ACTE DEUXIÈiME
Il fait quelques pas dans la pièce. Georges entre le sourire aux lèvres et, allant à Henri, lui frappe sur l'épaule.
GEORGES
Mon ami... je viens t'annoncer une bonne nouvelle !
HENRI
Quoi ?
GEORGES
Mornang vient de déclarer à ta femme qu'il l'adorait.
HENRI, bondissant.
Tu l'as entendu ?
GEORGES. '
En plein I J'étais là-bas, derrière une porte. Ils ont passé sans me voir, en tournant, et il lui a lancé la phrase juste comme il était en face de moi. Je l'ai reçue, comme si elle était à mon adresse.
HENRI
Le misérable I
Eh bien 1 Eh bien I Qu'est-ce que c'est? Tu n'es pas content ?
HENRI
Ah I ne te moque pas I Je commence à en avoir assez de cette folie...
GEORGES
Une folie?... Quand tout est pour le mieux... Et quand cette situation, qui pouvait encore traîner
des semaines... et des mois, aboutit tout de suite avec une rapidité inespérée... ta femme étant maintenant au point où il s'agissait de l'amener.
HENRI
Oh! je m'embrouille, moi, dans toutes tes subtilités ! Je ne vois qu'une chose, c'est que, sur ton conseil, je sais en train de me conduire avec ma femme comme un gredin ou un imbécile... J'emploie pour la ramener à moi, des moyens indignes... et le résultat, tu le vois, cet homme ose lui dire qu'il l'aime î
GEORGES
Parfaitement.
HENRI
Et il ne lui a pas dit cela tout à coup et à brûlepourpoint, tu penses bien !
GEORGES
Oui...
C'est qu'il a jugé que c'était le moment.
GEORGES
Justement.
HENRI
Je te disque j'en ai assez! J'ai peur maintenant, qu'est-ce que tu veux? J'ai peur !
GEORGES
Voyons ! voyons ! C'est quand tu vas abattre neuf que tu passes la main. Allons, du sang-froid 1
HENRI
Mais si son cœur est déjà pris à elle?