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ADMINISTRATION

Les fonctionnaires hovas ne reçoivent aucune indemnité; il leur appartient de trouver les moyens de subvenir à leur existence et d'assurer leur fortune. On conçoit facilement quels abus engendre un pareil système. Il n'existe aucune honnêteté dans la gestion des affaires ; la sécurité morale et matérielle du pays est nulle.

Le grand principe sur lequel est basée Torganisation à Madagascar est le suivant : la fonction doit faire vivre le fonctionnaire.

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Imerina. — Les castes. — Au x viii* siècle, la nation hova était divisée en plusieurs groupes ayant chacun un roi ou chef particulier. Une révolution qui éclata à cette époque concentra le pouvoir entre les mains d'un seul souverain, Andrianampouine. Celui-ci sut habilement profiter de sa victoire; au lieu de chercher à détruire ses anciens rivaux, ce qui aurait amené des révoltes et des complications sans nombre, il sut s'en faire des partisans en instituant à leur profit des castes privilégiées, mais sans importance politique.

Il existe aujourd'hui six castes nobles; elles ont chacune un chef choisi par elles et par le premier ministre et forment environ le sixième de la population totale.

Aucune distinction spéciale, aucune influence politique ne sont accordées à ceux qui les composent. Être d'une caste noble est un honneur sans profit, les chefs eux-mêmes n'ont aucune autorité. Pourtant, quelquesunes de ces castes sont exemptes du service militaire.

La famille royale appartient à une septième caste, dont le chef est Ratsimamangue, l'oncle de la reine.

Chefs de la noblesse et du peuple. — Jusqu'à Finstitution du premier ministre, la noblesse seule avait participé à la gestion des afi*aires de l'État; elle avait alors une prépondérance sans conteste sur toute la population.

Mais avec les premiers ministres, la bourgeoisie, dont ils étaient issus, acquit une grande influence et supplanta peu à peu la noblesse.

On songea alors à organiser séparément ces deux parties de la nation. Dans chacune des six circonscrip-

tions de Tlmerina^ on institua un chef de la noblesse et un chef du peuple dont les fonctions consistent à faire rentrer les impôts, lever les soldats, organiser la police. Leur influence contrebalance celle des chefs.de caste.

Caste noire. — Les esclaves (un tiers de la population environ) ne forment pas une caste ; ils n'ont pas de chef. La caste noire comprend seulement les esclaves libérés; elle a un chef, simple agent d'exécution des ordres du gouvernement, sans autorité ni influence.

Un certain nombre de noirs, plus intelligents ou plus vigoureux que leurs congénères, sont employés comme courriers et forment la classe des Tsimando ou courriers de la reine ; leur chef est 12** honneur.

Provinces. — En dehors deTImerina, les difi^érents peuples de Madagascar sont répartis en onze provinces administrées par un gouverneur hova nommé par le premier ministre.

Ce fonctionnaire réunit toutes les attributions administratives : perception des impôts, recrutement, police, etc. Il est assisté d'un second gouverneur sans attribution nettement définie, mais particulièrement chargé de surveiller sa conduite et de rendre compte à Tananarive de tout ce qui peut intéresser le gouvernement.

Ce gouverneur en second est à son tour espionné par un certain nombre d'officiers ou aides de camp attachés à la douane ou à la police ou au recrutement. Dans ces conditions le premier ministre est facilement au courant de tout ce qui se passe dans l'île.

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Les aides de camp ont sous leurs ordres, comme agents d'exécution, des Malgaches, qui ont le titre de juges {Andriamasente) y mais ne sont pas « honneurs», cette dignité étant réservée aux Hovas.

Au bas de la hiérarchie, sont les chefs de village, nommés par le gouverneur; leur autorité s'étend sur tout ce qui intéresse l'administration : impôts, recrutement, justice, etc.

Les gouverneurs appartiennent à la noblesse ou à la bourgeoisie hova. Ce n'est généralement pas en considération de leurs talents administratifs que le premier ministre les choisit, mais d'après l'habileté qu'on leur suppose à faire rentrer beaucoup d'argent dans le trésor. Souvent aussi, leurs charges ne leur sont concédées que moyennant de fortes sommes.

Il est facile de s'imaginer à quelles exactions un pareil système conduit. A tous les degrés de la hiérarchie chaque fonctionnaire prélève une partie des revenus en proportion avec l'importance de ses fonctions et néanmoins la part du trésor doit être abondante. Aussi les gouverneurs tirent-ils argent de tout : concessions, justice, exemptions ou faveurs diverses, tout est vendu. Quelquefois ils se font les complices des Fahavalos ou voleurs de grands chemins ; ils les protègent en cachette et rachètent leurs prises.

Pourvu que le trésor ait sa bonne part de toutes ces opérations, le premier ministre ferme les yeux. Il n'intervient que dans le cas où le rapport entre la part du gouverneur et celle du trésor lui parait trop peu avantageux pour ce dernier.

Les gouverneurs hovas sont en général intelligents; ils sont pour la plupart élèves des méthodistes

et possèdent une certaine instruction; quelques-uns même sont au courant de nos usages et les observent sans trop de gaucherie.

Certains d'entre eux, paraît-il, se rendent compte de la barbarie de leur administration et appellent de leurs vœux un protectorat français qui leur permettrait, grâce à un traitement régulier et suflSsant, de devenir des fonctionnaires équitables.

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