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CHAPITRE II

De Marseille à Tananarive...

et ailleurs.

Il y a maintenant deux départs par mois de Marseille pour Tamatave, le 10 et le 25. Les magnifiques paquebots des Messageries maritimes, aménagés avec tout le confort moderne, s'éloignent majestueusement de la côte française et sillonnent la grande bleue jusqu'à Port-Saïd. Puis viennent les 160 kilomètres du canal de Suez, et la Mer Rouge, de déplorable réputation, avec ses chaleurs étouffantes, son air embrasé. Djibouti, Aden, passent devant nos yeux. Le détroit de Bab-el-Mandeb franchi, l'Océan Indien commence à soulever ses énormes vagues, et gare au tangage et au

mal de mer!... Le bateau du 10 fait escale à Zanzibar, l'autre continue directement sa route jusqu'à Diego-Suarez. Ecoutons les voyageurs :

« Nous arrivons à la rade de Diego-Suarez. Quelle magnifique baie! Mes premières impressions sont exquises. Les premiers Malgaches que nous voyons nous font une excellente impression. Les habitations sont la plupart en bois. Toutes les femmes ont le type nègre fortement accusé. » (P. Minault.)

«... La baie où nous mouillons est la meilleure rade de Madagascar. Les navires y sont en toute sécurité. De tous côtés s'aperçoivent des montagnes, dénudées par endroits, boisées ailleurs, qui ont l'air de nous enfermer dans un cirque infranchissable. Il y a de la grandeur dans ce tableau, de la poésie aussi. » <B. Escande.)

Mais ce n'est pas encore le repos. Vingtquatre heures dans cette délicieuse baie, et le bateau repart, dansant sur les vagues. Encore deux ou trois jours, et Tamatave apparaît. C'est là que vont commencer les véritables péripéties du voyage. Tamatave est, avec Diego-Suarez et Fort-Dauphin, le seul port accessible de la côte orientale. Un peu plus bas, Mananjary, au sud-est de Fianarantsoa, pour-

rait, paraît-il, devenir un bon mouillage, qui serait inappréciable pour le pays des Betsileo.

Tamatave a bien changé depuis le temps où Mmc Ida PfeifTer en faisait cette description si peu engageante : « Tamatave n'est qu'un grand « village malgache d'environ 4 ou 5. 000 âmes, « parmi lesquelles il y a 800 soldats, une « douzaine d'Européens et autant de créoles « de l'Ile Bourbon. » Aujourd'hui, c'est une .ville tropicale, avec un mouvement commercial de plus de 75.000 tonneaux. Le vaisseau jette l'ancre, à deux kilomètres du rivage. On descend comme on peut par l'échelle du pont, et on s'entasse dans les canots, pêle-mêle avec les malles, etc. « Malgré une certaine houle, « j'ai énormément joui de cette promenade. « Les Malgaches qui nous rament nous pren- « nent le cœur par leur douceur,, leur tranquil- « lité. A la jetée, nous trouvons nos bourjanes « avec les hlanzanes. En route pour un loge- « ment. Stupéfait en lisant une affiche ainsi « conçue : «A l'occasion du 14 juillet, grande « soirée cinématographe : le C^ar à Paris! » « Le grand hôtel où nous sommes donne sur « la place du marché. Nous faisons un repas « tropical, bananes, etc., etc., oranges toutes « vertes qu'on nous abat sur les arbres me-

« mes. Il a plu très fort ces derniers temps ; « il pleut souvent à Tamatave. Les maisons « sont entourées de jardins, palmiers, bégo- « nias, orangers, néfliers du Japon. Le quar- « tier européen est bien aéré, mais du sable, « où on enfonce jusqu'à la cheville, du sable « partout. »

