Ô - CHAPITRE IX
LE GOUYERNOEAT DE M. DE BBAUSSE
I. Composition de la flotte. ^ II. Approvisionnement des magasins, service religieux, départ de la flotte. — III. Les missionnaires en mer. — IV. Papistes et Huguenots. — V. Ouverture des instructions. — VI. Arrivée à Madagascar. — VII. Prise de possession. — VIII. Fort-Dauphia en 1665. — IX. Les gestes de M. de Beausse. — X. Andriand- Nong à Fort-Dauphin. — XI. Entre moines et marchands. — XII. Moines et prêtres séculiers. — XIII. Miracle du P. Etienne. — XIV. Nos administrateurs. — XV. Campagne de La Case. — XVI. Champmargou prend part du butin. — XVII. La Case est récompensé. — XVIII. Arrivée du Taureau et de La Vierge-de-Bon-Port. — XIX. Les Administrateurs. — XX. UAnosy et TAmbolo sont dé peuplés. — XXI. Mort de M. de Beausse. — XXII. Elévation et mort de Montaubon. — XXIII. Champmargou redevient gouverneur.
La flotte se compose de quatre navires : Le Saint- Paul ancien Aigle^Noir, commandant Véron, portant 83 soldats, marchands ou artisans et le missionnaire Cuveron ;
Le Taureau j commandant Kergadiou^ portant 95 soldats ou artisans et les missionnaires Montmasson et Boussordée ;
La Vierge^de-^Bon^Porty commandant Frachon de la Chesnaye, portant 90 soldats ou artisans ;
^ La tigziature, publiée en fac-similé par J. Guet, est Kgadiou, {Us Originet de Vile Bourbon, p. 81).
Vaigle^BlanCy commandant Clcchemée, portant 20 soldats ou artisans et le missionnaire Bourrot.
Les artisans inscrits étaient au nombre de quatre cents . A Brest, pendant quatre mois, ils ont mené vie joyeuse, et beaucoup n'ont plus voulu partir. M. Cadeau, délégué des syndics, a refusé ceux qui étaient mauvais, emprisonné ceux qui étaient coupables, gratifié ceux qui avaient bien rempli leurs devoirs, et laissa en bonne santé, sur les navires, 288 passagers et 262 hommes d'équipage ^ .
J. Loret chante longuement, avec enthousiasme, le départ de cette flotte, et son chant, dont voici un passage, a quelque peu l'air d'une réclame :
Certes si j'étois dans un âge A faire encor un long voyage, Au lieu de tant poêtizer, Je voudrais argaunautizer :
Et si le Destin, qui m'est chiche, M'avoit fait opulent et riche, Et que j'ûsse bien des Ducats, Je hazarderais, en ce cas (Flatté d'une belle espérance), Un, ou deux tiers de ma finance ^.
II. — Les syndics font acheter toutes sortes de marchandises. « Tellement qu'on peut dire en vérité qu'il
1 SoucHU DE Rbnnefort, o;j. cit,^ pp. 11-13. — Charpentik:?, Relation, p. 96. — Gazette de France, 1Ô64, n© 114.
> La Muée historique ou recueil des lettres en vers contenant les DOUYelles du tempe .., par J. Lorbt, nouvelle édition par Cb.-L. LiVBT, t. IV, iw partie ; oct. 1664, Ut. XV, lett. XXXIX.
» y a bien des villes qui ne sont pas si bien fournies, > que le seront les magasins de la Compagnie ^».
« Ce fut encore un des principaux soins de la Com- » pagnie, que les exercices de piété pendant le » voyage; et elle recommanda aux capitaines des » vaisseaux, que les prières fussent faites publique- » ment, tous les jours, dans chaque navire; que la » sainte Messe y fust célébrée le plus souvent qu'il » seroit possible ; que les jurements et les blas- » phemes en fussent bannis par de sévères punitions ; » que Ton portast du respect à tous les Ecclesiasti- » ques, et qu'on ne les laissast manquer de rien * ».
Cet armement a coûté 504,111 livres, 14 sols, 3 deniers'.
Beauce et Montaubon vont prendre congé du roi, qui les reçoit le plus gracieusement du monde et leur recommande, sur toutes choses, de rendre la justice avec douceur et intégrité^.
La flotte part de Brest le 7 mars 1665.
111. — Les bons moines, comme on l'a vu, ont une situation dominante.
Sur VAigle-'BlanCj le P. Bourrot « fait le devoir » d'un bon aumônier, chantant les prières soir et
^ Charpentier, Relation, p. 71.
< Chahpbntibr, Relation, p. 69.
3 L. Pauliat, op. oit,, p. 154.
^ Charpbntibr, Relcuion, p. 94.
» mâtin, et tout le monde y assiste avec exactitude ». Sermons, cathéchisme, etc., se suivent régulièrement. « Il peut tout sur Tesprit du capitaine et des offi- » ciers du bord : aussi ne laisse-t-il aucun jurement » impuni, non plus que M. Montmasson. Celui qui » jure est condamné à plusieurs coups de férule ; si » quelqu^un résiste, MM. le capitaine et les officiers » prennent parti contre eux, et les font punir sévère- » ment^ ».