‹ Madame AgnèsChapitre 8 sur 189 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRI

PROSPER

Mais, ce que tu m'as dit d'aller voir... la salle de bal sous les marronniers.

HENRI

Ah ! oui, c'est vrai, (a sarah, qui vient de mettre son manteau et son ciiapeau.) Voulez-vous permettre, chère madame, que je vous reconduise jusqu'à la grille?

SARAH

Non, ne prenez pas cette peine. Restez avec votre ami.

AGNÈS, à Henri.

Oui, tenez compagnie à M. Prosper, c'est mui qui irai reconduire madame Jackson.

HENRI, à Affnès.

Comme vous voudrez, (a sarali, à haute voix.) Madame... (Bas.) A ce soir.

SARAH, à Henri, haut.

Cher monsieur... (a prosper.) Monsieur!

PROSPER

Madame...

Sarah sort accompaî?née par Agnès. Henri la suit du regard, d'un air héat.

SCÈXE IV

PR 0 S P E R, seul, pais HENRI.

PROSPER, à part.

Beaucoup de montant, cette Américaine.. Si j'en crois certains indices, Henri...

HENRI, à part.

Agnès n'a rien vu. (a. prosper, lui frappant sur l'épaule.) Eh bien ! mon vieil ami, causons un peu maintenant. Voilà longtemps que nous ne nous étions retrouvés tout de même.

Je crois bien,, plus de trois ans...

HENRI

Oui, je me rappelle. . Un soir, nous soupions à la Maison d'Or avec Léon, Georg-es, Henri et les trois petites sœurs Guilbert. Tout à coup, tu nous dis : Ah ! mes amis!... si vous saviez, connue je la trouve bête, cette vie de Paris... Aus?i... j'en ai assez., je m'en vais.— Et où vas-tu ?... — En Orient. — El tu pars? — Demain.

Et pendant trois ans j'ai voyagé.

HENRI

El qu'est-ce que tu as rapporté de tes voyages?

PROSI'ER.

Des rhumatismes.

ACTK l'RKMIER \o

HENRI

Parfait. Te voici maintenant un excellent parti, offrant les meilleures garanties de stabilité conjugale!... j'ai justement ton affaire.

PROSPER

Merci, je ne tiens pas à me marier.

Bah ! on commence toujours par dire ça... et puis... on se laisse faire ; ainsi, moi.. .

PROSPER

Oui, j'avoue que la nouvelle de ton mariage m'a profondément étonné.

HENRI

Et moi donc !

PROSPER

Mais, tu ne regrettes rien au moins ?

HENRI

J'adore ma femme, mon ami !

PROSPER

C'a été un roman, alors i*

HENRI

Presque.

PROSPER

Mais comment c'a a-t- 1 commencé?

HENRI. Il lire un étui à cigarettes de sa poche, en offre à Prosper et famé.

Quelque chose comme six mois après ton départ, j'eus la bonne chance d'hériter d'un mien parent décédé à Tours et qui me laissait une grosse partie de sa

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fortune. Mon notaire m'avait dit : « l'atraire est mal engagée et prête à contestations... Une certaine madame des Chalumeltes se trouve héritière au même titre que vous... et èssaj^e de faire casser le testament. 11 se pourrait qu'elle eût gain de cause... Allez donc là-bas. Voyez votre adversaire... et tâchez de vous entendre à l'amiable, ça vaudra mieux. » Je partis donc pour Tours. Là je fus amené à connaître mon ennemie... chantant.

Oai m'reçoit d'une façon chunnauto.

Une belle femme de 4i ans, étourdie comme une linotte, un peu exaltée, ayant été deux fois mariée... d'abord, toute jeune, à un colonel de hussards mort général... ensuite à un Président de Cour. — tu vois l'antithèse, — et veuve pour la seconde fois. — Nature énergique et dominatrice (cùlé du général), l'esprit tenace et un peu retors, (cùlé du président)... Mais, au demeurant, une créature pleine de cœur et qui, pour arranger les choses et concilier nos intérêts réciproques, m'offrit la main de sa lille ainée, Agnès.

PROSPEll.

Celle du général ?

HENRI

Oui... Elle n'avait pas le choix d'ailleurs : la seconde : Charlotte, celle du Président, était encore au couvent.

PROSPER

Et tu répondis ?

HENRI

Par une fin de non recevoir d'abord... mais que veux-tu ? Quand les femmes tiennent à une idée... et, cette fois, j'avais en plus contre moi l'armée et la magistrature. Pendant un grand mois ce fut un assaut

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