami de Kingdon, celui-là môme qui au conimencement de l'année dernière conspirait avec la Reine pour renverser sou propre père au profit de nos adversaires.
On peut penser quel concours un tel homme apporta ii M. Suberbie. li ne chercha qu'à l'entraver, qu'à lui susciter toutes sortes d'obstacles, qu'à le voler et à le faire voler. Il avait même, de concert avec Kingdon, installé dans le Boina, sur la rive droite du Betsiboka, et dans le Menavava, sur la rive gauche de l'Ikopa, des centres de travail» et surtout des centres de voleurs, opérant sous sa protection et à son propre compte.
Il est enfin rappelé, la délimitation se fait, le gouverneur du Boina bien disposé réunit un certain nombre d'ouvriers, i,400 hommes, et un nombreux personnel arrive d'Europe.
Des postes ou centres d'exploitation sont créés un peu partout, à la suite de prospections faites par les ingénieurs de l'exploilaiion sur la rive droite du Betsiboka, dans le Boinakely, le Kalamilotra, le Maraoia, etc.; entre les branches du Betsiboka et de l'ikopa li Mandrozia, à Ampasiriry, à Tainangidina, h Soavinandriana, Andriba, Mandendamba, Bemalokeiy, etc. ; enlin, sur la rive gauche de rikopa et du Betsiboka, dans le Mandaty, le haut et le bas Menavava, le Besseva, le Madirovalo, etc., le Marovoay et Mahabo, etc.
Un village à la mode malgache s'élevait immédiatement en t^us
MADAGASCAR KT LES HOVA
ces endroits, une maison élait construite pour le chef de poste, et d'ordinaire, une forte palissade entourait le village pour le mettre à Tabri des coups de mains des Fahavalo,
La plus belle de ces installations est Tinstallation hydraulique
d'Ampasiry, à oO kilomètres au sud-est de Suberbieville, sur la route de Tananarive; elle se compose d'un l)atardeau fait dans une vallée, plus élevée de 00 nnètres environ que le niveau des alluviona à traiter. Une canal i-^ation à liane de montagne et à niveau, amené les eaux h tête d'une forte colonne de tuyaux, posée en ligne de plus grande pente, et se continuant dans la vallée jusqu'au gisement alluvionnaire, où elle se relie avec de puissants appareils nommés monitors ou géants.
Ce sont de forts becs de lance dont le jet, dirigeable en tous sens, peut être projeté à une distance de 40 mètres sur la masse d'alluvîon à ébouler, qui est ainsi délayée et entraînée sous forme de torrent boueux dans les sluices, c'est-à-dire de longues caisses de lavage, où tout Tor est recueilli.
Un jet de lance peut ainsi entraîner plus de 2,000 mètres cubes par jour. Deux autres appareils, pompe et élevaloi\ complètent riii.stallation, afin de pouvoir en certains cas élever les alluvions placés plus bas jusqu'au niveau des sluices.
Cependant la rareté des ouvriers, et les diflicultés de tùuh's sortes, venant déjà du mauvais vouloir du gouvernement central, comme aussi la découverte des liions, que le premier traité accordait à M. Suberbie le droit d'exploiter, nécessitèrent de nouvelles négociations. Un second contrat intervint, en 1888, qui l'autorisait à entreprendre l'exploitation des filons de quartz sur toute l'étendue de sa concession, et, en même temps, prolongeait de dix ans et modifiait le premier traité. C'était comme un contrat d'association entre le premier ministre et M. Suberbie. Chacun devait faire un apport social égal et déterminé, pour l'achat du matériel, les fk'ais d'installation et d'exploitation; chacun recevrait aussi une part égale des bénéfices (45 Vo)» après toutefois un prélèvement de iOVoen faveur du gouvernement malgache.
Ce traité rappelait les termes du premier, les précisait et les affirmait, comme droits aceordés à M. Suberbie, renouvelait les garanties de sécurité, et sp/'citiait. en particulier, que les ouvriers employés à l'exploitation des liions ne devaient pas être prélevés parmi ceux promis pour le lavage des terrains alluvionnaires, mais devaient être fournis en plus.
DB LA PROPBIBTÉ
Ce fut yi. Sul)erbie qui avança l'argent de son apport au premier ministre, et bien entendu que cet argent ne lui a pas encore été rendu. Mal£?r«^ tout, les filons qui avaient été étudiés en 1888 furent de suite attaqués; une uMiif» de 10 Boccards fut créée, mue d*abord à la vapeur, que l'on obtenait en brûlant du bois, et bientôt pour en assurer la régularité et procurer ia force nécessaire à plusieurs autres installations, par un canal de dérivation des eaux deTIkopa actionnant deux turbines de 120 chevaux. Une voie Decanville de 60 centimètres de largeur et de 7 kilomètres de longueur fut installée» reliant l'usine aux filons, et desservant par plusieurs embranchements les divers ateliers et les ports d'embarquement et de débarquement» soit sur l'Ikopa» soit sur un petit lac intérieur qui est actuellement le port de Suberbieville.
