Madayaêcar Aews^ passim
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elle n'a reconnu que ce qui <''Lait dans le traité de 1885, où il n'y a pas un mot pour établir ce droit de protectorat; ou bien on nous laisse eatendre qu'oa évacuera l'Égypte si nous renonçons à Mada* gascar.
On cite toutes les adhésions à cette politique, on évoque tous les témoi^ages, on tronque les textes, on dénature les faits, on affirme ce que Ton sait être faux; on est allé jusqu'à railler la mort du malheureux MuUer^. Bref» c'est une campagne sans nom, sans dignité, sans pudeur, et qui sev^le sufflraità déshonorer ceux qui la mènent.
Et cette même campagne se poursuit aussi en Angleterre, où l'opinion se dessine nettement contre nous. Tous les journaux s'en occupent, et ne laissent guère passer une occasiun de nous être désagréables.
Voici, par exemple, l'analyse d'un article paru le 20 janvier 1894 — alors que Ton parlait déjà d'une expérlilion — dans une revue hebdomadaire fort répandue et très intluente, le Spectaior. Je prends celui-là de préférence, parce qu'il donne la note exacte de l'opiaioD moyenne en Angleterre, même parmi ceux qui Ront réputés nous être le plus favorables.
D^abord, récrivûn politique reconnaît que l'Angleterre n'a pas le droit d'interrenir, «ila France veut faire la guerre à Madagascar, et il proclame que < Madagascar serait une spiendide possession pour toute puissance européenne qui saurait en tirer parti. » Mais il exagère aussitôt à plaisir tous les dangers d'une telle expédition : < Cette conquête, dit-il, sera une entreprise sérieuse, surtout pour la France... Les Hova, c'est bien compris, entendent se défendre, et ils sont très en état de le faire... Ils sont uri^auisés et braves... Ils obtiendront des armes de l'Anarleterre, de l'Allemagne, de la Hollande, du Portugal. » Puis il y a les lièvres, et trois chaînes de montagnes à tniverser; il y a rAfiKjue du Sud qui aura son mot à dire; il y a les missionnaires (trt (lestants et leurs auxiliaires en Angleterre, dont l'amertume sera grande et l'opposition redoutable pour un cabinet libéral ; il y a les ofhciers anglais, qui commanderont les troupes malgaches.
Sans doute la France triomphera; mais pour cela, il lui faudra faire appel à ses conscrits, et ses paysans détestent de telles aventures. Aht si M. Clémenceau était député, de tels projets seraient réduits en poudre! En son absence, le ministère obtiendra probablement un vote de confiance. Quel dommage cependant I