RES RE
AVANT-PROPOS XV comprendra que nous ne nous y arrètions point davantage. Nous en avons dit assez toutefois pour qu'on sente en quel anachronisme on tomberait, si l’on prétendait juger de la compétence économique de Louis XIV d’après nos idées modernes, c’est-à-dire si partant de ses aspirations vers le beau, le grand, l'idéal, le majestueux, dont on a fait la faculté maitresse de son génie, on en concluait qu'il dût forcément manquer de cet'e aptitude aux caleuls terre à terre et de ces vues positives, qui constituent de nos Jours la marque distinctive de léconomiste,
Au xvi°, au xvu et même dans la première moitié du xvure siècle, tout cela au contraire allait très bien de pair chez la même personne, surtout si cette personne était un grand homme d’État ou un grand roi.
Cela étant, ne serait-il pas de prime abord incompréhensible qu'il en eût été autrement pour Louis XIV, le monarque de France chez qui l'idée de l'État atteignit le plus de hauteur, et celui dont la soif de gloire, ou en d’autres termes le besoin d'argent, fut tellement insatiable, qu'il s'en suivit des malheurs sans nombre pour son peuple.
Certes nous sommes les premiers à reconnaitre qu'au regard des esprits prévenus, une seule chose peut ressortir de ce qui précède, c’est que Louis XIV n'aurait peut-être pas été en matière économique aussi incompétent qu'on à pu Je croire jusqu'ici, et