‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 9 sur 94 · OROGRAPHIE — HYDROGRAPHIE · texte numérisé non relu

OROGRAPHIE — HYDROGRAPHIE

Avant M. Grandidier, le système orographique de Madagascar était très imparfaitement connu, ou, pire que cela, très faussement décrit. On parlait d'une chaîne de montagne centrale, divisant File en deux parties égales, du Nord au Sud , avec des ramifications à l'Est et à l'Ouest, et on comparait Madagascar à un énorme cétacé, dont l'épine dorsale serait représentée par cette montagne centrale, et les côtes immenses, par des ramifications plus ou moins perpendiculaires à ce massif.

L'idée est simple, imagée, avec une apparence de vérité à première vue ; mais sa fausseté a été clairement démontrée par les études, les descriptions plus récentes et les cartes de M. Grandidier, du Père Roblet, 'de MM. Laillet et Suberbie, du Père Colin, etc.

Je m'inspirerai pour ce chapitre d'un article

très remarquable que M. Grandidier a publié dans la Revue scientifique (11 mai 1872) et, parfois, je ne ferai que le transcrire.

Le savant voyageur divise d'abord l'île en deux triangles, par une ligne imaginaire, allant duN.-O. au S.-E., du cap Saint- Vincent vers Fort-Dauphin. Tout le triangle oriental est couvert de montagnes qui se pressent les unes contre les autres, sans ordre apparent, pêle-mêle, et, suivant la comparaison bien souvent reprise , comme une mer en fureur dont les lames immenses se seraient soudainement solidifiées. « Il y a bien çà et là quelques vallées très larges, telles que celles d'Isandra, de Betafo, de Tananarive, de Moramanga ou de l'Ankay, d'Antsihanaka, etc.; et la pointe extrême nord de l'île n'a pas subi l'action de la grande éruption granitique. Mais, partout ailleurs, on marche des journées et des semaines, sans trouver le moindre plateau, même d'un mille carré. »

Je ne sais pas s'il y a au monde une autre contrée couverte d'une pareille masse de montagnes, car « plus de 90.000 milles carrés ont été bouleversés par les deux éruptions granitiques qui semblent s'être succédé à Madagascar ».

Nous nous rendrons du reste mieux compte de cet amoncellement presque chaotique de montagnes, de gorges, de vallons étroits et de pics élevés, en parcourant l'île de l'Est à l'Ouest, par exemple, de Tamatave ou d'Andevoranto vers Majunga.

Presque tout le rivage de la côte orientale compose d'une vaste bande de terrain plat ex sablonneux, variant en largeur depuis quelques mètres, par exemple au nord de la baie d'Antongil, jusqu'à 15 ou 20 kilomètres en certains endroits, comme vers Tamatave. Bordée à l'Ouest par une suite ininterrompue de collines couvertes de végétation, et parcourue du Nord au Sud pendant 500 kilomètres par une série de lagunes étroites, ordinairement peu profondes, insalubres souvent , mais riantes à voir, cette plaine est certainement d'un aspect très agréable.

Voici ce que j'en disais dans mes notes de voyage après l'avoir traversée pour la première fois :

« Cette contrée est splendide. Qu'on imagine une vaste plaine, un sol légèrement mamelonné, recouvert d'une herbe basse et assez épaisse ; parsemé de riches bouquets d'arbres de toutes sortes, dont quelques-uns sont de véritables fourrés affectant toutes les formes; offrant çà et là de belles échappées et de magnifiques points de vue, avec des monticules, des replis de terrain, une crête basse recouverte de bois, une vallée peu profonde où il semble qu'il y a un ruisseau , et par-dessus tout une série de lacs courant sur votre droite, tantôt cachés, tantôt visibles entre les arbres, un immense parc anglais en un mot, mais négligé. Et cela est si vrai, et l'illusion est si complète que, sans y songer, l'on se prend à regarder de divers cotés pour apercevoir le châ-

teau ou la ferme qui doit se cacher derrière ces arbres, ou bien à ce détour de chemin. »

Évidemment ce jour-là, le soleil était radieux et je voyais tout en beau. Mais il faut cependant qu'un coin de terre possède quelques charmes pour inspirer ces sentiments d'admiration. Du reste, je l'ai revu un an après, et j'ai alors navigué sur les lagunes. L'impression produite, pour être moins vive, n'en était pas moins sensiblement la même.

