ACTE DEUXIEME
MORNANG, se levant.
Oui... mais le réveil triste.
MARIE, troublée.
Voyons, dites-moi bien que tout cela n'est qu'une plaisanterie.
MORNANG.
Ah! si vous vouliez!... (lui parlante l'oreille.) Nous pourrions être si heureux! si heureux!
MARIE
Mais vous me parlez de l'amour comme d'un pays que je ne connaîtrais pas, je suis mariée.
MORNANG.
Non... vous confondez. Dans le mariage on rencontre peut-être le bonheur. ;Moi, je vous parle de l'amour.
MARIE
L'amour ce n'est donc pas le bonheur?
MORNANG.
Non, c'est l'imprévu, c'est le tourment, parfois... c'est la crainte du danger aussi... c'est la sensation du précipice côtoyé où peut vous jeter la moindre imprudence, mais c'est la joie, c'est l'ivresse, (il s'est retourné vivement pour voir s'ils sont bien seuls, et prenant les mains de Marie qu'il embrasse fiévreusement.) Je vous adore! (un temps. — L'orchestre attaque une valse. — Avec ennui.) Et maintenant, il faut que j'aille faire danser votre sœur.
Il sort, en esquissant à Marie comme un baiser.