On séjourne peu à Tamatave. Le climat y est malsain, à cause du voisinage des palétuviers de la côte. La colonie étrangère se compose surtout de créoles de Maurice et de la Réunion et de commerçants. Cependant, avec une bonne hygiène, on peut y vivre agréablement. Mais les bourjanes — ou porteurs — sont prêts, le filanzane aussi; le commandeur a réparti les bagages. En avant pour Tananarive ! Il s'agit de 3oo kilomètres à parcourir, pendant 8 ou 10 jours, en filanzane, à travers les marécages d'abord, la forêt ensuite. Puis il faudra escalader le rebord du grand massif central, grimper par les rochers jusqu'à i5 ou i .600 mètres environ, puis redescendre jusqu'à Tananarive, qui n'est qu'à 1.400 mètres. Il y a bien à présent une route à peu près terminée, mais les bourjanes se gardent bien de la suivre.

Le nombre des porteurs varie suivant le

poids des bagages; il est ordinairement de 16 à 18 hommes, guidés par un commandeur, qui se charge souvent du rôle de cuisinier. Un homme seul peut porter de 25 à 3o kilogrammes; les caisses sont ligotées à des bambous, à un bout, si l'homme est seul, au milieu s'ils sont deux.

Quant au filanzane, c'est une sorte de palanquin formé de deux longues barres de bois, de 3 m. 20 de long, reliées ensemble par des traverses en fer, et auxquelles est fixé un siège en toile à voile ou en cuir, avec un dossier et un étrier pour les pieds. « Quel mode de « locomotion agréable que le filanzane, au « moins pour le premier jour! Les porteurs « sont très habiles, soit pour changer d'épaule, « soit pour se transmettre leur fardeau tous « les i5o pas environ. »

« Le porteur de filanzane est, selon nous, dit le Dr Lacaze, un des phénomènes les plus extraordinaires de Madagascar. Il monte à pic, descend tout droit dans un fond, sans jamais faire un contour pour éviter une difficulté, s'enfonce jusqu'à mi-corps dans l'eau, la vase, grimpe sur un rocher, un tronc d'arbre, toujours alerte, sûr, riant, bavardant comme en se jouant, quand le voyageur effrayé s'accro-

che aux bras de son fauteuil pour ne pas perdre l'équilibre. »

Il faut ajouter qu'ils sont généralement honnêtes. Ce sont habituellement d'anciens esclaves qui font ce métier, et ce dur travail leur cause souvent des gibbosités particulières sur les épaules. Les salaires se sont élevés depuis l'occupation française, ce qui rend ce mode de transport très onéreux. « Sales et « gourmands, vêtus seulement d'un sac de « toile, le lamba roulé autour des reins pen- « dant la marche, sur la tête un « satroka », « sorte de coiffure en paille tressée qui leur « sert de chapeau, de filtre pour l'eau, d'é- « cuelle pour le manioc, ils sont bons, préve- « nants, aimables, et prennent le plus grand « soin de leur fardeau humain. » Il n'est pas rare de les voir se détourner de leur route pour cueillir un bouquet d'orchidées ou autres fleurs, qu'à Paris on payerait au poids de l'or, pour les offrir à la dame qu'ils transportent. Mais nous voici déjà à Ivondrona; il faut traverser la rivière en pirogue. Pendant que le canot glisse sur les eaux profondes sillonnées par les caïmans, les rameurs entonnent un chant à plusieurs parties singulièrement harmonieux. Ce peuple est musicien-né. La route

ne monte pas droit à Tananarive, elle suit la côte quelque temps, à travers des marécages et des lagunes qu'il serait dangereux de traverser au moment des pluies. A Vovony, de belles échappées sur la mer. Mais le soir arrive. Voici un village. S'il n'y a pas de case vide, on en choisit une, on en déloge les habitants, et on s'installe. Contenant et contenu — trop souvent animé — vous appartiennent. C'est le moment de monter son lit pliant, de déballer les conserves dont en s'est muni. Le cuisinier fait bouillir de l'eau — il ne faut pas trop s'inquiéter où il l'a prise — et l'on passe une nuit plus ou moins calme, suivant les dispositions agressives ou pacifiques de la « cavalerie légère » et des moustiques. Puis la route reprend au milieu d'un incomparable fouillis de magnolias et de palmiers, d'orchidées, de gigantesques orangers. Plus haut, c'est la brousse tropicale d'un vert cru, les montées et les descentes qui commencent. Et les bourjanes qui courent, tantôt plongeant dans un ravin, si brusquement qu'il faut s'arcbouter pour ne pas tomber, tantôt gravissant un sentier de chèvres, où on a presque la tète en bas. De temps à autre, on croise un autre convoi, ou une colonne de coolies chinois.