Après avoir franchi cette plaine, et traversé quelques premiers mamelons relativement peu élevés, on arrive enfin, tantôt montant, tantôt descendant, mais sans jamais rencontrer de plaines, aux contreforts très abrupts de la première chaîne côtière, haute de plus de 1000 mètres et couverte d'épaisses forêts. Cette chaîne se continue plus ou moins régulière, depuis Port-Leven au Nord, jusqu'à Fort-Dauphin, l'espace de près de 1200 kilomètres, « tantôt baignant son pied dans la mer, tantôt s'en écartant de quelques milles, mais lui restant toujours parallèle ».

L'impression produite par ces vastes solitudes boisées, que l'on met près de deux jours à traverser et où l'on n'entend que le cri de quelques rares oiseaux, est toute différente de celle produite par la vue des lagunes de Tamatave à Audevoranto, mais elle n'en est pas moins profonde. Les cascades, les torrents, les rochers surplombants, les vallées s' étendant à perte de vue vers l'horizon, la nature a prodigué dans ces montagnes ses scènes

Profil en long du chemin de Tananarive à Andevoranto, par le R. P. Colin

Échelle des distances, 1 : 500.000e. Échelle des hauteurs, 1 : 50.000e.

Ce profil, le premier qui ait été exactement relevé, a demandé à son auteur, six mois d'opérations sur le terrain et 970 observations barométriques. Il faisait l'objet d'u

à l'Académie des Sciences le 5 mars 1894. Il est cependant publié pour la première fois.

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i-oiuiiiiHiii'iiticm du P. CoU:

et

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ce

les plus grandioses, ses points de vue les plus remarquables, toutes ses magnificences.

Puis, parvenu à l'arête supérieure, on descend environ une centaine de mètres dans une zone de forets , et, plus tard, dans un large plateau, celui du Mangoro, que l'on met plusieurs heures à franchir, et l'on s'élève de nouveau de 300 à 400 mètres par des pentes excessivement raides, allant parfois dans le sentier même à 40° et 45° d'inclinaison, jusqu'à la seconde chaîne granitique qui est la ligne de séparation des eaux de Madagascar. Les torrents relativement courts de la partie orientale se jettent dans l'Océan Indien; les rivières au contraire, qui naissent sur le versant Ouest, ont un parcours trois ou quatre fois plus long, et forment de véritables fleuves, tributaires du canal de Mozambique.

Cette seconde chaîne, qui se sépare de la première au sud du massif de la montagne d'Ambre, près de Diego-Suarez, ne s'en écarte jamais beaucoup et suit une direction parallèle, qui est celle de l'axe de l'île. Elle s'épanouit en son centre dans l'immense massif de l'Ankaratra, et les deux chaînes se rejoignent dans la partie méridionale du pays des Betsileo vers 22° 30' de latitude Sud.

Le massif de l'Ankaratra surtout , que l'on peut considérer comme le point central de l'orographie de Madagascar,- est très remarquable, très accidenté, riche en mines et en eaux minérales, et particulièrement sain. Il est dû, comme beaucoup d'autres chaînons transversaux, à des soulèvements

basaltiques et Ton y rencontre des traces d'anciens lacs et de cratères éteints.

