‹ MadagascarChapitre 4 sur 8 · SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE

Sainte-Marie de Madagascar.

Cette île est située à Test de Madagascar, dont elle est séparée par un canal large de 7 à 30 kilomètres, à la hauteur de Pointe-à-Larrée et de Tintingue ; sa longueur est de 55 kilomètres et sa largeur moyenne de 3 kilomètres. Elle est entourée de tous côtés par une double ou triple ceinture de récifs, laissant aux navires trois passes praticables. Le seul port accessible par tous les temps se trouve sur la côte occidentale ; il est constitué par une baie très profonde , dans laquelle se jettent deux rivières , l'Andza et le Fittalia.

Deux îlots se rencontrent au milieu de cette baie, l'îlot Madame, relié à la terre

par deux ponts, résidence de l'administrateur, et l'îlot aux Forbans. En arrière s'élève le village le plus considérable de l'île, Amboudifotre, qui compte douze cents habitants ; les jésuites y ont une église et les sœurs de Saint-Joseph de Gluny une école. La population indigène s'élève à six mille habitants, en grande partie Betsi-

Femme de l'île Sainte-Marie.

(Phot. communiquée par la Soc. de Géographie,)

misarakas ; on compte aussi une cinquantaine de créoles.

Les arbres fruitiers et les cocotiers y réussissent bien ; le riz n'est que peu cultivé, les indigènes préférant s'en approvisionner à Madagascar, d'où ils tirent aussi les bœufs qui leur sont nécessaires. Le seul article d'exportation est le girofle ; l'île en produit annuellement 30 000 kilogrammes, et cette quantité pourrait être décuplée.

L'île de Sainte-Marie fut occupée pour la première fois, en 1643, par Pronis, qui en prit possession au nom de la Compagnie de l'Orient. La rigueur du climat en chassa les colons, mais la Compagnie des Indes-Orientales ne cessa de la considérer comme relevant de son autorité, et elle y envoya à diverses reprises quelques-uns de ses agents. Au xviii° siècle, un caporal au service de cette Compagnie, Labigorne, qui avait épousé Béti, reine de Foulepointe, céda au roi Louis XV, par acte du 30 juillet 1750, la pleine souveraineté de l'île. Un agent de la Compagnie, nommé Gosse, en prit aussitôt possession, mais la cruauté qu'il témoigna à l'égard des indigènes provoqua un soulèvement : tous les Français furent massacrés.

Les dispositions de Béti n'en furent pourtant pas modifiées; elle renouvela, le 15 juillet 1753, le premier acte de cession et une nouvelle prise de possession s'ensuivit, qui ne fut plus discutée.

■ Sainte-Marie passa en 1811, en même temps que l'île de France, entre les mains des Anglais; Sylvain Roux l'administrait alors, en qualité d'agent commercial. Les traités de 1815 signés, le capitaine de Mackau réoccupa l'île (1818) en dépit du gouverneur de Maurice, sir R. Farquhar, qui prétendait nos droits transmis à l'Angleterre ; le cabinet de Saint-James désavoua d'ailleurs son agent. Sylvain Roux n'y revint pourtant qu'en 1821 , et il eut encore à surmonter quelques difficultés soulevées par le commandant d'un navire anglais, le Manai, envoyé spécialement par

Page 1