Parfois, un orage se déchaîne, et vite il faut endosser son manteau de caoutchouc. Dans la saison des pluies, lorsque les rivières sont grossies, les bourjanes entrent dans l'eau, qui leur vient parfois jusqu'au cou, et soulèvent à bras tendus le voyageur, qui fait le brave sans sourciller.

Vers le quatrième jour du voyage, à Maromby, commencent les contreforts du massif central. Les collines s'étagent, déboisées, coupées par des torrents limpides ; puis voici la grande zone forestière, qu'il faut traverser sur une étendue de 3o kilomètres.

« C'est la forêt vierge dans sa redoutable splendeur, avec ses fougères arborescentes, ses essences si variées, la nature livrée à toute sa puissance. » De temps en temps, un arbre mort, colosse gisant à terre et se décomposant lentement, sans que personne songe à l'enlever. Les cris des perroquets répondent à ceux des makis, solitude animée et grandiose. Enfin c'est Moramanga, avec l'Angavo, colossale barrière sur laquelle serpente un sentier escarpé, que les bourjanes n'hésitent pas à suivre. Maintenant, jusqu'à Tananarive, on rencontrera des villages, non plus composés de huttes, mais de maisons

en pisé. La route est sillonnée de centaines de porteurs.

A 1.000 mètres d'altitude, on redescend. C'est l'Emyrne, le domaine des Hovas, le théâtre de tant d'événements récents et douloureux. Elle a environ 3o.ooo kilomètres carrés. Son système hydrographique est le plus riche et le plus complet de l'île, sa température moyenne de 18 degrés. Malgré son aspect nu et triste, qui frappe singulièrement le voyageur dont les yeux sont encore pleins des merveilles tropicales, elle a une beauté qui lui appartient en propre. C'est un vaste amoncellement de collines dénudées, de cette argile rcugeâtre qui domine dans tout le haut plateau, et qui l'a fait surnommer le Pays- Rouge, avec d'énormes masses de granit et de gneiss s'élevant dans toutes les directions, coupées et ravinées par de profondes vallées d'alluvion. Après la moisson du riz, l'aspect est plus triste encore, mais lorsque les jeunes pousses sortent de terre, leur vert délicat donne une teinte exquise au paysage. Par ci, par là, des villas à deux étages, des maisonnettes en argile groupées coquettement sur le flanc des collines. « Ici, un capitaine intelli- « gent a créé un jardin d'un hectare pour

« servir de leçon pratique aux indigènes. Son « ordonnance a pris goût à la chose et veut « devenir colon. Maharidaza est plus joli en- « core. On y entre par une sorte de porte « joliment construite en terre, et peinte cou- « leur brique. Les maisons des militaires « sont entourées de murs. Je suis moins « frappé par l'aridité des collines que par la « beauté de ces villages. Celui-ci est propre « et coquet. Toutes les maisons sont blan- « chies à la chaux ou couleur brique. Nous « rencontrons, sur la route, des femmes por- « tant un paquet sur la tête et des enfants « sur le dos, soutenus par le lamba. Quand « elles n'ont pas l'enfant au dos, elles le por- « tent à califourchon sur la hanche. » Mais le temps presse ; nous passons Alarobia, Soavina,... encore trois heures de chemin avant

d'arriver à la capitale. « A 1 1 heures et

« demie, j'aperçois Tananarive ! Quel effet ! « Les maisons, de toutes formes, se déta- « chent, les unes ressemblant à des mazets « nîmois, construites sur le rocher et entou- « rées d'arbres, d'autres à des palais. Enfin, « voici un sentier où le mulet passe à peine, « c'est une rue de Tananarive. »

