ANTONIN, GABRIELLE
lAntonin, en redingote, rosette d'officier, est debout devant son bureau et range des papiers dans sa serviette. Gabrielle ment de prendre deux vases remplis de fleurs qui se trouvent sur la cheminée et les tend à Gertrude, qui attend, les prend et sort avec)
ANïOMN, qui vient de tourner la tête au même moment. Tiens! Où fais-tu donc porter ces fleurs?
GABRIELLE
Chez Marthe. Figure-toi que j'avais complètement oublié d'en orner sa chambre. Je me suis aperçue de ça tout à l'heure, en y entrant avec elle.
ANïOMN, venant à Gabrielle.
Avoue que tu es contente de l'avoir ici avec toi, pendant quelques jours, cette chère Marthe 1
GABRIELLE
Dame! Depuis deux ans que nous ne nous étions vues!
ANTONi.N, songeur.
Deux ans, c'est vrai! Comme le temps passe vite (//
a pris Gabrielle par la taille et l'embrasse sur le front.) quand on est heureux!
GABRIELLE. souriaute.
Alors, si elle était arrivée à l'improvisle, comme la dernière fois... et si lu t'étais encore trouvé tout seul à la maison pour la recevoir... qu'est-ce que tu lui aurais dit?
ANTO.NLN
Pas toute la vérité. Le bonheur a besoin de mystère et de discrétion. C'est ce qui lui sert d'excuse, en quelque sorte. (// retourne à la table et achève le classement des papiers dans sa serviette.) Ça m'ennuie d'être obligé de sortir ce soir, juste quand Marthe vient d'arriver. Ça aurait été si gentil de bavarder tous les trois! Ce sacré Minislre avait bien besoin de me convoquer justement...
GABRIELLE
Ne te plains pas. Avant de parler à la Chambre sur une question qu'il ne connaît pas, il te consulte, toi qui la connais. Je trouve ça louable.
ANTOMN, revenant à Gabrielle.
Et rare. Et puis, c'est TalTaire d'une soirée, somme toute. Ça vous donnera le temps à Marthe et à toi de déblatérer un peu sur mon compte.
Sois-en sûr.