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état, et faussée seulement par i'inlei vention intempestive du premier ministre et une vénalité excessive que vraisemblablement le grand roi n'aurait pas tolérée.
Le gouvernement de ses États était aussi remarquablement sage et prudent» avec une indépendance locale qui laissait aux Tempomenakely et aux chefs de villages ou aux rois soumis, une grande initiative et une véritable autorité; et, en même temps» avec un pouvoir central fortement constitué» qui restait en dernier ressort le maître incontesté et toujours obéi. Gomme nous Tavons déjà dit, de nouveaux rouajores ont été introduits dans cette machine gouvei iicmentale très simple et suflisainineiit parfaite ; tous n'ont pas été d'heureuses innovations et il serait peut-être nécessaire d'en revenir aux cadres d'Andrianampoinimorina, modiliés légèrement suivant les exigences du temps et des rliaiii^ements accomplis.
Il poussa aussi de tout son coeur au commerce et au travail, surtout au travail de ragriculture.
€ Le riz et moi, avait-il coutume de dire, nous ne faisons qu'un. »
Aux nécessiteux qui venaient lui demander de l'argent» il remettait d'abord une héche» ou angady, en leur disant : i Travaillez» et le sol vous nourrira; le paresseux devient nécessairement voleur. »
II avait toujours une récompense pour ceux qui lui apportaient les produits les plus beaux en riz, en manioc» etc., et Tun de ses plus ehers conseillers, Hagamainty, travailla si bien un seul pied de manioc, le fuma avec tant de soin, qu'il en retira, en l'arrachant, la charge de huit hunirnes.
Il avait déjà fait refaire, au commencement de son règne, les digues de l'Ikopa. Il multiplia partout les travaux, de cette nature. 11 lit construire la route d'Amholiimanga et ereusa un canal pour relier cette ville à Tananarive, l'inaugurant solennellement luimême dans sa pirogue royale, au milieu des fêtes les plus grandioses et des réjouissances de tout son peuple.
Il lit également tout pour développer le commerce. Il multiplia les bazars ou marchés» ordonna à ses chefs de les protéger et de les encourager» en particulier d*y vendre leurs denrées et d'y acheter à un prix raisonnable tout ce dont ils auraient besoin. C'est lui qui créa les balances et les poids légaux pour peser l'argent coupé; qui fixa la longueur de la brasse pour la mesure des étoffes et fit faire le vary ou mesure pour le riz.
Tel fut Aadi ianampoinimerina.
Par sa sage politique et ses guerres toujours heureuses, il créa,
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sans parier du Menabe et du Boina qui ne devaient cependant jamais échapper aux Hova, un empire dix fois plus grand que celui qu'il avait Jiérité de ses ancêtres, quatre fois plus étendu que Tancien royaume hova avant sa division par Andriamaeinavalona. Et, chose plus étonnante encore, il sut si bien organiser ces conquêtes, tellement fondre ces États, jadis si divisés, en un seul, les gouverner avec une telle habileté, leur donner une législation si prévoyante, tellement préparer Tavenii- tMi un mol, ([ue son Ois lladania n'aura qu'à cuntinuer l'impulsion donnée p(»ui" n'^primer des velléités da révolte, conquérir l'est et le nord de l'île, et achever l'œuvre de son père.
Mais un si grand roi ue devait pas ^Ire heureux dans sa famille, dans le gouvernement de laquelle il ne montra peut-être pas la même sagesse que dans l'administration de ses États.
Comme il ne voulait qu'un seul successeur et que ses préférences se portaient visiblement sur Radama, si brave à la guerre et si aimé de tous, mais qui avait des frères plus Agés que lui, ceux-ci, par deux fois, tentèrent de se venger en le mettant à mort ou même en assassinant leur père, coupable de leur préférer leur jeune frère. L'un d'eux pénétra même auprès de son père, avec un poignard caché sous son lamba, afin de l'assassiner. Le malheureux roi prévenu par avance, le lit fouiller, garotter et condamner à mort.
