‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 51 sur 94 · COMMERCE INTERIEUR DE L ILE · texte numérisé non relu

COMMERCE INTERIEUR DE L ILE

Il est assez actif, surtout sur les hauts plateaux du centre ; il se compose de tous les produits locaux que les Malgaches vendent ou échangent entr'eux ; et des objets européens ou américains, qui pénètrent de plus en plus partout où les étrangers s'établissent.

Il n'y a pas de magasins ou même de boutiques proprement dites, sauf àTamatave, Tananarive, Fort-Dauphin , et quelques autres endroits , où les négociants étrangers se sont établis et ont été ensuite imités par des marchands indigènes. Presque toutes les transactions se font aux marchés, d'ailleurs très fréquentés , qui se tiennent à jours fixes, à côté des villages, quelquefois loin de toute habitation, à la rencontre de deux ou plusieurs sentiers.

Ils se nomment du nom du jour de la semaine où ils se tiennent : alatsinainy , lundi; talata, mardi; alarobia, mercredi; alakamisy, jeudi; zoma, vendredi (c'est celui de Tananarive) ; sabotsy, samedi. Il n'y en a plus le dimanche, depuis l'établissement officiel du christianisme.

On y vient de fort loin, et tel marché d'une localité insignifiante, ou même en plein désert, réunit 1,500, 2,000, 5,000 personnes qui, amoncelées

du commerce: . 261

en groupes animés, toutes drapées de leurs blancs lamba, parlant, gesticulant, ou bien venant en file à l'indienne par les sentiers des montagnes environnantes, leurs marchandises invariablement chargées sur la tête, produisent le plus pittoresque effet. Le zoma de Tananarive est visité par près de 50,000 personnes, et Ton s'y rend parfois de 50 kilomètres à la ronde.

Ces marchés se tiennent le matin, de 7 heures du matin jusque dans l'après-midi, mais les affaires se traitent surtout vers 10 heures.

On y cause beaucoup et de tout; c'est là que les parents et les amis se rencontrent, s'entretiennent de leurs intérêts, se demandent de leurs nouvelles , traitent de leurs affaires les plus diverses , querelles, raccommodements, procès, mariages, etc. Et même au cours d'une vente, que de digressions, que de commérages, de récits variés, personne cependant ne perdant de vue la négociation en train, et tous faisant assaut d'habileté pour se tromper mutuellement !

On trouve de tout dans ces marchés : les choses nécessaires à la vie : riz , manioc , viande , œufs , volailles, bœufs, brèdes, poissons, sel, etc.;

Les produits de l'industrie locale : portes, fenêtres, natles , sobika , lamba de soie , chapeaux , objets en corne;

Les objets importés : cotonnades, indiennes, objets de toilette, fil, aiguilles, cotons, verroterie, etc.;

Des remèdes, des amulettes, des cigarres, du

fer, des angady ou bêches, des ustensiles en ferblanterie , etc. ;

En un mot, tout ce dont un Malgache peut avoir besoin, tout ce qui peut se vendre ou s'acheter, jusqu'aux esclaves.

Quanta donner uu chiffre, même approximatif des affaires qui s'y concluent, c'est absolument impossible ; toutes les données manquent pour cela, et Ton ne sait même pas le nombre de ces marchés. Tout ce que je puis dire , c'est que dans l'intérieur, au moins dans l'Imerina, ils sont très nombreux, et qu'il n'y a pas d'endroits où l'on ne puisse se procurer, dans le voisinage, tout ce qui vous est nécessaire, au moins deux ou trois fois par semaine.

Ce commerce est cependant relativement faible , et de tous points inférieur aux ressources naturelles de l'île, à son étendue et au nombre de sa population.

Mais les Malgaches ont besoin de peu de choses et surtout sont extrêmement pauvres, d'où ils ne peuvent acheter que très peu.

Quant aux prix ordinaires des marchandises couramment vendues, en voici un aperçu pour la place de Tananarive.

Ils sont plus ou moins les mêmes dans tout l'intérieur, un peu plus faibles sur les côtes , pour les objets importés, et plus élevés pour les objets d'exportation.

Toiles cernes petite largeur, kelilambana, de 2 à 3 piastres, 10 à 15 fr., les 40 yards.

Toiles écrues, grande largeur, belambana, de 3 à 4 piastres les 40 yards.

Toiles blanches apprêtées, de 6 fr. 50 à 20 fr. les 24 yards.

Shirting, de 18 fr. 75 à 20 fr. la pièce.

Rabannes de couleur, de 10 à 15 piastres le 100.

Bœufs maigres, de 5 à 8 piastres.

Bœufs gras, de 10 à 15 piastres.

Peaux de bœuf séchées, de 8 à 10 fr, les 100 livres.

Moutons gras, de 2 fr. 50 à 5 fr.

Moutons maigres, de 1 fr. à 2 fr.

Peaux de, moutons, de 8 à 11 pour 1 piastre.

Les oies valent de 0 fr. 90 à 1 fr. 25.

Les poulets gras, de 0 fr. 60 à 1 fr. 25. » » maigres, de 0 fr. 30 à 0 fr. 50.

Les dindes grasses, de 2 fr. 50 à 3 fr. » » maigres de 1 fr. à 1 fr. 50.

Le saindoux se vend de 35 à 40 fr., les 100 livres.

Les porcs valent de 15 fr. à 30 fr. les plus beaux, et les plus gras, jusqu'à 45 fr.

Le riz blanc d'imerina, de 1 fr. 85 à 3 fr. 75 la mesure (40 livres).

Le riz rouge, de 1 fr. 25 à 1 fr. 50.

Le riz non décortiqué, de 0 fr. 60 à 1 fr.

Le café décortiqué, de 65 fr. à 100 fr. les 100 livres.

La cire, de 65 à 85 fr. les 100 livres.

Le fer se vend en barre de 2 k. 500 à 3 k., de 0 fr. 40 à 0 fr. 60.

Les lamba en soie, teints de diverses couleurs, se vendent de 6 à 20 piastres.

La dentelle de soie , de 0 fr. 40 à 2 fr. 50 le mètre , suivant le dessin et la largeur.

Le sel , de 2Q à 25 fr. les 100 livres.

Le pétrole, de 12 fr. 50 à 18 fr. 75 le bidon.

Le rhum indigène, de 0 fr. 40 à 0 fr. 80 le litre.

Celui de Maurice , de 1 fr. 45 à 1 fr. 65.

Mais ces deux derniers articles, en contrebande seulement.

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