C'est là que se trouvent les sommets les plus élevés de l'île , tout particulièrement le Tsiafajavona qui atteint 2650 ou 2680 mètres de hauteur et l'Ankavitra qui en a 2645 ; puis, en allant du Nord au Sud dans le centre de l'Ile : l'Iankiana (lat. 17° 5V 30", long. 44° 57' 30", ait. 2130 mètres) ; le Bity (lat. 20° 6' 10", long. 44° 38' 45", ait. 2260 mètres) ;rAntety (sommet ouest) (lat. 20° 31' 35", long. 44° 50' 55", ait. 1870 mètres); le Vohonala (lat. 20° 46' 45", long. 44° 47' 0", ait. 1800 mètres); le Mahadilolo (lat. 20° 52' 15", long. 44° 44' 50", ait. 1600 mètres"); l'Andranogaga (lat. 21° 4' 0", long. 44° 41' 35", ait. 1520 mètres); l'Ambatotsinjoana (lat. 21° 4' 0", long. 44° 51' 10", ait. 1510 mètres). Il y en a d'autres et en très grand nombre, à peine moins élevés que les précédents. Mais ceux-là suffiront pour donner une idée de cette chaîne centrale, où de telles montagnes se succèdent si rapprochées, à peine à quelques kilomètres de distance parfois, et formant une longue ligne pendant des centaines de lieues.

Après avoir franchi cette immense chaîne, le voyageur commence à descendre vers l'Ouest, mais insensiblement d'abord.

Il doit en effet, pendant près de 120 à 150 kilomètres, parcourir une région montagneuse et encore très tourmentée, moins cependant que celle qui précède immédiatement la première arête faîtière. 11 est alors à une altitude variant de

800 à 1000 mètres. Il arrive ensuite assez rapidement, comme par des échelons successifs, clans une plaine qui n'a guère que 100 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer. Cette plaine, large de 1V0 à 180 kilomètres, est sablonneuse, peu accidentée et sillonnée en tous sens de petits ravins creusés par les eaux. Elle est coupée du Nord au Sud par une étroite chaîne de montagnes large de 5 à 0 milles, le Bemarana, qui s'étend du 16° au 25° parallèle et parcourt la plus grande partie du pays des Bara. Enfin, M. Grandidier nomme deux autres petites chaînes de montagnes, une première qui commence vers le 21° parallèle et, à partir du 22°, forme un vaste plateau avec le Bemarana ; puis une seconde , commençant aussi au 21° parallèle et suivant le V3° de longitude , pour mourir au 23° 30' de latitude.

Le triangle occidental de Madagascar formé par la ligne idéale dont nous parlions au commencement, ou si Ton préfère le Sud-Ouest et le Sud, ont échappé aux bouleversements qui ont- tourmenté d'une manière si extraordinaire le triangle oriental, c'est-à-dire le Nord et l'Est. La masse de montagnes qui couvre le centre de l'île ne s'étend guère au delà du 22°; plus au Sud, jusqu'à la mer, ce sont « de vastes plateaux secondaires légèrement ondulés et coupés de ravins creusés par les eaux avec quelques arbres rabougris , sablonneux, sans eau, arides et presque inhabités. »

Au nord de la baie de Saint-Augustin, ces pla-

teauxse transforment en d'immenses plaines, qui, loin dediminuer. tendentau contraire à augmenter journellement sous la double action des contrecourants ne cessant d'apporter des sables sur le rivage, et des rivières charriant, surtout pendant la saison des pluies, les terres arrachées aux montagnes de l'intérieur et comblant peu à peu les estuaires et les diverses baies de la côte. Enfin le centre de l'île , c'est-à-dire l'immense plateau central ou plus exactement l'amas de montagnes ordinairement ainsi nommé, est entièrement dépouillé d'arbres.

Telle est l'idée générale, mais exacte, du système orographique et de l'apparence de Madagascar. On est loin , on le voit , d'une arête centrale unique, avec ses ramifications régulières à l'Orient et à l'Occident ; loin aussi des affirmations vagues et fantaisistes d'Elisée Reclus.

En résumé, il y a deux arêtes faîtières, partant toutes les deux du cap Leven, se séparant ensuite au 13° parallèle pour se rejoindre au-dessus du 22°.