Son fils aîné suborna à son tour un esclave royal qui put pénétrer jusqu'auprès du monarque. Mais là, saisi de crainte et d'épouvante à la vue de sa victime, il tomba à ses genoux en s'écriant: « Je suis envnyï' par voti'e (ils Ramavolahy pour vous tuer. » Le peuple assemblé demanda qu'on lui livra l'enfant dénaturé et en fil lui-même rapide justice. Mais toutes ces tentatives empoisonnèrent les derniers jours du vieux roi qui, du haut de son palais, suivit de ses yeux, aussi loin qu'il le put, cet enfant dénaturé conduit par son propre peuple à la mort. Tous ses complices furent immolés, ou réduits en esclavage, ou durent se purger de tout soupçon par le tanghen.
Craignant une mort subite, Andrianampoinimerina proclama Radama son héritier, et après lui sa jeune femme Mavo, celle qui devait être plus tard la sanglante Ranavalona I'*. Puis, suivant la
tradition des rois ses ancêtres, il alla à Nositito, à 12 lieues au nord-est de Tananarive, afin de cuntempler sa propre image dans le cristal d'une fontaine sacrée, et ctmnaitre ainsi sûrement si sa mort était proche. Arrivé seul ?i Tune des sources du Aîananara, il fut épouvanté de sa propre image. Ayant renouvelé la même
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consultation à la fontaine sacrée de Vodivato» et en ayant reçu la même réponse, il se prépara k mourir.
Deux mois après, il tomba gravement malade. Comme toujours on crut k un empoisonnement, et le tanghen fat appliqué à plusieurs individus. Quant au vieux roi, snitant la mort approcher, il réunit autour de lui ses amis, ses [lai ents et los [)rincipaux de son royaume, et c'est dans les tenues suivants. eiii|>r ints d'une grandeur funèbre et d'une sasrnsse bien digne de celui qui les prononçait, qu'il leur fit ses d*'i iiici es recommandations :
« Je vous conlie, dit-il aux officiers de la couronne, mon lils Radama; ne le perdez pas de vue, soutenez-le de vos conseils et ne craignez pas de lui dire la vérité. Vous savez aussi bien que moi ce que nous a coûté ce royaume que Je laisse à Radama; mon fils est sans expérience au milieu des difficultés, tâchez donc de le rendre cher à son peuple par les soins attentifs et la justice que vous apporterez dans la direction des affaires du royaume. Si ma mémoire vous est chère» traitez-le comme vous m'avez traité et ne craignez pas de lui dire la vérité, car le souverain n'a pour parents que ceux qui observent ses paroles.
« A votre tour, mon fils, si vos sujets ne se coiiduisenl pas selon les lois du royaume, votre devoir est de les punir, même de la peine capitale, avec pi ivation des honneurs dt s funih ailles. Je ne leur dois rien, je me suis toujours montrr reconnaissant envers tous les nn'i ites. l-'aites votre possible, cIkm' Radama, pour enrichir et fortifier ce royaume dont vous êtes l unitiue maître. Tous ces braves vous aideront dans cette lourde tâche* »,
Et enfin : « Souvenez-vous qu'après Radama, Mavo son épouse doit avoir ma couronne. Ne l'oubliez pas. »
Puis il ordonna qu'on l'enterra k Ambohimanga et mourut enfin en 1810, à l'âge de soixante-cinq ans, après vingt- trois années du règne le plus prospère et le plus fécond que l'on puisse rêver.
Son fils Radama I*' lui succéda.
RADAMA ï"' 11810-1828/
Radama n'eut donc qu'à consolider et h. étendre l'œuvre de son père. Il le fit avec beaucoup de bonheur et de courage, piirfois aussi avec cruauté. Ainsi il exila sans pitié, ou fit même étouffer dans