‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 77 sur 105 · DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROPRIÉTÉ

installations en partie abandonnées, pillées, détruites; presque tout sera à refaire.

Qu'importe? il a accompli une grande œuvre et donné un grand exemple.

En huit ans, sans subvention, sans grands capitaux, par ses seules ressources et celles de sa famille et de ses amis, il a or^^anisé un service régulier sur un grand Qeuve, bâti une ville, élaljli un port, des quais, crensé un canal, posé un chemin de fer d'une dizaine de kilomètres sur lequel circule une locomotive, la première que Ton ait vue à Madagascar; installé une usine, des ateliers complets, etc., etc., fondé des postes et 40 villages où il a réuni 4,000 habitants dans un pays autrefois désert; extrait de 1,800 à 2,000 kilogrammes d'or; et, mieux que tout cela, il a su établir son influence incontestée dans une vaste région, s'y faire estimer et apprécier, en devenir le véritable roi.

Il n'a pas non plus négligé les intcrèts de son personnel même indigène. Il a fait venir un docteur, fondé une infirmerie et une pharmacie, où tout le monde, môme ceux qui ne travaillent pas chez lui, peuvent trouver des remèdes gratuits. 11 s'est occupé de tout, de l'alimentation, des approvisionnements, du bien-être même, en faisant installer une vaste glacière pouvant donner 12 kilogrammes de glace à l'heure.

Un seul point a été négligé Jusqu'ici, et je sais que ce n'est pas sa faute, car il s'en est occupé et il eût sûrement fourni tes ressources nécessaires» je veux dire l'évangélisation et l'instruction de son vaste district. Je veux cependant signaler cette lacune qui, j'en suis sûr, sera rapidement comblée.

« M. Suberbie fait de la bonne besogne, disait un jour en ma présence le regretté M. Campan ; si seulement nous en avions trois ou quatre comme lui, Madagascar serait bientôt à nous ». Je ne connaissais pas alors M. Suberbie; j avais même entendu parler contre lui ; mais cette parole me frappa.

Oui, peu à peu, lentement mais si'irement, il nous donnait le Boîna. Kn tout cas, il a puissamment aidé à préparer rexpédilion, et si notre armée trouve en son chemin une ville, des maisons, des villages, un pays étudié et connu, c'est à lui en grande partie qu'elle le devra. Le gouvernement malgache avait le pressentiment de tout cela, et voilà le secret de son acharnement contre un homme qui fut longtemps, qui aurait pu être encore, eût-il été moins bon Français, persana grata!

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