Tous les voyageurs sont d'accord pour dire

l'impression imposante produite par la vue de Tananarive. « Au sommet d'une montagne, « écrit le regretté Minault, nous apercevons « enfin la capitale, avec ses milliers de mai- « sons s'étalant sur une admirable colline qui « domine tout le pays. On voit se dresser le « palais de l'ex-reine et celui de l'ex-premier « ministre. On ne peut s'empêcher de penser « à Jérusalem. A 3 heures et demie, nous « commençons à escalader les premières rues. « Ce sont de vrais casse-cous. Mais que de « monde ! Que de lambas blancs ! Je suis saisi « de l'animation extraordinaire qui règne « dans les rues, du grand nombre de cha- « pelles, de l'air aimable et réjoui des habi- « tants. Des centaines de femmes et de jeunes « filles sont occupées à transporter des pierres « sur leur tête. Cela ne les empêche pas de « rire et de s'amuser. Les rues portent des « noms français. Partout, des drapeaux tri- « colores sur les maisons, beaucoup de ma- « gasins français ; beaucoup de soldats tran- « çais. En rentrant, nous tombons en extase « devant le spectacle de l'immense campagne « qui s'étend sous nos veux, à perte de vue, « avec des teintes de soleil couchant comme « je n'en ai jamais vu qu'à Madagascar. C'est

« d'une beauté étrange, unique, qui ne res- « semble à rien. »

Les prétentions de Tananarive à être le centre suprême de l'île ne remontent pas très haut. Depuis longtemps, elle était la principale ville de l'Emyrne, mais non la capitale. Cet honneur appartenait à Ambohimànga, la ville sainte, pittoresquement située sur une colline boisée, au nord de Tananarive. Même depuis que cette dernière avait conquis sur sa rivale le titre de capitale, les souverains ne manquaient pas de se faire conduire une fois l'an à Ambohimànga, rendant ainsi un hommage tacite à ses droits antérieurs.

Le nom de Tananarive, en malgache, Antananarivo, signifie la ville des mille, de tanana, ville, et arivo, un mille. Il était assez habituel aux souverains hovas d'envoyer un certain nombre de colons pour peupler un endroit désigné, et on pouvait encore, récemment, découvrir des traces de cette coutume. Tananarive a environ 43.000 habitants, suivant le recensement opéré sous M. Laroche. Son influence, au temps de la souveraineté hova, était ressentie puissamment par tout le pays, et, malgré son exiguïté, elle était, à ce point de vue, plus importante que bien des capitales

d'Europe. Avec le système centralisateur qui caractérisait le gouvernement malgache, une dépêche de Tananarive devenait une sentence sans appel. Mais la négligence des habitants, la malpropreté des rues, la difficulté de se procurer de l'eau y engendrent souvent des maladies et des fièvres. Son célèbre marché du zoma, ou vendredi, est un des plus curieux spectacles qui soient au monde.

Au nord de l'Emyrne s'étend le vaste et salubre plateau d'Ambre, où des colons jurassiens ont établi un sanatorium. Au sud, le pays des Betsiléo, dont la capitale est Fianarantsoa. Tout le pays, entre Tananarive et Fianarantsoa, est composé decollines ondulées, couvertes d'une herbe courte à laquelle on met le feu quand elle est desséchée, et entre lesquelles se creusent de profondes vallées occupées par ce terrain d'alluvion, si différent de l'argile rouge des hauteurs et si favorable à la culture du riz. Voici Tsiafahy, avec sa station missionnaire au milieu des arbres ; au loin s'élève le massif de l'Ankaratra, près duquel furent assassinés nos deux vaillants missionnaires, Benjamin Escande et Paul Minault.

