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FINANCES

Contrairement à ce qui a lieu partout ailleurs, les sommes provenant des impôts ne font pas retour aux populations sous forme de services rendus. Le gouvernement ne dépense rien pour les travaux publics, l'assistance, le traitement de ses fonctionnaires, etc.;

quelques sommes sont seulement affectées à la défense nationale.

Les ressources de l'État peuvent se classer sous les dénominations suivantes :

Droits de douanes. — Ces droits se paient ad valorem et sont fixés d'une manière générale à 10 p. 100. Toutefois, à Texportation, il existe quelques exceptions.

La perception de cet impôt est des plus irrégulières, les commerçants s'entendent avec les capitaines de douane hovas ou les gouverneurs et, moyennant potsde-vin, importent ou exportent sans payer la totalité de leurs redevances.

Dans les six ports de Fénérive, Vohémar, Tamatave, Vatoumandre, Mananzar et Majunga, la recette douanière a été concédée au Comptoir d'escompte en garantie de l'emprunt qu'il a consenti au gouvernement malgache. Dans ces localités, le contrôle est un peu plus sérieux et les revenus s'élèvent à environ 700,000 francs.

C'est à peu près tout ce que rapportent les douanes au gouvernement et pourtant elles atteindraient, paraît-il, facilement 3 ou 4 millions si elles étaient régulièrement administrées.

Gapitation. — Un impôt de fr. 18 c. environ est dû par tout homme libre, mais il n'est généralement pas perçu.

Impôt de la piastre. — Cet impôt a été créé il y a environ deux ans par le premier ministre.

LE GOUVERNEMENT ET l' ADMINISTRATION HO VAS. 49

D'abord, chaque individu devait verser au trésor une piastre par an, ensuite on demanda à chacun une contribution proportionnelle à son revenu, mais comme il n'existe pas d'indication pouvant servir de base à une répartition équitable, on est tombé dans l'arbitraire le plus effréné. Les amis des autorités ne paient rien, leurs charges sont reportées sur les autres citoyjens dont quelques-uns se trouvent ainsi taxés à 50 et même 60 fr.

Ces procédés ont porté aux affaires une atteinte sérieuse et gravement compromis le prestige des Ho vas. La prospérité diminue, les négociants se cachent, émigrent ou préfèrent cesser tout travail que de voir leurs bénéfices absorbés complètement par le fisc.

Il ne faut pas chercher ailleurs la cause des troubles qui agitent actuellement l'intérieur de l'île; souvent les fahavalos ne sont autre chose que des mécontents ou des commerçants ruinés.

L'impôt de la piastre, dont on espérait tirer 12 à 15 millions, ne rapporte guère que 800,000 fr.

Impôt foncier. — Tout cultivateur est imposé d'une mesure de riz dont la valeur est de 2 fr. environ. Cet impôt est très irrégulièrement perçu.

Enregistrement. — Certaines transactions doivent être enregistrées sur les livres de l'État et acquitter des droits ; tels sont les ventes et affranchissements d'esclaves, baux, loyers, etc.. Cet impôt ne rapporte qu'environ 60,000 fr. ; il n'y a guère que les loyers aux étrangers qui soient taxés régulièrement.

Amendes. — En théorie, le code punit d'amende de nombreux délits et contraventions; mais comme en pratique la plupart de ceux-ci jouissent d'une impunité complète, cette source de revenus est très restreinte.

Droits de transport à Tintérieur. — Ils sont établis^ à raison de 2 fr. 50 c. par convoi de douze hommes et de 1 fr. 25 c. par douzaine en sus. Moyennant cette somme, le chef du convoi reçoit une sorte de paijseport qui lui permet de circuler librement.

Cautionnement. — Tout Européen bénéficiant d'une concession dans Tîle doit verser au gouvernement une partie de ses bénéfices.

Hasina. — C'est un cadeau en argent que Ton fait à la reine ou au premier ministre en signe de soumission, à certains anniversaires.

Réserve en numéraire. — Il existe, dit-on, au palais de la reine une réserve en numéraire évaluée à plus de 10 millions enfermée dans des jarres et enfouie en terre. Elle ne doit servir qu'à la défense nationale.

Si cette réserve existe et si on l'évalue à des chiflFres vrais, on peut en conclure que les impôts malgaches suffisent actuellement aux besoins de l'île. Toutefois il n'est pas douteux que le jour où une administration régulière se substituera à l'administration actuelle, il faudra trouver des ressources plus nombreuses. Mais il sera facile de faire comprendre aux Malgaches qu'ils auront intérêt à payer plus cher, si les charges sont réparties avec équité et si l'État fait des dépenses publiques dont tout le monde pourra profiter.

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