‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 11 sur 94 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

NAVIGATION

Je ne parlerai qu'en passant des voies fluviales. Je les ai déjà signalées en énumérant les principaux fleuves de Madagascar.

Des rapides et des chutes nombreuses obstruent le cours de beaucoup d'entr'eux et empêchent de les remonter bien avant à l'intérieur. Évidemment des travaux de canalisation et autres seront à faire, qui pourront augmenter beaucoup l'utilité de « ces chemins qui marchent. » Tels qu'ils sont cependant, les Malgaches s'en servent souvent pour le transport de leurs marchandises à l'intérieur. Ils se servent également des petits lacs ou étangs qui se multiplient sur les hauts plateaux. Montés sur de longues pirogues creusées dans un seul tronc d'arbre, n'ayant pour rames qu'une courte pelle en bois , plate et arrondie à l'extrémité , ils les dirigent avec une adresse remarquable et une grande rapidité. Lemouvement en est très doux,

et même gracieux , surtout quand les pagayeurs sont nombreux et rament en mesure. C'est ainsi que pendant cinq heures je remontai l'Iaroka, d'Àndevoranto à Maromby , et c'est une des plus agréables promenades que j'aie faites. C'est ainsi également que j'ai souvent parcouru l'Ikopa à l'Ouest de Tananarive, au milieu d'autres pirogues chargées de riz, de bois de chauffage, de légumes, de fruits, etc., ou bien, plusieurs des petits lacs qui entourent la capitale.

Ces pirogues, nous l'avons déjà dit, parcourent aussi les lagunes de la côte Est. Elles vont également sur les côtes d'un port à l'autre, au Nord et à l'Ouest, et surtout au Sud-Ouest de l'île. J'en ai vu aux Comores, à Mayotte, à Nosy-Be, un peu partout. Creusées dans un bois tendre et léger, ces embarcations sont si étroites et si allongées qu'elles ne pourraient tenir la mer sans le contrepoids d'un balancier, c'est-à-dire d'une longue pièce de bois parallèle à la barque, et reliée à elle par deux barres transversales. Une voile énorme, parfois de 16 m êtres, tendue à l'avant de lafrêle embarcation, lui imprime une vitesse réellement effrayante, et les Malgaches se hasardent partout avec elles. 11 est vrai qu'elles sombrent assez souvent; mais on en est quitte d'ordinaire, pour les redresser.

Il y a aussi pour ce service côtier des chalands, des bateaux à voile et des vapeurs étrangers, qui à intervalles irréguliers, parcourent toute la côte. Les Messageries Maritimes, touchent chaque mois

à Nosy-Be, à Diego-Suarez , à Sainte-Marie et à Tamatave, tandis que leur annexe de l'Ouest dessert Anorantsangana, Majunga, Morondava et Nosy-Ve, n'allant pas encore jusqu'à Fort-Dauphin. Les vaisseaux de la Compagnie Havraise, touchent aussi en plusieurs points de la côte Est ; mais ce sont là les seuls services réguliers. Les autres vaisseaux passent au gré des besoins du commerce et transportent en même temps les passagers et la poste. Il y a telle place plus éloignée sur la côte S.-O. où, pendant plusieurs mois, on n'aperçoit point une seule voile.

Les Arabes font une grande partie du cabotage des côtes Nord et Ouest en particulier. Ils sont hardis au delà de toute expression et ils n'hésitent pas à s'aventurer dans des boutres ouverts, en pleine mer, à travers le canal de Mozambique, vers Mayotte ou même Zanzibar.

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