Le Sud et le Sud-Ouest sont occupés par des plateaux sablonneux, de 300 à 400 mètres d'altitude sans autres grands accidents de terrain que trois petites chaînes se rejoignant vers le 22°. L'Ouest, enfin, se compose de très vastes plaines. Le centre est complètement montagneux.

Un pays aussi montagneux que Madagascar doit être très arrosé. Il l'est en effet , et il n'y a peut-être pas de contrée au inonde qui soit traversée par tant de cours d'eau. Chaque vallon a son ruisseau, chaque plaine sa rivière ou son fleuve, sans compter les lagunes de la côte Est et les nombreux petits lacs que l'on rencontre un peu partout.

La grande chaîne faitière, qui forme la ligne de partage des eaux , est beaucoup plus rapprochée de l'Est que de l'Ouest , à une distance approximative de 70 kilomètres de l'Océan Indien ; d'où, par suite, le versant oriental ne renferme probablement pas en étendue le quart de Madagascar. Il est sillonné par une foule de cours d'eau très sinueux, de petits torrents qui descendent des montagnes , se heurtant contre les rochers qui hérissent leurs lits , formant des chutes ou de riantes cascades , mais d'un faible parcours. Pendant la saison sèche, les eaux de ces cours d'eau, n'ayant pas la force de se frayer un chemin à travers le sable apporté par le ressac dé l'océan , se répandent dans les lagunes qui bordent le rivage, et parfois empruntent l'estuaire d'une autre rivière pour se rendre à la mer.

Rivières de l'Est. — Les principales rivières sont en allant du Nord au Sud :

1° V Antanambalana , le Tingbale des anciens auteurs, qui court auprès du rivage et se jette dans le port Louquez, après s'être grossi d'un certain nombre de tributaires;

2° Le Mananarà du Nord, au Sud du précédent, dans la baie Andravina;

3° V Antanambolana, à l'entrée de l'immense baie d'Antongil, et

4° Plus bas, dans la baie qui porte son nom, le Mananarà ;

5° Sortant du lac Aloatro , au pays des Antsihanaka, le Manangoro ;

6° Vlvoloina et Y Ivondrona , de peu d'importance en eux-mêmes, mais qui enserrent Tamatave au Nord et au Sud.

7° Ularoka, la rivière d'Andevoranto, que l'on remonte en pirogue, pendant cinq ou sixheures, en allant à Maromby, et son tributaire le Ranolahy ;

8° Le Mangoro, le plus grand cours d'eau de tout le versant oriental, qui, après avoir parcouru du Nord au Sud le long plateau du même nom, tourne brusquement à l'Est au Nord du 20° parallèle , traverse au milieu de gorges abruptes la première arête faîtière, et se jette dans la mer au Sud de Mahanoro.

Un instant, on avait espéré pouvoir s'en servir comme d'une voie de pénétration militaire dans l'Imerina. Si par lui, en effet, on avait pu arriver jusqu'à Moramanga, au delà de la forêt, le plus

difficile eût été fait. Une ou deux marches suffisaient pour franchir les monts de l'Ankay, et Flmerina était conquise. Mais ce chemin a été reconnu absolument impraticable, pire encore que celui d'Andevoranto, par les explorateurs Roland, Foucard et Iribe, et par M. Ranchot.

9° Viennent ensuite le Mananjary qui se jette à la mer au-dessous du 21° près de Masindrano. C'est là qu'aboutissent deux chemins se dirigeant, l'un vers Tananarive et l'autre vers Fianarantsoa.

10° LeMa?)iorona, le Faraony et le Màtitanana, qui traversent de riches vallées, très peuplées et remplies de nombreux villages.

Le Matitanana a une très belle et très remarquable cascade. Il se jette à la mer, tout près de Mangatsiaotra, d'où part un chemin vers Fianarantsoa et le canal de Mozambique.

11° Le Mananaradu Sud, le second fleuve, après le Mangoro, de la côte orientale, dont l'embouchure se trouve non loin du fort hova de Vangaindrano.

