AVANT-PROPOS XIII
pour un propriétare intelligent, c'est-à-dire un capital qu’il fallait travailler à rendre le plus productif possible et dont, sans porter dommage au fond, on devait chercher à retirer le plus possible de revenus.
“Or, il était admis alors par toute la science que, du moment où le commerce et l'industrie gagnaient en prospérité dans un pays et qu'aucun homme n'y manquait d'ouvrage, c'était, pour employer le vocable actuellement en usage, les « facultés » de ce pays augmentant, les impôts rentrant mieux, devenant moins lourds, pouvant être surélevés sans faire crier davantage le contribuable ; et par conséquent, la possibilité pour l'État ou le roi d’entretenirde plus nombreuses troupes, et en politique, le moyen pour lui de faire plus grande figure au dehors et d'y Jouer un rôle plus prépondérant.
De là le nom d'économie politique donné à ce moment à la science économique, et qu'en dépit de leurs définitions laborieuses, les économistes du xix° siècle n'ont jamais pu faire concorder avec l’objet que, dans leurs théories, ils attribuent de nos jours à cette dernière. À cette époque, 1l n’y avait pas de désignation qui pût mieux lui convenir, vu qu'en réalité la science économique était alors inséparable de la politique proprement dite, et qu’elle en formait même la branche principale.
On conçoit après cela les déterminatifs dont les rois et les grands politiques d'avant le xvin® siècle étaient travaillés, lorsque l’histoire nous les dépeint s'intéressant au plus haut degré à tout ce qui était de nature à développer le commerce et l’industrie.