‹ MadagascarChapitre 5 sur 8 · SAINTE-MARIE. IS'Î · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE. IS'Î

F'arquhar pour contrecarrer sa mission. Le 20 mars 1822, douze chefs de la région de Fénérive, Tintingue et Antongil concluaient avec lui un traité d'alliance et faisaient leur soumission.

Radama, que l'Angleterre avait reconnu comme roi de Madagascar, résolut de les châtier ; il mena campagne contre eux en 1823, détruisit leurs villages et dévasta la côte.

A partir de ce moment la condition faite à l'île fut des plus malheureuses; elle ne peut vivre sans les approvisionnements, ni se développer sans les travailleurs que lui fournit la grande terre. Or, les Hovas mirent toutes sortes d'obstacles à ce qu'elle en tirât l&s premiers et prohibèrent la sortie des seconds. C'eût été pour notre colonie la ruine et l'abandon; aussi la France se vit-elle bientôt contrainte de prendre des garanties contre la mauvaise volonté de ses voisins : Tintingue fut réoccupé en août 1829 et on y construisit un fort.

Des discussions s'ensuivirent avec le cabinet britannique, et la monarchie de Juillet, soucieuse de ménager son amitié, réduisit à néant les résultats obtenus à grand'peine, en ordonnant l'évacuation de Tintingue; il fut même question d'abandonner Sainte-Marie, et la seule protestation de nos colons réussit à en détourner le gouvernement français.

Depuis cette époque l'île est restée en notre possession paisible et incontestée.

Nosy-Bé.

Nosy-Bé est située à l'ouest de Madagascar, au nord de la baie de Pasandava; un groupe d'îlots (Nosy-Mitsiou, Nosy-Faly, Nosy-Gomba, etc.) l'entourent; de petites

Bateaux devant Nosy-Bé.

(Phot. communiquée par la Soc. de Géographie-)

montagnes la couvrent, oii l'on rencontre d'anciens cratères, et de nombreux cours d'eau l'arrosent; elle compte près de 10 000 habitants, dont deux tiers de Malgaches, un tiers d'Africains et 250 Français. Son sol, extrêmement fertile, produit la canne à sucre, le riz, le café, la vanille, le coton, le maïs et les arachides ; il y a 31 propriétés appartenant à des Européens et 60 plantations indigènes. La capitale est Hell-Vilie, dont la rade, profonde de 16 à 20 mètres, est reliée au rivage par une jetée de 250 mètres; la longueur de l'île est de 22 kilomètres, sa plus grande largeur de 15 kilomètres et sa superficie de 293 kilomètres carrés. L'île de Nosy-Bé fut cédée par la reine Tsimeco au contre-amiral de Hell, gouverneur de la Réunion, au mois de juillet 1840. La France en prit possession le 5 mai 1841,

NOSY-BÉ.

et depuis lors la tranquillité n'a été troublée qu'en 1849, par une insurrection dont l'abolition de l'esclavage fut le prétexte.

En 1882, les Hovas essayèrent de s'emparer de Nosy- Mitsiou, qui en dépend, mais sans succès. Pendant la guerre

Un paysage de Nosy-Bé. — Fac-simllé d'une photographie.

de 1885 l'île fut pour l'amiral Miot une base d'opérations -utiles contre la côte nord-ouest. Elle permit au commandant de l'île d'occuper, avec le concours des chefs sakalaves, un point assez important au fond de la baie de Pasandava.

On a vu plus haut que Nosy-Bé dépend, au point de vue administratif, du gouverneur de Diego-Suarez. Elle est divisée en 5 circonscriptions, comprenant 53 villages. Les localités les plus importantes sont, après Hell-Ville, Andouane, Ambanourou et Tanandava.

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Les Comores.

Le groupe des îles Comores comprend Mayotte, Anjouan, Mohèli et la Grande -Co7nore ou Angazica.

Les Comores sont d'origine volcanique : il y a même dans la Grande-Comore un volcan en activité. Montagneuses et d'une grande élévation par rapport à leur super-

LES CDMORES.

ficie, elles sont séparées les unes des autres par des canaux très profonds. Le sommet central d'Anjouan a une^ altitude de 1 770 mètres. Dans la partie méridionale de la Grande- Gomore s'élève une montagne de 2600 mètres. Les côtes sont en général abruptes, bordées de galets ou de récifs de coraux.

Les Gomores sont soumises aux alternatives de deux moussons et de deux saisons , la saison sèche et celle des pluies ou hivernage. Gette dernière, pendant laquelle la mousson de N.-O. souffle, commence dans les premiers jours de novembre et se termine en général dans la première quinzaine d'avril. La saison sèche ou la belle saison, pendant laquelle souffle la mousson de S.-O., commence en avril et dure jusqu'en novembre. En avril le thermomètre marque à midi de 29° à 31"; en janvier et février il monte à 35°. La température moyenne de l'année est de 25°. Juillet et avril sont

les mois les plus froids; février et mars, les mois les plus chauds. Mayotte est peut-être la plus saine des Gomores. La tièvre paludéenne est la maladie dominante, mais elle sévit rarement avec un caractère pernicieux; et la gale y semble chose si naturelle que personne ne pense à s'en préserver.

Une des femines légitimes de Saïd Ali, sultan de la Grande-Comore.

(Phot. communiquée par la Soc. de Géographie.)

Dans la flore du groupe on trouve des arbres propres aux constructions navales, des cocotiers, des bananiers, des palétuviers, des baobabs, des pamplemousses, des orangers, des grenadiers, des manguiers, des tamariniers,

des goyaviers. Enfin la Grande- Comore renferme des forêts, peu ou point explorées.

La faune des Gomores comprend notamment des pigeons, des tourterelles, des geckos, des makis, le borer, insecte qui détruit les cannes à sucre.

Gontrairement aux autres îles Gomores, la mer est très poissonneuse sur les rivages de Mayotte : les récifs offrent des refuges favorables aux poissons.

Le sol des Gomores est en grande partie fertile ; on y cultive la canne à sucre, le maïs, le manioc, les ambrevates, le riz, le café, le tabac, le coton, la patate douce, l'ananas, le melon d'eau, le gingembre et le pourpier. On recueille dans les forêts le miel, la gomme copal, une espèce de résine blanche et parfumée, etc. Enfin, on a fait des plantations de vanille, de café, de girofle et de cacao.

Les indigènes, grands mâcheurs de bétel, sont en général apathiques, mous, pusillanimes, mais doux et hospitaliers. La population indigène des Gomores se compose de Gafres, d'Arabes et de Malgaches. Les Gafres, qui consti-

Le prince S.Vid Omar, résidant à Mayotte.

Phot. communiquée par la Soc. de Géographie.)

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