Enfin un atelier très important et très complet pour la macliinerie, tour parallèle, machines à iileter, à percer, etc., une très forte pompe, pour élever les eaux de l'Ikopa, un laboratoire d'essayage, complétèrent cette installation.
Ce n'est pas tout. Tous ( t R travaux en amenèrent deux autres, très if II portants : la création de Suberbieville et le service de bate» lage sur le Betsiboka.
Suberbieville, la ville et le port, furent créés dès 1889, à. 3 kilomètres de Maevatanana. C'est là que sont installés Ips bureaux de Tadministration, les magasins, ateliers, etc., et Iqs habitations du personnel travaillant sur place, tout cela b&ti en briques avec couverture de tôle et larges varangues. La ville comprend maintenant 6»d00 habitants, 80 maisons en briques et de nombreuses cases indigènes.
Dans le principe, la navigation entre Suberbieville et Mojanga se faisait au moyen de goélettes de Mojanga à Maravoay, et de là par des pirogues, remontant le fleuve. Mais, dès 1889, M. Suberbie lit construire une première cbaloupe h vapeur, la Lorraine, qui lit le service jusqu'en 18*)8. Alise alors hors d'usage par un accident, elle fut remplacée [>;ir une auti-e. le Boina, montée ?i Suberbieville même, dans les ateliers de l'exploitation. Le Boina est curieux à étudier, car c'est lui qui a donné l'idée des canonnières destinées au transport du corps expéditionnaire. 11 mesure â4 mètres de long sur 3"", 50 de large, et a une force de 80 chevaux, avec un tirant variant de 0»,45 à 0°*,50.
Malgré tout» les vingt derniers kilomètres avant d'arriver à Suberbieville lui devinrent difficiles par Textrème sécheresse; un canal latéral fut commencé sur un ancien lit de rikopa. Enfin un
yADAOA&CÀB BT LBS liOTA
jetée et un quai de débarquemeDt furent établis à Mojan^a, el d'autres travaux accomplis à Marovoay.
C'était alors le beau temps de l'exploitation, et Ton arrivait facilement à extraire 27 kilogrammes d'or par mois. Il ne faudrait pas cependant en exagérer la facilité. Ainsi Jamais le gouveraerneut malgache n'a fourni plus du sixième du nombre convenu d'ouvriers, paralysant ainsi tous les efforts, et arrêtant tout développement. En vaîn M. Suberbie fit-il les plus pressantes démarches ; aucune demande, aucune réclamation, aucun exposé de la situation ne purent rien obtenir de sérieux.
n fallait donc arriver i un troisième traité. Ce fut celui du 6 ma! 1890, très important, car 11 modifiait considérablement les conditions précédentes. 11 reportait à trente ans l'échéance de la concession, avec faculté de la renouveler pour une seconde période de trente ans, et cela aux conditions suivantes.
1« Pendant la première année, M. Subppbie ne payerait aucun droit, consacrant les profits de son exploitation à compléter son installation.
2* A partir du 4 juin 1891 jusqu'au 4 décembre 18d5, il s'engageait à payer les 13 millions dus au Comptoir d'escompte en 10 semestrialités réparties de la façon suivante :
4 juin 1891 piastres 116,5.% 50 = 58:i,y8^ fr. 50
4 décembre 1891 — 116,596 50 = 582,982 50
4 juin 18f>2 — lin,596 50 = 582,982 50
4 décembre 1892 — lir,,5î^ 50 ^ 582,982 50
4 juin 1893 — 301,207 50 = 1,506,037 50
4 décembre 1893 — 301,207 50 « 1,506,097 50
4 juin m\ — 301,507 50 = 1,506,037 50
4 décembre 18U4 — 301,207 50 = 1,500,037 50
4 juin 1895 — 464,391 50 — 2,321,957 50
4 décembre 1896 — 464 391 50 == 2,321,957 50
Total piastres 2,599,999 00 = 12,999,990 fr. 00
30 M. Suberbie devait, àprèb 18U5, d Hjnt i" 5 $i du revenu brut, jnsqn'à la fin des trente pr«îniières années; et 7 9^, après la seconde période de ia concession, si celle-ci était prorogée.
4 De plus, il payerait, pour cette prorogation, 2 millions de piastres, ou 10 millions de francs, au moment même du renouvellement.
 première vue, il semble que ces semestriabilités soient énormes. Mais il faut remarquer qu'elles ne duraient que cinq années et que le premier ministre s'engageait ^ fournir 10,000 travailleurs.
DB LA PROPfilÉTi
Mais voici que la situation politique s'assombrit à la suite de raccord franco-anglais, et que Texpuision des Français de Madagascar est décidée en haut lieu.
