AVANT-PROPOS XI
absolument égale entre les produits nationaux et ceux de l'étranger, quand bien même les produits de ee dernier devraient l'emporter et qu'il dût s’ensuivre la ruine complète de la production du pays.
La conviction des hommes imbus de cette doctrine est tellement entière sur ce point, que lorsqu'on les pressent trop sur Îles résultats désastreux que la concurrence extérieure est quelquefois susceptible d'entrainer.ils ripostent par une réponse toute prête : affirmant avec une assurance inébranlable qu'au point de vue économique tous les individus quels qu'ils soient et tous les peuples se valent, et que tout finit à un moment donné par s’équilibrer; c’est-à-dire qu'en abandonnant un pays à la concurrence internationale, 1l arrive toujours une heure où le mal que cette concurrence a pu lui porter est fatalement réparé.
En principe, pour eux, jamais donc de protection de quelque nom qu'elle se couvre ; elle ne saurait être qu'un expédient contre nature, qu'une prime et un encouragement à l'esprit de paresse et de routine, qu'un empêchement au progrès.
Si le désir d’être bref n’a pas obscurei notre pensée, tels sont en résumé les deux courants d'idées entre lesquels de nos jours se partage la science, pour ce qui a trait au rôle de PÉtat dans le domaine économique.
Or, pour en revenir maintenant à Louis XIV, une chose indiscutable est qu'aucune de ces deux manières de voir n'aurait été conforme aux idées qui