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APPARTENANT A LA FRANGE

DIEGO-SUAIIEZ. 129

Diego-Suarez.

Le territoire de Diego-Suarez se compose d'un plateau triangulaire, dont le sommet est au cap d'Ambre, et qui a 50 kilomètres de long sur 25 de large. Cette position doit son importance à une rade magnifique, large de 6 kilomètres et profonde de 13, qui forme elle-même cinq baies principales ; l'entrée de la passe n'a que 3 kilomètres et l'îlot de la Lune la partage par le milieu. Toutes les flottes peuvent donc trouver l'abri le plus sûr dans cette rade, où le fond varie de 15 à 58 mètres. Une route de 6 kilomètres relie Diego-Suarez à la baie du Courrier, sur la côte ouest.

Une première exploration, celle de la Nièvre, avait été dirigée sur ce point par le gouvernement français, dès 1832. La situation incomparable de Diego-Suarez, et la sécurité de sa rade, qui peut rivaliser avec celles de Rio-Janeiro et de Sidney, s'étaient imposées dès cette époque, car il n'e^t pas de stations navales plus enviables dans l'océan Indien. Dans ce massif montagneux, dont la mer occupe les vallées, il n'est pas de culture possible, ni de richesses à exploiter; mais sa valeur stratégique est indiscutée.

Les Hovas y tenaient garnison; nos troupes les en délogèrent en janvier 1885, puis s'établirent, en octobre 1886, sur la hauteur de Magingarive, 'qui commande la route d'Ambohimarina à Antsirane, poste que les Hovas occupaient aussi. La fixation de la limite, encore inachevée, a donné lieu à de nombreuses contestations, et le gouverneur d'Ambohimarina a usé de violence, en maintes occasions, contre les indigènes voisins de notre colonie et sur notre territoire même. Ces indigènes, qui se rattachent au groupe des Antankares, offrent les traits généraux des Sakalaves.

Le traité du 17 décembre 1885 nous a reconnu le droit d'occuper la baie de Diego-Suarez. La colonie fut d'abord dirigée par un commandant ; mais on lui donna bientôt un gouverneur, sous l'autorité duquel deux décrets, du 4 mai 1888et du l-^-- juillet 1890, ont placé Nosy-Bé et Sainte-Marie, qui n'ont que des administrateurs. En 1885, elle comptait une centaine de pêcheurs sakalaves; aujourd'hui elle a dix mille habitants, dont cinq cents Européens et mille cinq cents créoles de la Réunion et de Maurice. La France y entretient une garnison de douze cents hommes d'infanterie de marine; un décret du 3 mai 1892 a organisé deux compagnies de tirailleurs sakalaves, de csnt vingt hommes chacune, recrutés par engagements et rengagements avec prime.

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