ACTE II, SCÈNE I
GABRIELLE
A.M'u.MN, souriant.
Oh! tu vas avoir à subir un de ces interrogatoires!
GABRIELLE
C'est probable.
AMOMN, un doigt sur sa bouche.
Dis donc. N'oublie pas que tu n'es pas au confessionnal. Il y a pourtant des choses que... même à l'amie la plus intime...
GABRIELLE, Viant.
Tu es bêle î
ANTOMN
Non. C'est très sérieux. Dieu sait si je dois de la reconnaissance à Marthe! Notre bonheur est son ouvrage. Mais est-il bien nécessaire qu'elle en connaisse toute l'étendue? (// a amené Gabrielte contre lui et tout en lui caressant les cheveux.) C'est que, vois-tu, ma chérie, si peu expert, si naïf même que je sois sur les choses de l'amour, je me figure que la passion que nous éprouvons l'un pour l'autre est au-dessus de la moyenne.
GABRIELLE, à VOIX bassc, elle a mis cdlinement sa joue contre celle d'Antonin.
Oui. C'est fou.
ANTONIN
Oui, fou, positivement. (// embrasse longuement Gabrielle. Celle-ci semble défaillir.) Qu'est-ce que tu as?
GABRIELLE. coïfime en extase.
Rien. Je t'aime. {Elle avance les lèvres comme pour un second baiser, puis se recule brusquement et se dégage des bras d'Antonin.) Non. Pense donc! Marthe n'aurait qu'à entrer!
ANTONIN
Tu as raison; elle n'y comprendrait rien. Si fort qu'elle ait aimé son mari autrefois, elle n'a pas dû connaître ces baisers-là. [Un temps.) Il n'y a pas si longtemps que je les connais d'ailleurs...
GABRIELLE
Depuis que jai appris à t'aimer.
ANTOMN
Sans reproche, il t'a fallu des mois. Rappelle-toi les premiers jours qui ont suivi notre réconciliation. Sans doute, tu t'appliquais à me rendre heureux... tu recevais mes caresses... tu paraissais l'intéresser à i»es travaux. Mais ce n'était pas ça! Trop de docilité, trop d'application presque. Tu avais plutôt l'air de faire un pensum!
GABRIELLE, nervcuse.
Quelle manie tu as de toujours revenir sur le passé! Mais puisqu'il est mort, ce passé, mort et enterré! Tu entends. Je ne veux plus qu'il soit question de ça! {Elle s'exaspère.) Ah! arracher tous ces mauvais rêves de ma mémoire!
ANTONIN
Mais voyons, Gabrielle, c'est insensé! Tout est relatif, en ce monde. Les comparaisons sont nécessaires... Et ce sont justement mes angoisses passées qui me permettent