NOTIONS GENERALES
Madagascar est au Sud-Est de l'Afrique, en face de Mozambique, dont elle est séparée seulement par le canal de ce nom, canal dont la longueur maxima est de 1,100 kilomètres et la largeur la jdIlis petite, 470 kilomètres. Elle est à proximité par conséquent des établissements portugais de Mozambique et de Sofala, non loin également de Zanzibar au Nord, de Bourbon et de Maurice à l'Est, et à portée enfin de la route d'Aden pour l'Hindoustan, l'Indo-Chine, Mahé et l'Australie. On ne pourrait rêver plus belle situation, au double point de vue commercial et politique. Enfin elle est placée sur l'ancienne route des Indes par le Cap de Bonne Espérance, et le fait que cette route deviendrait la seule libre en cas de guerre
entre la France et l'Angleterre, lui donne une importance stratégique de premier ordre. Nombre de petites îles semblent lui faire cortège, comme des dames d'honneur autour de leur souveraine : Sainte-Marie à l'Est, en face de Tintingue ; Nosi- Be, Nosi-Mitsio, Nosi-faly, plus loin le groupe des Comores au Nord-Ouest, et, de tous les côtés, une foule d'autres moins importantes.
Madagascar est située à peu près complètement dans la zone torride, s'étendant dans la direction N.-N.-E. au S.-S.-O. Depuis le 12e degré (11° 57' 30") latitude sud, du cap d'Ambrejusqu'àson extrémité méridionale, qui est le cap Sainte-Marie, situé par 25° 38' 55". Elle a donc 1515 kilomètres du Nord au Sud. Ses points les plus extrêmes en longitude sont : le cap Saint-Vincent, en malgache cap Tsingilifily , par kV (40° 59' 30") à l'Ouest, et à l'Est la pointe d'Antsirakosy ou Angotsy par 48° 7' 20" long. Est, ce qui lui donne 600 kilomètres dans sa plus grande largeur, et 500 en largeur moyenne. Sa superficie est évaluée à 590.000 kilomètres carrés, celle de la France étant de 5-28.000.
On comprend déjà, quel vaste empire colonial elle peut former, une fois qu'elle sera conquise et intelligemment administrée.
Sa forme est un ovale très irrégulier dont le grand axe commencerait au cap d'Ambre au N.-E. pour se terminer au S.-O. au cap Sainte-Marie. Elle présente, surtout dans la partie septentrionale, à l'Est et à l'Ouest, de nombreuses découpures,
baies, golfes, caps, presqu'îles, et par suite d'assez bons refuges pour les navires. Le Sud, au contraire, et surtout le Sud-Ouest, n'offrent presque aucune échancrure. Vue du large, à l'Est, quand on la longe en paquebot, depuis Diégo-Suarez jusqu'à Tamatave et au-delà, l'île se présente comme un immense amphithéâtre recouvert de verdure et dont les derniers gradins, qui sont gigantesques, se perdent et se fondent dans l'horizon. Elle paraît ainsi très accidentée, très montagneuse, ce qui est vrai, et très riche ce qui n'est pas tout à fait aussi exact. Du côté de l'Ouest au contraire, elle présente de vastes plaines qui montent par des pentes plus douces vers la grande chaîne faîtière. La partie Sud enfin est composée de vastes plateaux de sable presque plats, souvent dépourvus d'eau et stériles, tandis que le centre, qui n'est qu'un amas de montagnes, est formé d'un sol argileux, rouge, très compact pendant la saison sèche et entièrement dépouillé d'arbres.