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Les arbres tropicaux

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Surtout l'oranger, \vcitronnier, etlevavaotankq, espèce de grenadier produisant une calebasse ronde, grosse comme une orange, et pleine d'un suc amer et astringent. Les porteurs se la disputent, et elle est, sinon agréable, au moins fort rai raichissantc .

Puis le cocotier, le manguier, Y avocat, le leschi.

Enfin les lianes et arbustes à lait, l'ancienne liane à caoutchouc dont parle Flacourt, et que l'exploitation inintelligente des indigènes a presque fait disparaître.

Tout près de la mer, bordant son rivage, il faut signaler le filao , qui en quelques années devient un grand arbre et produit des forets ressemblant de loin à nos pins de France ;

Le Pandanus dont l'apparence est celle d'un yucca géant;

Les Cicas, si gracieux dans nos serres et qui poussent là- bas à l'état sauvage.

Enfin une petite plante rampante bien humble, mais très utile, la patate à Durand, qui pousse facilement , envahit tout et retient le sable du rivage.

Un peu plus loin, réussissent le cacao, la canne à sucre, le caféier et la vanille.

2° Zone des Ravinala.

La seconde zone est caractérisée par ses montagnes mamelonnées, distribuées irrégulièrement de tous les côtés, ses nombreux cours d'eau et ses cuvettes existant tout naturellement entre ces mamelons.

Le sol en est d'argile, sans granit émergeant; son altitude atteint jusqu'à 400 mètres.

C'est là, et là seulement, que se trouve la 'pervenche bleue de Madagascar (la 'pervenche rouge étant répandue à peu près partout). On y voit aussi :

Le longozo qui ressemble beaucoup à notre canna, et encombre les chemins; le fantaka ou roseau malgache, espèce de petit bambou, très abondant et qui était autrefois une des divinités malgaches, et entrait dans la composition des ody ou amulettes, etc.

C'est dans cette seconde zone que le café réussit le mieux; et tous les voyageurs ont admiré, en passant, les splendides caféiers oV Ampasimbe, à une altitude de 300 mètres. C'est là enfin que se trouve le légendaire Koto-Kely , petit nain très fort que l'on n'a jamais pu saisir tellement il est robuste. Il se trouve aussi, rapporte-t-on, sur la Côte Ouest, où il arrache l'herbe de dessous les tamariniers. A l'est, il fait parfois le service de la maison. •

Mais ce que l'on remarque surtout dans cette seconde zone, et ce qui constitue ses bouquets de bois épars, ce sont trois espèces qui lui sont propres, et qui, toutes les trois, servent à de multiples usages. Ces trois espèces sont :

1° Le Ravinala, ou arbre des voyageurs, dont les immenses feuilles, de plusieurs mètres de long, se disposent les unes à côté des autres, en immenses éventails ajourés par le vent et du plus pittoresque effet.

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Rien n'est beau à voir comme l'arbre du voyageur aperçu ainsi au loin, se détachant sur un ciel d'une pureté parfaite, gravissant les pentes d'une vallée par petits groupes, le vent se jouant dans son feuillage.

Il est très utile aussi, non seulement par l'eau qu'il conserve au voyageur altéré, mais surtout par son tronc que le malgache emploie dans ses constructions, et par les côtes de ses feuilles dont il se sert pour le clayonnage et le plancher de ses cases.

2° Le Rofia, qui présente assez la forme d'un énorme phénix, est surtout utile par la fibre de ses feuilles que les indigènes effilent avant qu'elles ne soient sorties de leurs gaines. Il s'en fait une grande consommation. Elle sert pour leurs tissus de rabana, ou bien est vendue aux Européens pour l'exportation.

Le Rofia préfère les endroits humides et réussit surtout au fond des vallées.

3° Enfin à côté de ces deux palmiers se trouve le bambou, qui constitue de délicieux petits massifs, poussant d'abord droit comme un cierge et courbant ensuite sa tête en une gracieuse parabole, comme s'il fléchissait sous son poids. On s'en sert de deux manières, ou bien en l'écrasant et en le tressant en forme de damier pour le revêtement exérieur des cases, ou bien pour porter les paquets.

3° Grande forêt. — Comme nous l'avons déjà dit précédemment, la grande forêt s'étend tout le

long de la Côte Orientale de Madagascar, sur le versant Est de la première arête faîtière, depuis le nord de la baie d'Antongil, où elle vient toucher au rivage, jusque vers Fort-Dauphin, traversant ainsi le pays des Autankara, celui des Betsimisaraka, des Antaimoro et des Antanosy. Sa longueur est donc à peu près celle de Madagascar, et sa largeur très irrégulière peut atteindre 100 kilomètres par endroits.

Dans sa partie centrale, dont nous nous occupons à ce moment, elle va depuis l'ouest d'Ampasimbe à *00 mètres d'altitude, jusque vers Anamalazaotra (935m), après avoir atteint 10*1 mètres d'élévation. Il faut à peu près deux journées pour la traverser.

Le sol en est très montagneux, les pentes très raides , les gorges très profondes et sillonnées de nombreux torrents, qui y prennent naissance et se dirigent vers l'océan Indien. Le sol est toujours composé d'argile rouge , au travers de laquelle émerge souvent le granit.

C'est là surtout que se rencontrent les fougères arborescentes, splendides parasols de verdure, s' élevant à 10 et 12 mètres de hauteur, et s'épanouissant en larges feuilles de plus de 2 mètres de longueur; c'est là aussi que l'on rencontre les plus belles orchidées.

Cette zone est aussi la patrie des Makis, en particulier du Babakoto , si célèbre dans les légendes locales, de Y Amboanala ou singe hurleur, dont les voyageurs ont tous entendu le cri plain-

iif retentissant, pendant la nuit, comme un gémissement, au milieu de ces immenses solitudes, et du Tahitsoa, oiseau bleu, assez gros, et au cri particulièrement désagréable.