Tels sont les principaux torrents ou rivières du versant oriental. Deux seulement méritent le nom rie fleuves : le Mangoro et le Mananara du Sud. Quelques-uns peuvent être remontés en pirogue pendant plusieurs heures; puis leur cours est interrompu par des rapides et des cascades absolument impraticables; il semble même probable qu'on ne pourra jamais les utiliser, si ce n'est comme chutes d'eau et force motrice.

Mais ils sont vraiment beaux, frais, limpides, clairs comme du cristal, sur leur lit de granit, au milieu de leurs méandres sans fin , dans les mille dédales de la forêt. Ils reçoivent tous un nombre très considérable de petits tributaires qu'il est impossible de passer en revue , tellement ils sont nombreux et insignifiants.

Rivières du Sud. — Il n'y a rien à dire des rivières de la côte Sud et Sud-Ouest, depuis Fort- Dauphin jusqu'à Saint-Augustin, sinon que la plupart d'entre celles qui sont marquées sur les cartes en caractères très visibles , ne sont que des torrents complètement à sec, pendant une grande partie de l'année. Toute cette région est très aride et souvent privée d'eau. Les habitants en sont réduits à s'en passer complètement pendant des mois ,, et l'eau qu'ils obtiennent n'est guère qu'une boue épaisse recueillie en creusant des trous dans le sable pour y ramasser les suintements du sol environnant.

Citons donc pour mémoire :

1° La rivière de Fort-Dauphin, le Fanjahira, la célèbre Fanshère des récits de Flacourt.

2° Le Mandrere et un peu plus loin le Manambovo.

Fleuves de l'Ouest. — La côte occidentale au contraire, est arrosée par plusieurs cours d'eau dont quelques-uns méritent le nom de fleuves. Nous signalerons, parmi les principaux, Y Onilahy, la Fierenana, le Mangoky, la Maitampaky et le Monclava, le Tsiribihina, le Manambolo, le Maran-

jaray, le Betsiboka, le Mahajamba et le Sofia, le Manangarivo, le Sambirano et une infinité d'autres moins importants, surtout vers la côte Nord- Ouest, dans cet amoncellement de baies et de promontoires montueux qui la composent.

1° VOnilahy, ou rivière de Saint -Augustin, coule d'abord du Nord au Sud, puis fait presque un angle droit de l'Est à l'Ouest, à peu près à égale distance entre le 22° et le 2)3° parallèle. Sa partie supérieure n'est pas connue ; elle parcourt alors le pays des Bara, tandis que dans son cours inférieur, elle arrose la contrée habitée par les Antanosy émigrés.

Elle n'est pas navigable.

2° La Fierenana est ainsi nommée du royaume Sakalave de ce nom, qu'elle traverse.

3° Le Mangoky , appelé aussi autrefois rivière Saint-Vincent, est un des plus grands fleuves de Madagascar. Un certain nombre de ses tributaires, dont le Matsiatra et la Manantanana sont les principaux, drainent et arrosent tout le pays des Betsilco; les autres, le Tsimandao, l'Ihosy, etc., traversent la région Ouest et Nord du pays des Bara, et se rapprochent ainsi des sources de l'Onilahy. Le Mangoky n'est pas navigable. Il se dirige, une fois grossi de ses affluents, vers l'ouest, et se jette dans le canal de Mozambique entre 21° 20', et 21° 30' latitude sud, par un vaste delta dont la pointe externe porte le nom de Cap Saint- Vincent.

4° La Maitampaky et le Mondava. C'est de leur

embouchure que partent les deux itinéraires suivis en 1869 par M. Grandidier.

5° Le Tsiribihina est considérable et très important, et probablement appelé à un rôle considérable dans l'exploitation du pays.

Il se jette dans le canal de Mozambique par cinq branches formant delta, vers 19° VTlat. Sud, et atteint près d'un kilomètre de largeur (900m) avant son embouchure. Ses rives, plus ou moins boisées, sont très fertiles et assez habitées.

