V. — En 865, Abdallah ibn Maïmoun fonda une secte musulmane
Cette secte affranchissait des prescriptions de l'Islam et du Koran, ordonnait la communauté des biens et la communauté des femmes, permettait le pillage et l'assassinat, et faisait une obligation religieuse de l'inceste de l'homme avec sa mère, sa sœur et sa fille.
Maïmoun replongeait ses disciples dans les ténèbres de la bestialité.
1 A. Grandidier, VOrig. des Malg,, pp. 94, 96, 99. — Flacourt, HUt., 1668, av. prop., pp. 3, 4, 22, 297, 298; 1661, p. 457.
De cette secte sortirent les Karmates et des Karmates les Onjatsy, les Antombahoaka et les Za/ind- Raminia. Tous se reconnaissent à leurs pratiques incestueuses que les autres Malgaches ont en abomination .
VI . — Les Onjatsy viennent de TArabie. On les trouve dans l'Ankarana, province du Nord, à l'embouchure du Matitanana et aux environs de Fort- Dauphin. Leurs ancêtres, qui étaient matelots, descendaient, dit-on, d'une sirène.
Quelques-uns ont encore le type sémitique, et certaines de leurs pratiques religieuses semblent une réminiscence du judaïsme patriarcal.
Ils sont hasim-^ava « bouche sainte » parce qu'ils prédisent l'avenir, exorcisent, attirent à leur gré, sur les hommes, la bénédiction ou la malédiction des dieux, le tonnerre et la pluie; parce qu'ils fabriquent des amulettes et des gris-gris qui garantissent des balles et des sagayes.
Ils sont ivrognes et paresseux, ne se marient qu'entre eux et pratiquent par piété, non par goût, l'inceste prescrit par Maïmoun.
Leurs femmes étaient les plus libertines des Malgaches et se donnaient à qui voulait. Ils n'avaient pas d'esclaves.
Au commencement du xix° siècle, ils conseillèrent aux Sihanaka l'affranchissement des esclaves et la
communauté des femmes. Les Sihauaka chassèreut ces cyniques et trop habiles conseillers.
Les Onjatsy étaient sur le Matitauana avant les Antimorona. Ils leur ont donné des femmes, et les enfants de ces femmes sont devenus les maîtres du pays. Les deux races se sont d'ailleurs tellement crois(^es qu'elles se ressemblent ^
VIL — Les Antambahoaka sont originaires du Hedjaz, et ont pour ancêtre un chef arabe nommé Raminia, de la Mekke.
Raminia était fils de Atomoa Ravindravina, qui était fils d' Atomoa Relo, fils de Jésus, fils de Joseph, fils de Salomon, fils de David, fils de Moïse, fils de Noé, fils d'Adam.
Pour d'autres, Raminia fut femme d'Abraham et mère de Mahomet.
Les ZatindRaminia donnent une généalogie différente et non moins extravagante.
Les Antambahoaka sont parents des premiers Arabes qui s'établirent dans le sud-est de Madagascar. Ils savent écrire, conservent des annales, abominable mélange de souvenirs bibliques, de prescriptions koraniques, de contes fantastiques, de sottises de tout»^s les couleurs.
Ils ne tiennent plus guère à l'Islam. Cependant,
^ A. GiuLNDiDiiR, VOrig. desMalg., pp. 104-120. — Flaoourt, Hist,, 1658, p. 47.
s'étant toujours tenus à Técart des Européens, non seulement ils pratiquent encore, par piété, les unions incestueuses, mais ils croient que ces unions sont bénies des dieux ^
VIIL — Des navires portugais, hollandais, français, anglais ont fait naufrage sur les côtes Sud et Sud-Est. Les femmes malgaches, par bonté d*àme, vinrent à leur secours, prodiguèrent aux matelots leurs soins, leurs attentions, leurs caresses, et les matelots, cœurs très sensibles, leur laissèrent, au départ, des regrets étemels et beaucoup de petits demiblancs.
La femme du roi Andriananoro était petite-fille d'un Portugais; Tsiambany, roi de Fanjahira ou Fanshère, avait pour femmes presque toutes métisses de Portugais; et son fils, AndriandRamaka, était presque blanc.
Ces semi-européens portaient les cheveux longs et flottants et se paraient de bijoux en argent d'un beau travail. Beaucoup portaient au col des croix en étain. D'aucuns se faisaient tatouer des croix sur la poitrine, et cela passait pour le meilleur des talismans ^.