La lutte sourde et voilée qui existe dès le commencement, s'accentue aussi violente que possible, et se poursuit désormais sans trêve ni relÀche. Gouverneurs, commandants, officiers chargés de la surveillance et du recrutement du personnel, commencèrent Tœuvre de désorganisation. Les salaires dçs ouvriers leur étaient extorqués, des kabary étaient tenus partout pour les détourner de l'obéissance aux employés de l'exploitation. L'ancienne organisation de Rajoelina et Kîngdon reprenait de plus belle ses opérations. D'innombrables acheteurs et recéleurs d'or volé : des Indiens, sujets anglais, ayant leurs maisons de (X)nimerce à Moj.tii^a et Marovoay, et protégés par le vice-consul anglais Knott, lui-môme acheteur d'or et importateur d'armes fie guerre, se répandaient sur toute la concession pour piller, faire voler et acheter le prnduit des vols. Les autorités malgaches ne voyaient rien, car on payait cher leur complicité.
Les agents du premier ministre faisaient voler et acheter l'or volé. Les soldats étaient peu à peu retirés, les bandits ou fahavalo excités sous main, et, sûrs de l'impunité, attaquaient plus vivement les différents postes. Les villages étaient incendiés, les travailleurs massacrés, les femmes et les enfants enlevés, les troupeaux de bœufs volés. Tous ces forfaits devinrent la règle courante, et la panique fut l'état général d'esprit dans toute la région.
En 1893, le nombre des malheureux ouvriers malgaches assassinés ou blessés dans les divers postes dépassait plusieurs centaines.
Le :23 octobre 1889, le cousin da concessionnaire, François Suberbie, était attaqué au poste de Mandendamba, à 30 kilumètres de Suberbievilie, blessé de deux coups de feu à la téte, la mâchoire brisép. et il eiH été tué sans le dévouement d'un soldai. Or ni i'oflicier chai'gé du poste, ni ses hommes, ne tirèrent un seul coup de fusil.
En 1891, le médecin de l'exploitation, le Beziat, avait été assassiné en descendant le Betsiboka.
£n 1893, un autre Français, M. Siiangue, ouvrier contre-mattre, était tué à Mandroty ; deux autres employés étaient emmenés prisonniers et parvenaient avec peine i s'échapper.
M. Suberbie lui-même était réveillé en sursaut par des coups de fusil tirés à quelques centaines de mètres de sa maison. '-^ Ët tout cela, diverses correspondances saisies l'ont démontré jusqu'à
MADAGASCAR ET LES HOV A
révideoce, grâce à Ja complicité des divers officiera malgaebes contre lesquels on ne vonlut jamais sévir, du gouverneur qui fut rappelé ii Tananarive et renvoyé à son poste plus puissant que jamais, du gouvernement central lui-raôme.
La conséquence de (fs attaques fut que les ouvriers fournis par le gouvernement mal î^ache disparurent peu à peu, et il n'y en avait pour ainsi dire plus dans la roncession d^s le milieu de 1894. La ruine de M. Suberbie eût donc été consommée, et le but poursuivi atteint, s'il n'avait pu s'organiser autrement, sur une échelle bien restreinte, il est vrai, mais lui permettant néaumoins de lutter, de se soutenir et d'attendre des jours meilleurs.
Installé à Madagascar depuis vingt et un ans, ayant pu s'y créer de nombreuses relations parmi les Malgaches, jouissant d'une autorité très grande sur les populations de la région où il est établi, les protégeant contre les exactions des chefs, il est arrivé, lui qu'on a osé accuser en Angleterre, et parfois en France, d'abuser de la corvée, de pressurer les populations, d'être par ses exigences H la vraie cause des troubles, à enrôler et à garder des travailleurs indépendants dii gouvernement malgache, sans son concours et malgi é ses etforts.Les salaires ont dû évidemment être augmentés, les conditions économiques de l'exploitation changées, beaucoup de travaux suspendus: ainsi on ne gardait que le iilon de Mandrozia oi^ l'exploitation peut se faire à ciel ouvert, mais on en abandonnait un autre moins considérable et dont les travaux étaient plus difQciles à conduire, perdant ainsi toute une installation déjà établie, 700 mètres de galerie k 60 mètres de profondeur; divers postes de traitement d'alluvions étaient également désertés, et celui d'Ampasiry retardé.
Malgré tout, de très nombreux ouvriers étaient réunis; et a force d'énergie, de volunté et d'efîorts, M. Suberbie, bien secondé par son second, M. Guilgot, et par son personnel européen, dont une grande partie lui fst attaché depuis le début de l'exploitation, pouvait se maintenir contre les fahavalo, contre le gouverneur, contre le mauvais vouloir et bientôt l'hostilité évidente du pouvoir central.
Mais les difficultés augmentant chaque jour, le dansrer devenant plus pressant, le gouvernement malgache refusant d'assurer la sécurité des ouvriers et de pnnir les coupables, bientôt il n*eut plus qu'une chose à faire, rompre avec lui, et par-dessus sa téte en appeler au gouvernement français.
A ce moment son œuvre est grandement compromise; ses