‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 21 sur 94 · TEMPERATURE · texte numérisé non relu

TEMPERATURE

Pour étudier la température, surtout au point de vue du travail et de son influence sur les Européens, nous diviserons Madagascar en deux zones , les terres basses et les terres hautes, par une ligne de démarcation imaginaire, que l'on pourrait fixer à 500 mètres d'altitude. Au-dessous de cette ligne, les Blancs ne peuvent guère supporter le travail en plein soleil; ils le peuvent au-dessus. A un autre point de vue, il fait moins chaud sur la côte orientale, où les brises de l'Océan, ou, si l'on préfère, les vents de l'Est , viennent régulièrement rafraîchir la température ; plus chaud sur la côte occidentale où ces brises n'existent pas, et où le courant tiède du canal de Mozambique doit être au contraire une autre cause d'élévation de température.

Enfin, toutes choses égales d'ailleurs, il fera évidemment moins chaud à Fort-Dauphin qu'à Diego-Suarez, uniquement à cause de la latitude, Fort-Dauphin étant en dehors de la zone torride à 25° V 36". et Diego-Suarez au contraire , étant

en plein dans cette zone à 12° 13' 35". La même remarque s'appliquera plus ou moins aux autres endroits qui s'échelonnent entre ces deux points extrêmes.

Ces remarques générales posées, nous avons, pour descendre dans quelques détails rapides :

1° A Fort-Dauphin : moyenne annuelle, 23°, 7 en 1891 et 23°,66 en 1892; maxima, 27°,1 en 1891 et 28°,85 en 1892; minima, 18°,2 en 1891, et 18°,8'i en 1892.

2° A Tamatave : 24°,0 en 1891 et en 1892 comme moyenne; 28°, 6 en 1891 et 28°, 1 en 1892, comme maxima; et 19°, 6 en 1891, 20°,2 en 1892 comme minima.

Les limites absolues ont été pour cette dernière année de 33°, 6 le 19 mars comme maximum; et de 15° le 27 juillet, comme minimum.

Il n'y a donc pas de chaleurs excessives, mais elles sont continuelles, le thermomètre ne descendant jamais au-dessous de 15°.

3° Nous montons encore à Vohemar où nous avons 26°, 0 comme moyenne, avec les maxima de 28 , G en 1891 et 31°,6 pour février; de 29°,21 en 1892, et 31 ",30 pour février : et les minima de 21°, 1 eu 1891 et 18°,8 en août; 23°,01 en 1892 et 20°,6 en septembre.

V0 Enfin à Diego-Suarez, la moyenne est de 27°, \\ le maximum de 30°, 9 en 1891 avec 33%6 pour février, de 30°, 50 en 1891 avec 34° pour décembre .

Ainsi la température monte régulièrement sur la

côte, depuis Fort-Dauphin jusqu'à Diego-Suarez.

La côte occidentale est, nous l'avons déjà dit, à latitude égale, beaucoup plus chaude que la côte orientale.

Ainsi à Nosy-Ve , on a comme moyenne annuelle 26°,3 en 1891, et 26°,96 en 1892.

Comme maximum : 30°,i en 1891 avec 32°, 6 en janvier, 32°, 8 en février et mars; et 30°, 75 en 1892 avec 33°, 5 en janvier et 33°, 7 en février.

Les moyennes de Majunga sont encore plus élevées. La moyenne annuelle, en réunissant les observations incomplètes de 1891 et 1892 serait en effet de 29°, 07 (de 1°,67 supérieure à celle de Diego-Suarez); le maximum, 31°, 36, avec une moyenne mensuelle de 33°, 1 en novembre.

Et le minimum de 23°,9 , avec la moyenne de 21°,8, la plus faible de toutes en août.

Quant à Mevatanama, ou à Suberbieville, à 180 kilomètres dans l'intérieur le long de l'Ikopa, sans avoir d'observations suivies, le docteur Lacaze donne les résultats suivants :

! maximum (moyenne) 38° moyenne à 13 h 34° moyenne à3 h 24° minimum (moyenne) 22°

(maximum (moyenne) 34° moyenne à 13 h 30° moyenne à 3 h 18° à 20° minimum (moyenne) 16°

On comprendra aisément, à la lecture de ces

chiffres, que les blancs ne puissent supporter le travail au soleil par de telles températures.

Mais la chaleur devient beaucoup plus faible et facilement supportable sur les hauts plateaux.

Ainsi , 1° à Fianarantsoa nous avons pour 1892 (1) 19° de moyenne, avec un maximum de 22°, 32 qui monte à 27°, 2 au mois de janvier; et un minimum de 15°, 98 qui descend à 12°, 3 au mois de juin.

2° A Arivonimamo, les chiffres sont sensiblement les mêmes, avec plus d'écart entre les minima et les maxima.

3° Enfin à Tananarive, à T observatoire (1402™ d'altitude), la moyenne générale pour 17 années, a été de 18°,0, moyenne à peu près constante pour chaque année.

Le maximum absolu a été de 29°, 2 le 26 octobre 1891, et le minimum; de 5°, 7 le 11 août 1871.

Et pour 1892 : le maximum a été de 28°, 2 le 30 novembre et le minimum, de 6°, 5 le 7 septembre.

Pour cette même année 1892, la moyenne des maxima a été de 23°, 5 et la moyenne des minima, de 12°,7.

