M. Le Myre de Vilerâ, noie manuscrite
l'eau (l ui) b(ni[ l)ier, tous ceux de sa fainille t:|ui pouvaient lui porter ombrage. Il niai cha ensuite contre les Bezaiiozanod'Ambohimanga qui venaient de se révolter, les battit, prit leur villo. en brûla toutci» les maisons et chassa ses habitants au delà de la tot^i à Ambodinangavo.
c Je veux, dit-il, que cette cité rebelle disparaisse h jamais. Malheur à ceux qui penseraient à l'ayenir pouvoir s'y établir! Je les saisirais, je mettrais leur corps en lambeaux et les donnerais en nourriture aux chiens. Ëh! quoi, nous pleurons encore mon père; son deuil n'est pas fini, et Ton se révolte déj& contre son autorité! t
Puis ce fut le tour d'Âmbosîtra, qu'il avait lui-même prise autrefois et dont il avait tué le roi de sa propre main. Il l'investit étroitement et la contraignit à capituler. Toutes les maisons en furent détruites, tous les hommes mis h mort, toutes les femmes et tous les enfants emmenés en captivité.
Ensuite, le deuil de son père terminé, il tourna ses armes contre les Betsileo également révoltés, les battit en plusieurs rencontres, et les cerna enfin dans le village d'ifandana, bien au delà de Fianarantsoa leur capitale. Bâti sur un roc à pic et de tous côtés inaccessible, Ifandana ne pouvait être emportée d'assaut. Radama résolut de Taffamer par un blocus rigoureux.
« Obligés de choisir, raconte le Père de La Vaissière, entre les cruelles tortures de la faim et le glaive de Radama, les Betsileo désespérés préférèrent se donner eux-mêmes la mort; on les vit donc se réunir sur les bords du rocher, sur lequel la ville est bâtie, et là, les yeux bandés, commencer au milieu des chants et des cris, et sous les yeux des Hova épouvantés, une ronde infernale qui devait inévitablement les précipiter tous dans l'abfme. Plusieurs millim périrent de cette façon. Le courage manqua à quelques femmes et à t^uelques enfants qui, au nombre de 300, devinrent les esclaves des Hova. «
Par ces expéditions et quelques autres, toujours heureuses, Radama eut bientôt rétabli ])artout la soumission et répandu l'épouvante de son nom jusque dans les endroits les plus éloii^iies.
C'est il ce moment qu'il entra en relation avec sir Robert Farquhar, le gouverneur anglais de Maurice et, 2:râce à ses conseils et à ses secours, qu'il s'empara de Tamatave, de Fort-Dauphin, de l'est et du nord de Madagascar, malgré les droits que nous pouvions avoir sur plusieurs de ces places.
Maintenant la grande œuvre de la constitution de l'empire hova était terminée. Il avait atteint ses limites naturelles, celles
FORMAliU.N Ht L tMl'iUbi HOVA
qu'Andrianampoinimerina lui avait fixées, les eaux de l'Océan. Désormais il s'agrandira à peine d'une province ou deux, Ravanalona I'" s'eflbrçantenvain de s'emparer du pays des Tanala indépendants, et la reine actuelle conquérant Tuléar. Mais tous les
eiioi Lb de la icoimc et dos successeurs de Uadama V" viseront à coniirmer et à atrermir son unité.
Mais voici que commencent aussitôt la longue rivalité de la France et de l'Angleterre à Madagascar, et conséqueinmenl à cette rivalité de près d'un siècle, la résistance invincible des liova contre la France. C'est l'un et l'autre fait qu'il nous faut rapidement étudier.
CHAPilKK XXI
FHANCi!: ET ANGLETEHHE