« Avec plus d'habitants et d'activité, on

« pourrait avoir un pays fertile, surtout si on « parvenait à reboiser les collines. S'il y avait « des bras, de l'intelligence, des capitaux, de « la bonne volonté, comme le pays pourrait « être riche ! Nous sommes en pleine séche- « resse, et il y a de l'eau dans les rivières. « Parfois, nous traversons une vraie solitude. « Peu à peu, le jour arrive. Pays inculte, « monotone; je dis inculte, non aride. A « Betampono, nos hommes s'arrêtent pour « manger. C'est des pommes de terre qu'on « leur donne. J'en goûte une. Excellente. La « route est belle, carrossable, les montagnes « ressemblent davantage à des montagnes « européennes. A vingt minutes, le village « d'Ambodifîakaranana. D'une hauteur de « 200 mètres, il nous apparaît charmant, « entouré de rizières. A Ambohipo, l'entrée « du village est ce que j'ai vu de plus joli. « — (La plupart des hameaux sont environ- « nés d'un mur en argile.) C'est un énorme « rocher fendu en deux ; la fente est si étroite « que les fllanzanes ne peuvent passer. Ce « boyau a bien 100 mètres de long et se ter- « mine par une porte. Beaucoup de villages « portent le nom du jour où se tient le mar- « ché : Alarobia, Mercredi, Alakamisy, Jeudi,

« Zoma, Vendredi, etc. Enfin, c'est Ambosi- « tra, sur le flanc d'une colline boisée et au « milieu d'un pays qui serait riche s'il était « bien cultivé. Les arbres d'Europe y peuvent « prospérer, les légumes aussi ; à deux jour- « nées de marche, Fianarantsoa, « la cité de « toutes les espérances », dit Grosclaude. La « région est essentiellement agricole. Plus « élevée et encore plus salubre que l'Emyrne, « elle paraît appelée à un bel avenir. Certains « pensent même qu'un jour Fianarantsoa « pourrait bien détrôner Tananarive. Même « dans la saison des pluies, où la chaleur du « jour est intense, les matinées et les soirées « sont très fraîches. D'ailleurs, sur tout le « haut pays, les pluies ne sont jamais con- « tinuelles. De novembre à mars, ce sont « des orages journaliers, d'une violence ex- « traordinaire, qui durent tout l'après-midi « et souvent toute la nuit. Les matinées « sont généralement belles. La population « du Betsiléo, plus calme, plus timide que « celle de l'Emyrne, est susceptible de four- « nir de bons cultivateurs. Fianarantsoa, « jolie petite ville de 10 à 12.000 âmes-, pour- « vue d'une résidence, de plusieurs temples « anglais et norvégiens, et d'un collège de

« jésuites, n'est rien moins que désagréable à « habiter, si nous en jugeons par une récente « lettre :

« Nous occupons, à Fianarantsoa, une gen- « tille habitation, très propre, confortable. « Devant la maison, nous avons de belles « pelouses, quelques arbres, un mimosa im- « mense, qui est fleuri en ce moment. C'est « délicieux. A côté, un superbe laurier-rose, « prêt à s'ouvrir, et, plus loin, des rosiers de « toutes sortes. Dans le jardin potager, nous « avons beaucoup d'arbres fruitiers, pêchers, « bananiers, et nous avons aussi des ana- « nas. »

En résumé, le haut plateau constitue une contrée agréable à habiter, remarquablement salubre en comparaison de la côte, et dont la population, facilement assimilable, sait vite gagner le cœur de ceux qui veulent s'en occuper avec désintéressement. « La fièvre n'y est pas inconnue, mais elle n'y prend pas souvent de caractère grave ; il y en a peu à Tananarive, moins encore vers le sud, à Ambositra », et le correspondant du Times, pendant la dernière guerre, pouvait écrire, après avoir traversé presque tout le haut pays, depuis Fort-Dauphin jusqu'à Tanana-

rive, en passant par le domaine des Tanosy, des Baras, des Tanalas, et le Betsiléo, qui le frappe par « son apparence civilisée » : « Les « Français auront là une île qui vaut la peine ♦< qu'on se batte pour l'avoir, si tout le reste « ressemble à ce que j'ai vu. »

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