PAPILLONS, COLÉOPTÈRES, INSECTES, COQUILLAGES
La faune des lépidoptères ou papillons, n'est pas moins remarquable que celle des autres insectes; elle offre cette particularité, commune aux autres branches de la zoologie , qu'elle s'écarte notablement de celle du continent africain cependant si voisin. Non qu'il n'y ait, entre les deux, des rapports évidents, des genres communs, comme par exemple le Leptoneura, propre à Madagascar et au Sud de l'Afrique; mais la présence d'espèces qui leur sont propres, celles par exemple des genres Hëtérop.sis (Satyridœ) , Smerina, Godartia, etc., ou qui n'ont de parenté qu'avec celles de l'Inde, de la Malaisie ou de l'Arabie , est faite pour surprendre, si rien pouvait surprendre en ces matières quand il s'agit de Madagascar.
Quelques-uns de ces papillons se font remarquer par la richesse de leurs couleurs. 11 suffît de nommer le Papilio Antenor et YUrania Riphœus, dont les ailes ont 10 centimètres d'envergure et sont ornées des plus riches couleurs.
L'étude des 1600 coléoptères que l'on connaît aujourd'hui à Madagascar, nous donne des notions intéressantes au point de vue du caractère général de la faune malgache. La plupart sont propres à l'île, par exemple, le genre Pogonos-
toma, le genre des Cicindelidès, qui toutefois est parent du genre Cnenostomade l'Amérique du Sud, et le groupe si abondant et si beau des Polybothris (Buprestidés); quelques-uns se rapprochent des Lypesindiens, comme le Megalomma; d'autres ont le faciès africain, comme XEurimorpha; d'autres enfin, sont communs à Madagascar et à l'Amérique du Sud, ainsi le Peridexia, ou rappellent les formes européennes.
Je ne veux pas poursuivre cette énumération, ni étudier leur parenté avec ceux d'Afrique, de l'Inde ou d'ailleurs. Mais, les considérant tous ensemble, nous arrivons à ce curieux résultat que leurs affinités sont en grande partie avec l'Orient, l'Australie, ou le Sud de l'Amérique; l'élément africain est surtout représenté par les formes du Sud ou de l'Ouest de l'Afrique, plutôt que par celles si abondamment répandues dans les régions de l'Ethiopie.
Il nous reste à dire un mot des coquilles terres- Ires, qui sont si nombreuses à Madagascar et dans les îles environnantes. En somme, et sans vouloir entrer dans aucune énumération, les mêmes traits se retrouvent dans les coquillages que dans les insectes; et ce que nous avons dit de ces derniers s'applique également à eux. Citons parmi les Hélicidés, les Vitrifia, les Hélix, les Columna (qui sont particuliers à Madagascar et à l'Afrique), les Buliminas, les Cionella, etc.; ces derniers ne se retrouvent qu'en Orient et dans le Sud de l'Amérique, mais non en Afrique.
Ikk MADAGASCAR.
Parmi les coquilles à opercules, les Trimcatelles et les Cyclostomes y sont très répandues ; mais elles ne se trouvent pas en Afrique; les Cyclophorus ont quelques représentants en Afrique, mais appartiennent surtout à la Malaisie. Les Cyclotus se retrouvent dans l'Amérique du Sud, le Sud Africain et l'Orient; \ç,$Mégalomastomay en Malaisie et dans l'Amérique du Sud ; les Lithydion sont propres à Madagascar, à Socotora et au Sud-Ouest de l'Arabie; les Otopoma s'étendent en outre à l'Arabie Occidentale et à la Nouvelle- Irlande; les Omphalotropis , enfin, sont exclusivement orientaux et australiens.