PUBLIÉ PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES HOVA
No 17
Le contre-amiral Pierre^ commandant en chef de la tlicision navale de la mer des Indes au gouverneur d'Anorontsanga. Au chef du poste hova de Mourounsanga.
Anosibe, le 7 mai 1883.
Vous êtes établi sur un territoire sakalaTa qui n'appartient point aux Hovas et qui est placé au contraire sous la protection de la France.
J'ai résolu de ne pas souflEHr plus longtemps l'exercice d'une autorité Hova ou la présence du pavillon Hova sur ce territoire.
Je vous invite en conséquence à vous retirer immédiatement du pays sakalava avec les hommes que vous commandez.
Je vous accorde quatre heures pour quitter le poste de Mouroun-Sanga.
Si, après ce délai vous n'avez pas obéi à mon injonction^ ou si vous n'y avez pas fiait une réponse satisfaisante, vous m'obligerez à vous expulser par la force, la respcmsabilité lies conséquences que cela peut amener retombera sur vous toute entière.
Si, dans une demi-heure après la réception de la présente lettre^ vous n'avez pas lait acte de soumission, en amoiant
le pa\illon hova qui flotte sur le poste de Mouroun-Sanga, je considérerai cela comme une intention formelle de résistance et je n'attendrai pas, pour vous attaquer, l'expiration des quatre heures que je vous ai accordées pour vous retirer volontairement.
(Signé) PiERBE.
A la lettre du contre-amiral Pierre au gouverneur d*Anorontsanga le 7 mai 1883, il a été répondu verbalement ainsi :
Dites à Tamiral que ce pays est à Ranavalomanjaka, reine de Madagascar, et son pavillon flotte sur toutes les côtes.
Quand à votre menace de commencer les hostilités, cela vous regarde, car nous n'avons pas reçu des ordres de notre gouvernement de faire la guerre aux Français.
Le gouvernement de Madagascar nous a placés ici, et nous ne pouvons abandonner notre poste.
Les étrangers possèdent de. grands biens ici, nous vous rendons responsables des dommages qui résulteront de votre action.
Le contre-amiral Pierre au gouverneur de Mojanga
Mojanga, le 15 mal 1883.
Monsieur le Commandant,
La résistance opposée par certains chefs hovas à se retirer d'un territoire placé sous la protection française, m'a obligé à employer la force des armes pour les y contraindre.
Je me trouve par suite en état d'hostilité avec les représentants du gouvernement hova sur cette côte.
Vous ne pouvez ignorer, Monsieur le Commandant, que ces
événements sont la conséquence des refus réitérés opposés par le gouvernement hova aux justes réclamations de la France, relativement à l'observation des traités.
Mon intention n'est point de les discuter ici avec vous.
Mon devoiv se borne à consacrer tous mes efforts au rétablissement d'une paix durable, si nécessaire au bonheur des peuples.
Dans ce but, j'ai résolu de m'emparer du poste hova de Mojanga.
Vous voyez que j'ai des forces suffisantes pour assurer le succès de cette entreprise. Je vous invite donc à remettre cette place entre mes mains sans m'obliger à recourir aux armes.
A cette condition, vous épargnerez le sang de vos soldats et vous pourrez vous retirer librement avec eux, mais sans armes.
Je vous accorde une heure pour réfléchir à ma proposition et prendre une décision.
Après ce délai, si je n'ai pas reçu une réponse favorable, ou si vos pavillons ne sont point amenés, je me trouverai dans l'obligation d'onvrir le feu contre vous, et vous demeurerez responsable de toutes les conséquences de la lutte engagée par votre résistance.
Recevez, etc.
(Signé) Pierre.
A la lettre du contre-amiral Pierre au gouverneur de Mojangaj le 15 mai 1883/ il a été répondu verbalement ainsi :
Dites à l'amiral que ce pays est à Ranavalomanjaka, reine de Madagascar, et son pavillon flotte sur toutes les. côtes.
Quant à votre menace de commencer les hostilités dans , une heure cela vous regarde, car nous n'avons pas reçu des ordres de notre gouvernement de faire la guerre aux Français.
Le gouvernement de Madagascar nous a placés ici, et nous ne pouvons abandonner notre poste.
Les Américains^ les Anglais et d'autres nationalités possèdent de grands biens ici, nous vous rendons responsables des dommages qui résulteront de votre action.
Le sous'secrétaire d'État pour les affaires étrangères p. t. aux Français résidents à Imerina.
' Antananapivo, le 25 mai 1883.
Voici ce que je vous dis, d'après les rapports venant des côtes Nord-Ouest de Madagascar, et la communication qui a été faite par M. Bandais, consul de France, au gouverneur de Tamatave le 18 mai, que certains ports de la côte Nord- Ouest ont été bombardés par Tamiral Pierre.
En conséquence nous, vous informons qu'en présence du désir que nous avons à ce qu'il ne vous arrive rien nous vous accordons jusqu'à mercredi 30 mai, pour partir d'ici et vous embarquer au-delà des mers.
(Signé) Andriamifidy.
Le ministre des affaires étrangères p. i. à M. Baudais^ et au contre-amiral Pierre^ en réponse à l'ultimatum daté du V juin 1883.
Antananarivo, le 5 juin 1883.
Messieurs,
L'Ultimatum que vous avez imposé au gouvernement de la reine de Madagascar à la date du l'*^ juin, lui ôst parvenu, en réponse Voici ce que je vous dis :
Le gouvernement de la reine de Madagascar regrette de pe pouvoir traiter autre chose avec vous avant de savoir la
reconnaissance de votre part de la possession de sa souverame de Madagascar, votre gouvernement par le traité conclu en 1868 entre les deux gouvernements ne l'ignore pas.
Une des preuves à l'appui de cette assertion est le récent paiement d'une indemnité exigée par le gouvernement français à Marambitsy pour l'affaire du boutre Touélé qui a eu lieu dans la région d'un territoire réclamé maintenant dans l'Ultimatum.
(Signé) Andriamifidy.
No 44