Ambositra, point plus élevé, à peu près à moitié chemin entre Tananarive et Fianarantsoa, exactement par 20° 31' 25" lat. Sud et 2h 59n' 25s Est, est encore moins chaud, et réputé le meilleur climat de Madagascar. 'Il serait bon d'avoir sur lui des données exactes, car ce sera bientôt un des centres

'l) Les observations sont incomplètes en 1891.

miniers les plus importants de toute l'île. Malheureusement les observations suivies nous font défaut. M. Guinard, qui a habité assez longtemps ces régions, donne les variations suivantes, comme règle générale pour les environs;

de -h 4° à h- 20° en hiver ; de -h 10° à -4- 28° en été.

Et à Àmbatofanghana, par plein Ouest et à 60 kilomètres d'Ambositra, à une altitude de 1 700 mètres, centre de très riches minerais de cuivre qu'il avait commencé à exploiter, il donne, pour toute l'année, les variations extrêmes de -h 2° à -h 26°.

o Le climat y est relativement très froid, ajoutet-il... On y a fréquemment de la gelée blanche, et les petites flaques d'eau sont constamment prises de glace sur leurs bords pendant les mois frais, de mai à septembre. »

Il est évident par conséquent que l'Européen peut facilement se livrer au travail extérieur sur ces hauts plateaux, avec plus ou moins de précautions, suivant l'altitude, la saison et l'heure du jour.

Car il ne faut pas l'oublier, même sur les hauts plateaux, pendant la saison des pluies, le soleil est très chaud, ses rayons vous tombant, pendant deux ou trois mois, perpendiculairement sur la tête.

On en jugera par les chiffres suivants de l'Observatoire :

La température moyenne de l'actinomètre à boule blanche, pour l'année 1891, a été de 24°3, (maximum 42°, 2, minimum 7°, 6) ; et la moyenne

de Factinomètre à boule noire de 34°, 2 (maximum 63°, 2, minimum 9°) (1).

Malheur donc à l'Européen qui s'exposerait sans être suffisamment couvert, à ces températures de plus de 60° et 63°. 11 pourrait lui en coûter la vie, tellement les congestions solaires deviennent faciles. Du reste, il est alors presque impossible de travailler dehors, depuis 10h du matin jusqu'à 3h du soir, tellement sont ardents les rayons du soleil, réfléchis par un sol brûlé, et je me souviens de telle promenade faite vers lh ou 2h où, malgré un épais parasol, j'étais littéralement épuisé.

PRESSIONS RAROMÉTRIQUES.

Ce qui frappe à première vue , dans les observations du baromètre, c'est une grande uniformité. Sauf quelques rares dépressions atmosphériques, en dehors de toute règle , ses oscillations ne varient ordinairement que de quelques millimètres ; aussi bien sur les côtes qu'à l'intérieur. Cela est si vrai, que les appareils enregistreurs de l'Observatoire décrivent parfois pendant de longues semaines, par exemple en septembre 1892, presque une ligne droite ; la colonne des chiffres qui se répètent dans les observations des appareils à lec-

( t ) L'écart des deux maxima montre clairement combien le vêtement blanc est préférable au vêtement foncé dans ces pays tropicaux.

tare, ne sont que la répétition du même nombre.

Une autre remarque, que l'on devait du reste prévoir, c'est que le baromètre suit assez régulièrement la distribution des saisons, plus élevé pendant les mois de sécheresse, plus bas pendant l'époque des pluies.

Le relevé des diverses stations secondaires sera donc moins important que pour les autres phénomènes déjà étudiés. C'est pourquoi je ne m'y arrêterai que très peu.

1° A Fort-Dauphin, en 1891, les limites extrêmes sont 760m/m81 en janvier, et 769m/m99 en juillet 1891, 759m/m en janvier et 767m/m30 en juillet

2° A Tamatave, 760m/m en février, et 768m/m28 en août 1891 ; et, en 1892, 756m/m30 en février, et 767m/m24 en juillet, avec des écarts plus marqués entre les diverses moyennes mensuelles et moins de régularité qu'ailleurs.

3°AVohemar, 762m/m22 en janvier et 769m/m89 enaoïïtl891;et,enl892,760m/menfévrieret769m/ra en juillet.

Les moyennes sont donc plus élevées que celles de Tamatave.

4° Elles sont encore plus élevées à Diego-Suarez, où nous avons 761m/m54 en février, 770m/m77 en juillet, août et septembre 1891; 755m/m36 en février et 756m/m4 en janvier 1892.

5° C'est cependant Nosy-Ve, dont le climat est beaucoup plus sec, qui nous donne les plus

fortes moyennes; c'est-à-dire, pour l'année 1891, 765m/m27 en janvier et 774m/m02 en août; et pour l'année 1892, 767m/m en janvier, 77 5m/m en juillet.

6° Les observations manquent pour Majunga.

7° A Fianarantsoa, nous aurons évidemment des moyennes beaucoup plus faibles, à cause de la différence si considérable d'altitude ; et aussi , ce qui est plus remarquable, des amplitudes de variation moindres, mais toujours la même régularité.

L'année 1891 nous donne en effet 660m/in20 en mars (janvier et février manquent) et 666m/m13 en août.

8° Les moyennes d'Arivonimamo oscillent pour 1891, entre 647m/m99 en janvier et 651n/m16 en août.

Et pour 1892 : entre 645m/m64 en février, 650m/n'l80 en juillet.

9° Enfin à Tananarive, la pression barométrique moyenne a été de 650m/m5i en 1891, de 650m/m02 en 1892; le maximum de 656m/m21 le 9 juillet 1891 ; de 653m/m35 le 20 juillet 1892 à 9h; et le minimum de 664m/m34 le 6 février 1891 et de <>:n ' 'm78 le 29 février 1892.

Enfin , en considérant les moyennes de 17 années, on obtient comme moyenne barométrique totale : 650m/mVl.

Page 1