EXPORTATIONS
Angleterre
Amérique
France
Allemagne
Maurice
Indes Anglaises..
C'est-à-dire en résumé :
Importation française 528.610,45 contre une importation étrangère de 2.197.452,85. Exportation 1.116.595,85 contre 4.439.590,20. En 1886 on n'avait pas de distinction pour les exportations, mais à l'importation on avait :
Importation française, 793.701,12.
— étrangère, 2.439.799,26.
ou 24 1/2 en notre faveur; donc une proportion un peu plus grande pour le commerce français qu'en 1887, où la même proportion n'était guère que de 20 °/0 à l'importation et de 24 % à l'exportation.
A Mananjary nous n'avons rien pour les exportations, mais les importations se répartissent entre l'Amérique et l'Angleterre.
Somme toute et sans vouloir entrer dans de plus longs détails, on s'accorde à donner la proportionnalité suivante :
France et Réunion
Angleterre, Maurice, Seychelles, Indes Anglaises . 45 %
Amérique 22 »
Allemagne 10 »
Divers (Italie, Suisse, Australie). . 3 »
Ainsi nous venons au troisième rang seulement; mais ce qu'il y a de rassurant, c'est que notre commerce va constamment, quoique lentement, en progressant. Nul doute que ce mouvement ne s'accentue rapidement quand notre prédominance politique aura été imposée, et l'ordre rétabli à l'ombre de notre drapeau, dans la grande île africaine.
Il faudra cependant que nos fabricants, surtout de toiles et de cotonnades, s'astreignent à produire à meilleur marché, car ce sont surtout les toiles d'Amérique et d'Angleterre et le rhum de Maurice qui donnent la prédominance aux Anglais et aux Américains dans l'importation.
Les tissus forment en effet la grosse part de l'importation. Ainsi en 1890, à Tamatave, sur 4.091.600,21, d'importation, ils entrent pour 2.725.779, 31, soit plus des deux tiers de la valeur totale.
Or, sur ces articles, l'Amérique et l'Angleterre se disputent presque exclusivement l'importation des toiles écrues , celles d'Amérique étant les plus estimées et figurant dans ce chiffre de 2 . 067 . 285 , 20 , pour les deux tiers.
L'importation des boissons vient après les tissus, pour la somme de 610.830 21, dont 411.560, 20, c'est-à-dire plus des deux tiers, pour le rhum de
Maurice qui s'expédie en bordelaises de 220 litres au prix de 50 à 70 la barrique, et pénètre partout sans autre concurrent que le « taoka » indigène ou produit de la distillation toute rudimen taire du jus de canne à sucre, car le rhum de Bourbon est de qualité trop supérieure et partant trop cher pour se vendre à Madagascar.
Vient ensuite le vin, en grande partie du Midi et du S.-O. de la France avec 107. 2*22, 38, dont 7.189,65 de vins fins.
Puis les alcools et liqueurs, surtout françaises ; le vermouth, l'absinthe, les eaux-de-vie communes, l'amer-picon, le whisky, pour 75.306,91 ; enfin la bière allemande ou anglaise pour 16.6^0,72.
L'importation des liqueurs a presque doublé de 1887 à 1890.
Il me reste pour finir à dire un mot des articles d'exportation.
Je l'ai fait équivalemment en parlant des productions des mines et de l'élevage. Pour ne pas me répéter, je me bornerai donc à donner les trois tableaux suivants :
1° Exportation de Tamatave en 1890.
Bœufs vivants 7.2% 169.530,00
Caoutchouc 42.0% i. OU. 349,97
Cire 9.9 % 235.224,50
Cuirs (peaux de bœufs). 24.1 % 588.467, 1.-5
Rofia '.. Cl % 14!i. 062,20
Sucre 2.6 % 61.446,17
Gomme copal 1.3% 32.540,45
Crin végétal 11.0% 27.112,10
Cornes de bœufs 0.7 % 17.561,33
Peaux de moutons 0.6% 16.105,45
Rabannes ordinaires \ 17 . 557 , 55
— de couleur V 1.5% 12.748,55
— fines ) 5.025,00
Café 2.034,00
Vanille 1.320,00
Total 2.453.948,77
2° Exportation de Vatomandry.
Rofia 51.6% 75.314,50
Peaux de bœufs 18.7% 27.237,10
Cire 12.1 % 17.606,25
Caoutchouc 7.8% 11.442,20
Sucre 3.8 % 5.598,60
Sacs vides 2.9 % 4.300,00
Rabannes 1.5% 2.160,00
Divers 1.6 %
Total 145.656,21
3° Exportation de Mananjamj.
Caoutchouc 35.6% 167.154,90
Cire 35.1 % 164.399,55
Sacs vides 14.1% 66.340,00
Cuirs (peaux de bœufs,
moutons). 13.7 % 64.298 ,55
Haricots 1.0% 4.799,30
Divers. 0.5 %
Total : 468.964,90
Ajoutons enfin que l'exportation de l'or, qui trouve moyen de ne guère payer de frais de douane, et par suite, ne parait pas sur les statistiques officielles, est considérable. Le prince Henri d'Orléans l'estime à 300 kilos par mois ou à un million de francs (1). Je crois ce chiffre exagéré, mais je ne doute pas qu'elle n'atteigne au moins six millions par an ; elle est destinée à décupler le jour où l'on aura un gouvernement pour rétablir l'ordre,' et la liberté de mettre en œuvre les mines dont le pays abonde .
En un mot, et pour finir, le commerce a un grand avenir à Madagascar, au moins le grand commerce d'importation. A nos fabricants et à nos négociants de se hâter afin de profiter de l'occasion qui va s'offrir.
(l) Revue de Paris (octobre 1894, p. 459).