Il est formé, à peu près à 80 kilomètres de l'Océan, par la réunion du Mahajilo et du Betsiriry qui plus haut s'appelle la Mania. Le premier reçoit une masse d'eau considérable par d'innombrables ruisseaux ou rivières qui descendent des flancs de l'Ankaratra. Le plus important, ]e Kitsamby, vient du cœur même du massif, et par son tributaire, le Sakay, communique avec le lac Itasy, se rapprochant ainsi du bassin de l'Ikopa. Le Betsiriry, par la Mania, recueille les eaux de la partie méridionale de l'Ankaratra et du Nord du pays des Betsileo. Il est navigable pour les canots, ainsi que le Mahajilo que Ton peut remonter jusqu'à 43° W. On aurait donc pu avoir, pour une expédition, si on les avait mieux connus, dans le Tsiribihina et son affluent le Mahajilo, une très bonne route de pénétration au centre même de l'île, c'està-dire au Sud de l'Imerina. Et cela, d'autant mieux que si l'on s'en rapporte à une étude publiée dans les Annales de géographie par un voyageur, ce fleuve présente une particularité

remarquable et n'existant nulle part ailleurs à Madagascar. La dernière chaîne de montagnes qu'il doit traverser, forme en effet barrage naturel, et ses eaux, dans la saison des pluies, se répandent dans les plaines supérieures de telle manière que son débit reste à peu près constant pendant Tannée.

G0 Le Manambolo est moins important que le Tsiribihina, et beaucoup moins considérable. Il prend sa source vers la limite occidentale de l'Imerina par le 19° lat. Sud, coule d'abord au Nord, puis à l'Ouest jusqu'à Ankavadra, et ensuite au S.-S.-O., formant ainsi un arc très ouvert; enfin, tournant brusquement à l'Ouest et traversant le Nord du Menabe, il se jette dans l'Océan près de Mafaidrano par 19° 1' 45".

7° Le Betùboka est sans contredit, sinon le plus considérable, certainement le plus important des fleuves de Madagascar. C'est le fleuve de Majunga, port déjà fréquenté, et appelé dans un temps prochain à un grand avenir. C'est par là, en effet, que va se faire l'expédition française, par là probablement aussi que s'établira le premier chemin de fer de l'intérieur de l'île et que passera dorénavant le transit vers ïananarive. Le Betsiboka, quoique son lit s'ensable facilement et que son cours soit très rapide, excepté aux points où remonte la marée, est cependant navigable jusqu'à son confluent avec l'Ikopa, et même au delà pour des chaloupes et des chalands d'un faible tirant d'eau.

C'est sur ses rives enfin et dans le vaste espace

compris entre lui et son grand affluent l'Ikopa , que se trouve la concession Suberbie et cette circonstance a puissamment contribué à donner une importance toute nouvelle à ces deux fleuves, en y amenant un flux considérable d'immigrants qui peuplaient rapidement, avant la guerre, une contrée, naguère encore presque complètement déserte.

Le Betsiboka et son affluent l'Ikopa prennent tous les deux naissance, le premier dans la partie septentrionale, le second à peu près vers le centre de l'Imerina, tout près l'un de Vautre, et dans les mêmes montagnes. Ils s'éloignent ensuite, coulant à peu près parallèlement dans la même direction N.-O. et enserrant entre leurs lits une vaste ellipse, pour se joindre au-dessous de Mevatanana. Ils ont l'un et l'autre près de 600 kilomètres, et l'Ikopa forme à la descente du plateau de l'Imerina les chutes de tous points remarquables, de Farahantsana.

8°- Le Mahajamba et le Sofia se jettent tous les deux, par une embouchure presque commune, dans la partie orientale de la grande baie de Mahajamba. Leur volume d'eau est considérable, et ils viennent tous les deux de- la grande chaîne faîtière, le premier du pays des Antsihanaka, et le second plus au Nord. Ils courent, le Mahajamba dans la direction N.-O. à peu près comme le Betsiboka, et le Sofia sensiblement de l'Est à l'Ouest.

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