‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 20 sur 94 · NÉBULOSITÉ · texte numérisé non relu

NÉBULOSITÉ

En dehors des temps de pluie, même pendant la saison chaude, le ciel de Madagascar est magnifique, laissant bien loin derrière lui « le ciel bleu de la Provence », et l'horizon s'étend à perte de vue, azuré et splendidement éclairé par un soleil qui dore et embellit toutes choses, même des landes nues et désolées, ou des ruines abandonnées.

Rien n'est beau , rien n'est grand, comme cette lumière abondante , comme ces horizons sans limite, et volontiers Ton resterait ainsi, des heures entières, à regarder devant soi, dans une contemplation muette, ces espaces qui tout naturellement vous rappellent l'infini.

Les nuits sont peut-être encore plus belles que les jours. Pures et limpides, elles laissent voir un ciel parsemé de milliers d'étoiles, brillantes comme des flambeaux et au milieu desquelles se promène une lune radieuse qui répand les flots de sa douce lumière.

Ce n'est pas à dire cependant qu'il n'y ait jamais aucun nuage au ciel pendant l'époque de la sécheresse. Les tables delà nébulosité donneraient aussitôt un résultat contraire.

Sans vouloir entrer dans de longs détails, on peut dire que c'est sur la côte Ouest où cette nébulosité est le plus faible. Sa moyenne annuelle a été de 1,4 — on compte de 0 (beau) à 10 (couvert) — à Nosy-Ve, avec la moyenne mensuelle minima de 0,3 en novembre et la moyenne mensuelle maxima de 3,7 en janvier. Les chiffres, du reste très incomplets de Majunga, seraient 2,7 comme moyenne annuelle, 0,8 comme minimum mensuel en avril, et 7,6 comme maximum mensuel en décembre. C'est donc un ciel presque constamment découvert au S.-O.; très souvent voilé pendant la saison des pluies au N.-O.

Les moyennes de la côte orientale , où il pleut beaucoup plus, doivent être et sont en effet plus élevées. Elles sont de 3,5 en 1891 et 3,65 en 1892 à Fort-Dauphin, avec 1,1 comme chiffre le plus faible en mai 1891 et 7 comme chiffre le plus fort en mars 1892; de 3,4 en 1891 et 3,9 en 1892 à Tamatave avec 2,1 en août 1891 et 6,4 en mars 1891, comme chiffres extrêmes; de 2,8 en 1891 et

2,65 en 1892, à Vohemar. Seulement là, la nébulosité a été sensiblement la même pendant tous les mois de 1891 , et les écarts assez faibles pendant 1892. Le ciel de Vohemar est ainsi "plus découvert que ceux de Fort-Dauphin et de Tamatave.

Celui de Diego-Suarez au contraire leur ressemble sensiblement, et sa nébulosité moyenne a été de 3,3 en 1891 et de k en 1892 avec des écarts allant de 1,1, la moyenne mensuelle minima en août 1891, à 6,75 moyenne mensuelle maxima en janvier 1872, chiffre du reste exceptionnel et le plus élevé que nous ayons jusqu'ici rencontré.

Il y a plus de variété sur les plateaux. Tandis en effet que le ciel de Fianarantsoa, avec sa moyenne de 1,9 en 1891 et 0,2 en juillet 1891 comme minimum et 3,1 en mars de la même année comme maximum, est presque constamment découvert ne le cédant guère sous ce rapport à Nosy-Ve , la moyenne annuelle d'Arivonimamo (6,1 en 1891 et 5,0 en 1892) est la plus élevée que nous ayons rencontrée jusqu'ici, de même que les points extrêmes, 2,9 en juin et juillet pour les minima et 9,5 en avril 1891 pour les maxima.

Celle de Tananarive suit de près Arivonimamo qu'elle a même dépassé en 1892.

Elle a été de 5,5 en 1891 et 5,8 en 1892, ses chiffres les plus faibles ne descendant au-dessous de 4 que dans le seul mois de juin 1891 (.3,7), mais se tenant toujours au-dessus pendant 1892 et s' élevant à 7,9 en janvier 1891 ; et à 8,1 en février et en décembre 1892.

Le minimum de clarté solaire 0h,0m a eu lieu les 13 et 14 mars et le 18 septembre 1891 et le 14 février 1892, le maximum au contraire, le 21 novembre 1891 à I2h12m et le 24 octobre 1892 à Jlb6m.

