‹ Madagascar sous Louis XIVChapitre 9 sur 49 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

Aussi, les eût-on bien fait rire, si lon se fût avisé de leur demander de pratiquer les axiomes dont nous sommes si fiers aujourd'hui, du « laissez-faire » et du « laissez-passer », ete., à moins, bien entendu. que leur pays, c’est-à-dire eux-mêmes, n'eussent dû y trouver leur compte ; ou si l’on eût essayé de leur insinuer, qu'ils étaient simplement à la tête de leur pays pour faire le bonheur individuel de chacun de leurs sujets.

Ils n'avaient devant les yeux et dans lesprit qu'un seul objectif, l'État et la grandeur de l'État. Pour l'État et la grandeur de l'État, rien ne leur aurait coûté, comme rien ne leur coûtait. C'était uniquement à cause de l'État et de la grandeur de l'État qu'ils voulaient leur royaume riche. Et si, pour que leur royaume fût riche, ils étaient gens à imaginer des combinaisons ou des expédients dont lingéniosité nous dépasse aujourd’hui, c’est parce que largent, selon lexpression favorite du temps, étant le nerf de la guerre, plus leur royaume serait riche, plus l'État serait à même d'entreprendre de grandes choses et de les mener à bonne fin.

Dans ces conditions, nous laissons à deviner quelles merveilleuses facultés d'ordre économique de pareils mobiles et un semblable excitant devaient nécessairement faire naître ou développer en eux.

Ne traitant qu'incidemment cette question, on

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