‹ Madame Aubert, drame en quatre actes, en proseChapitre 26 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BERTIN

Il ne m’est pas possible de vous répondre.

GEORGES

Mais faites-moi juge au moins de cette impossibilité .. Allons monsieur, parlez ! (Panse.) Où sont-ils, mes parents ?

BERTIN, toujours pins embarrassé et avec prière.

Georges! ne me demandez pas...

GEORGES, violemment.

Que je ne vous demande pas où sont mes vrais parents, quand je vais perdre les seuls que j’aie eus jusqu’ici I... Où voulez-vous donc que j’aille, moi, pauvrecœur repoussé... laissez-moi chercher quelqu’un qui m’aime 1 puisque vous ne m'aimez plus. (Bertin prend les deox mains de Georges tendues vers lai, et l'attirant à lui, il l’embrasse. Georges reprend.) Ai-je encore mon père?

BERTIN, avec une tristesse grave, en le regardant en face.

Non !

11 est mort?

Oui.

GEORGES

BERTIN

GEORGES

Et ma mère ? (Sileuce pénible de Bertin, Georges reprend avec force.) Oh ! elle vit, monsieur, elle vit 1 je le vois bien ! vous n’en êtes pas en cemomentà me ménager la peine... et vous reculez devant un mensonge... Ma mère existe. (A lui-même avec joie en respirant longuement.) J’ai ma mère ! (a Bénin.) Monsieur, je veux la voir.

BERTIN

Georges, mon devoir me défendait de vous rien dire, mais vous avez su faire parler mon silence, et déjà vous savez... ce que...

GEORGES

Je ne vous entends pas, monsieur, pardon I mais j’ai besoin de voir ma mère, et je veux...

BER TIN

Georges, pour vous... votre mère est morte.

GEORGES

Morte pour moi t (A loi-même.) Quand une femme est morte pour son enfant, pour qui donc peut-elle vivre encore? (a Berlin.) Est-ce qu’elle ne m’aime pas, ma mère ?

BERTIN, ne pouvant réprimer an geste qai exprime l'odoration.

Oh I... Mais...

GEORGES, brusquement.

Jé suis l’enfant d’une faute, n’est-ce pas?

BERTIN, hésitant.

D’une faute... oui...

GEORGES, d’nn ton ferme et digne.

Je me suis habitué à penser, monsieur, que dans de pareilles fautes le vrai coupable, c'est l’homme. Mais comme il n’appartient point à l’enfant de se faire jamais le juge de ses parents, j’aurais respecté mon père... vous m’avez dit qu’il était mort !... Ma mère me reste, du moins... c’est mon devoir de la plaindre et de l’aimer 1 Monsieur, je veux voir ma mère... où est-elle ?...

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