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DES PLUIES

Madagascar étant dans la zone intertropicale, il semble qu'il devrait y avoir les deux saisons classiques, de la pluie, de novembre en avril, et de la sécheresse d'avril à novembre, suivant que la mousson souffle du N.-E. ou du S.-E. 11 en est généralement ainsi. Mais il y a des exceptions bien tranchées qui tiennent à la nature des vents et à la conformation des terrains.

On peut, sous le rapport de la distribution des pluies, partager Madagascar en trois zones, d'étendue tout à fait inégale :

1° Le Sud-Ouest, entre Fort-Dauphin et le Mangoky, où il pleut très rarement.

2° Le versant oriental de la chaîne côtière, où il pleut presque chaque jour.

3° Le reste de l'Ile, où les deux saisons sont très tranchées.

1° Au Sud-Ouest, la quantité de pluie recueillie pendant l'année est très faible : 418m/m5 en 1891 et 277 m/m 7 en 1892 à Nosy-Ve. Pendant cette dernière année, il n'y a eu que 30 jours de pluie. Il pleut beaucoup moins encore chez les Mahafaly et les Anton droy, quelquefois pas du tout pendant une année entière, au témoignage de M. Grandidier. En sorte que ces pauvres gens passent parfois des années « sans récolter même du maïs ou du sorgho qui forment la base de leur nourriture et qu'ils plantent régulièrement à chaque année à l'époque à laquelle ils ont l'espoir trop souvent déçu de voir tomber de l'eau » (1).

Les vents, en effet, qui soufflent dans ces régions, viennent le plus ordinairement du S.-O. par conséquent d'une région plus froide : ils n'ont donc pas de trop plein de vapeur d'eau à déposer ; ou du N.-E. c'est-à-dire de la terre, où ils ont été desséchés.

2° Sur le versant oriental, les vents au contraire, arrivant chargés de vapeur d'eau de l'Océan Indien et, quand il s'agit du Sud, des régions plus chaudes du N.-E., viennent se briser contre les gradins successifs de la première chaîne côtière, et là, en se refroidissant, ils déposent leur trop plein d'eau : d'où une quantité énorme de pluie sur les divers points de la côte.

(1) Mémoire, p. 7.

Telle est du moins la théorie de M. Grandidier, et elle est justifiée par l'expérience.

Ainsi la quantité de pluie tombée a été :

De 1,631 m/m à Fort-Dauphin en 1891 et de 920 m/m 2 en 1892.

De 3,274 m/m 9 à Tamatave en 1891 et de 3,583 m/m 9 en 1892.

De 1,589 m/m 53 à Vohemar en 1891 et de l,760m/men 1892.

De 952 m/m à Diego-Suarez en 1891 et de 693 m/m 1 en 1892.

De plus, à Vohemar, il y a eu en 1892, 164 jours de pluie, presque la moitié de l'année.

16r+ également à Tamatave.

92 seulement à Fort-Dauphin, et 60 à Diego- Suarez.

C'est donc vers le centre de la côte orientale qu'il pleut le plus. Mais il n'y a guère de pays au monde, où il tombe autant d'eau qu'à Tamatave et dans les environs, il y en a peu aussi où il pleuve plus souvent.

3° Partout ailleurs dans l'île, au Nord, à l'Ouest, et sur les hauts plateaux de l'intérieur, il y a les deux saisons bien tranchées, des pluies et de la sécheresse.

La saison des pluies, ou saison chaude, dure de novembre à mars ou avril. Mais alors ce sont de véritables trombes , ordinairement sous forme d'orages, qui se dissipent rapidement pour se reformer quelques heures après. Dans l'intérieur de l'île, le tonnerre retentit épouvanta-

ble (1) répercute dans les montagnes, la foudre éclate en maints endroits, et l'eau, parfois mélangée de grêle, au commencement et vers la fin de la saison, tombe par torrents, surtout en février. Elle durera même parfois plusieurs jours sans discontinuer.

Alors, toutes les rivières débordent et se répandent dans les plaines environnantes qui deviennent d'immenses lacs temporaires.

Pour Tananarive, la quantité moyenne d'eau tombée en 1891, d'après quatre pluviomètres situés à peu près aux quatre points cardinaux de la capitale, a été : de 1,140 m/m en 1891, et de 995 m/m en 189*2; mais le pluviomètre Est, donnait, pour le 7 mars 1891, 90 m/m 70 et 107 m/m 80, le 2 février

Le nombre des jours pluvieux était de 90 en 1891 et de 91 en 1892, c'est-à-dire l'espace de trois mois.

A Fianarantsoa , on a eu approximativement 900 m/m en 1891 et 1,160 m/m 55 en 1892, avec 62 jours de pluie pour cette dernière année.

A Arivonimamo :

1,283 m/m 35 en 1891, et 1,160 m/m 55 en 1892, avec 62 jours de pluie.

A Majunga :

2063m/m60 pour une seule année. C'est donc l'endroit où il pleut le plus après Tamatave, et il y est tombé, pendant le seul mois de février 1892, la quantité énorme de 9V6m/lu9, de deux tiers plus que

(1) Il y a aussi de magnifiques édairs sans tonnerre.

n'importe pendant quel mois, même à Tamatave.

Seulement, il n'y est pas tombé une goutte d'eau pendant les cinq mois de mai, juin , juillet , août et septembre.

C'est à peu près la même chose à Fianarantsoa, Arivonimamo, Tananarive. Il pleut moins à Fort-Dauphin, et à Diego-Suarez, où les jours de pluie sont répartis, quoique d'une façon inégale , pendant tous les mois de l'année.

Heureusement que pendant ces longs mois de sécheresse une rosée abondante vient rafraîchir le sol 146 fois en 1891 et 95 en 1892.

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