XII. — Les hommes de Dieu voient rouge
Le 12 janvier 1888, la Reine revenait de villégiature. M. Le Myre de Vilers avait donné rendez-vous aux Français sur la place d'Andohalo, pour la saluer au passage. Le canon fut tiré avant l'heure fixée, et le Résident général arriva en retard. Le Premier Ministre donne Tordre aux troupes d'ouvrir les rangs pour le laisser passer. Les soldats de la garde exécutent cet ordre avec mauvaise humeur, bousculent, frappent et piétinent les porteurs du Résident général.
Deux jours après, le Madagascar Times, journal des Méthodistes, publiait un article intitulé : Pourquoi ne Va-^t'-on pas tué f
Pourquoi n'a-t-on pas profité d'un instant de confusion dans les rangs des soldats pour assassiner, sans en faire exprès, M. Le Myre de Vilers?
Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots ?
XIII. — Le 21 mai suivant, le généralissime Dygby Willoughby, Tillustre plénipotentiaire de 1885, est dégalonné, dépouillé de ses concessions, expulsé de Madagascar pour avoir volé au Gouvernement une somme de 300 000 francs.
XIV. — L'influence de M» Le Myre de Vilers grandit de jour en jour. Les Méthodistes enragent, mais ne désespèrent pas, et comme ils n'ont ni scru-* pules ni sens moral; comme ils ne savent pas diflTé-*
rencier Thonnête du deshonnête, le propre du malpropre, ils ont pour loi que la fin justifie les moyens. Ils s'efforcent donc, par d'odieuses calomnies, de soulever contre nous les indigènes. Pour cette fois, ils s'agitent dans le vide.
La Résidence générale et le Gouvernement hova sont d'accord. M. Le Myre de Vilers profite même de cette accalmie pour prendre un congé bien mérité.
Au mois de juillet 1889, il sera remplacé par M. Bompard.