Ses essences caractéristiques et prédominantes sont les essences rares qui n'existent pas sur les hauts plateaux, c'est-à-dire Yébène, le palissandre à veines noires, et le bois de rose, et aussi des bois ressemblant au bois de teck, toutes les variétés des Tèzes-lntsy, Nato, Rabarabo, Androvolo, etc.

V Région comprise entre les deux chaînes faîtières.

Cette quatrième région, qui commence au lac Aloatra au nord et se termine au sud au pays des Tanala, comprend la vallée du Mangoro (De 500 à 900 kilom. d'altitude sur une longueur de 200 kilom.), celle du Mananjary et celle de la rivière Matitanana. On y remarque les monts Ifahana au nord, au centre le Fody que l'on gravit en allant à Tananarive, et le célèbre plateau d'ikongo au sud, chez les Tanala.

Les marécages sont nombreux et nous y retrouvons le longozo de la seconde zone. Le plus remarquable des animaux de ce pays est le Fosa qui ressemble un peu à notre renard. Il y a beaucoup de gibier.

Les essences forestières sont les mêmes que celles de la zone précédente, mais les forêts ne garnissent plus que les pentes ou les sommets des montagnes, tout le reste du pays ayant été

dévasté et déboisé par l'incurie des habitants.

5° Zone de la seconde arête faîtière.

Après avoir franchi les plateaux de la zone précédente, on remonte, pour gravir les flancs de la seconde arête faîtière, jusqu'à 1.426 mètres d'altitude, à Ankeramadinika. C'est là que se trouve la pente la plus abrupte et la plus longue sur tout le parcours de Tamatave à Tananarive, l'Angavy que précède une vaste plaine marécageuse et fiévreuse. Le granit émerge de tous côtés. Il y a de nombreux torrents , tous affluents du Mangoro; beaucoup de lianes, des fleurs nombreuses, diverses sortes de bambous et de palmiers; des pigeons bleus et des perroquets noirs, pas, ou du moins, peu de makis, des sangliers; quantité de caméléons, de papillons et d'insectes.

Les arbres sont des espèces légères spéciales, bien inférieures à celles des deux zones précédentes, mauvaises pour le travail , ou du moins demandant à être coupées à une saison déterminée. C'est du reste une remarque générale que plus on s'approche du centre de l'île, moins les essences dures et précieuses abondent, pour faire place à d'autres plus légères, d'une venue plus rapide et partant bien moins utiles.

6° Zone des hauts plateaux.

Elle comprend la plus grande partie de l'île, en particulier le pays des Hovaet celui des Betsileo. L'altitude moyenne constante est de 1300 mètres, et celle des sommets de 1500 et davantage. On y

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rencontre beaucoup de gibier d'eau, des cailles, des oiseaux de proie : Papanga, Voromahery, Kitsikitsy, etc., et le Tandroka, espèce de Hérisson assez bon à manger. Toujours l'argile rouge avec ossature de granit.

Le pays était jadis couvert de nombreuses petites forêts. Il n'en reste plus aujourd'hui que quelques rares lambeaux, groupes isolés pointant d'ici et de là au sommet des montagnes, et quelques arbres aux alentours ou à l'intérieur de certains villages. Les deux seules espèces à nommer sont Y Amontana (littéralement, qui attire la foudre), d'un aspect remarquable avec ses grandes branches, ses larges feuilles et son port majestueux, ressemblant de loin à nos plus beaux hêtres; puis le Hitsikitsika, de 0ra,20 à 0m,40 de diamètre, bon pour le travail, à condition d'être coupé pendant la saison sèche ; enfin deux arbres récents, le pêcher et surtout le lilas qui reboisent très rapidement.

Ouest et Sud.

Le versant occidental de Madagascar qu'habitent les Sakalaves, nous l'avons déjà remarqué, est beaucoup m'oins abrupt et moins accidenté que le versant oriental. Il se divise naturellement en deux parties.

1° La zone de la côte, ordinairement plate, d'une

altitude moyenne de 50 à 100 mètres, avec de larges voies d'eau souvent profondes. On y trouve beaucoup de gibier d'eau, des pintades et des perdrix.

Les arbres de cette région sont surtout le tamarinier relativement abondant et formant de beaux bosquets, divers lataniers, trois espèces de baobabs, et le rofia dans les parties humides. — Il y a, à l'ouest comme à Test, une ceinture de forêts courant le long de la mer, mais moins épaisse, moins serrée, rappelant au témoignage de M. Gautier, le bush australien, ou les forêts de Clamart et de Meudon.

2° La zone des plateaux, d'une altitude moyenne de 400 mètres, s'élève par de longues pentes douces que limitent des pentes abruptes, avec des pitons pointant ça et là, et les deux chaînes de Bemarana et de Bongo-Lava.

Le pays est très peu habité et a très peu de chemins. — Les arbres s'y présentent par groupes isolés et correspondent aux essences de la troisième zone du versant oriental. La grande forêt de Manerinerina , marquée sur toutes les cartes au N.-O. de l'Imerina, n'existe pas en réalité et se compose seulement de groupes d'arbres isolés, et de brousse. Les animaux de cette partie sont également ceux de la troisième zone de l'Est.

Enfin dans son dernier voyage du Sud, M. Gautier a reconnu une autre forêt , la forêt Antondroy et Mahafaly, située au sud de l'Onilahy et comprenant surtout des arbres épineux aux formes étranges et souvent fantastiques, des Nopa-

lier s et des Cactus, et surtout le précieux arbre à caoutchouc.

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