Enfin Théliographe brûleur a donné comme nombre d'heures de clarté solaire, 2,3 llh,35m ou 6\20m par jour; l'héliographe photographique, 2683h,30mou 7\21m par jour en 1891 ; et en 1892 le premier 25V V\ 38 ou 6\58metle second 2705b,45m ou 7h,20 par jour.

HYGROMETRIE.

On a souvent divisé le climat de Madagascar en climat très chaud et sec : ce serait celui du Sud- Ouest; en climat chaud et humide : celui de la côte orientale; enfin en climat tempéré, sec et humide : ce serait celui des hauts plateaux. Il en est de cette classification comme de toutes les autres. Elle a du vrai, mais il faut bien se garder d'en exagérer la signification.

Sur la côte orientale, dans sa partie méridionale, à partir de Tamatave ou même de la baie d'Antongil, le climat est très humide , et les données hygrométriques très élevées. Le maxima en est peut-être à Tamatave 83,8 en 1891, 84 en 1892 avec 77 comme maximum en février 1891 et 99

comme maximum en février 1892, mais sans qu'il y ait une différence bien tranchée entre cette ville e1>, par exemple, Fort-Dauphin où les moyennes ont été de 78,6 en 1891, et de 8i en 1892.

En se dirigeant vers le Nord, au contraire, vers Vohemar et Diego-Suarez, l'air devient relativement beaucoup plus sec. A Diego-Suaréz, par exemple, on n'a plus que 67,5 en 1891 et 70,5 en 1892.

Il va sans dire que les maxima hygrométriques correspondent aux grandes pluies de la saison d'hivernage, mais avec des irrégularités 'plus ou moins grandes, surtout dans la partie Sud, Tamatave et Fort-Dauphin.

Si maintenant, nous passons à la côte Ouest, les observations nous donnent :

1° Pour Nosy-Ve, la moyenne de 72,4 en 1891, et 72,5 en 1892, les moyennes mensuelles oscillant entre 69 en mars, et 76 en juin et juillet 1891 : résultat doublement surprenant, car, premièrement, l'air est beaucoup moins sec à Nosy-Ve où il ne pleut que fort peu, qu'à Vohemar ou Diego- Suarez où il tombe incomparablement plus d'eau; et, secondement, nous avons la plus grande humidité de l'air, précisément pour les mois de sécheresse, et la plus faible pour le dernier mois d'hivernage. Cette espèce d'anomalie ne se maintient pas en 1892.

2° Pour Majunga, en réunissant les observations incomplètes de 1891 et 1892, on arrive à la moyenne de 66,25 avec les chiffres de 58 et 59 en juillet et août, et de 83 en février.

Ici donc, l'état hygrométrique de l'air suit exactement la distribution des saisons.

La même remarque s'applique, d'après le Dr Lacaze , à Mevatanana , mais les chiffres précis font défaut.

Enfin sur les hauts plateaux, tandis que la moyenne hygrométrique de Fianarantsoa est très élevée : 79,8 en 1891; et en 1892, 80,4 à 9 h., 73,1 à 10 h., avec les minima de 77 en novembre 1891, et le maxima de 80 en juillet de la même année : celle d'Arivonimamo, au contraire, est la plus faible de tout Madagascar. Elle a été de 00,3 en 1891 et de 09,7 en 1892, avec le minimum de 50 en septembre, et le maximum de 83 en décembre 1892.

L'humidité relative moyenne de ïananarive, enfin, a été de : 72,0, en 1891; et de 70,^, en

Le maximum absolu, c'est-à-dire 100, a été atteint les 11 mars, 7 et 3 mai; 10, 29 et 3 juillet; 1, 12, 10, 23 et 24- août et 8 octobre, précisément pendant la saison sèche; et le minimum (28) le 17 novembre 1891.

En 1892 le maximum absolu a été atteint les 1,23 et 25 mai; 5, 12, et 18 juin et le 2'+ juillet; et le minimum (14) le 23 août à 10 h.

Comme on le voit, sauf à l'Ouest, où l'humidité relative s'accorde avec les saisons, augmentant pendant la saison pluvieuse, et diminuant avec les sécheresses, il est difficile d'établir aucune règle pour les autres endroits. Mais en tout cas, cet

état hygrométrique de l'air parfois assez élevé, même en Imerina, n'incommode pas d'habitude, et l'on ne s'en aperçoit même pas, sauf les jours où l'humidité devient excessive.

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