‹ Madame Aubert, drame en quatre actes, en proseChapitre 38 sur 88 · LE MARQUIS, ARMAND, RUFFIN · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, ARMAND, RUFFIN

ARMAND, gatment.

Bonjour, mon père.

LE MA RQUIS.

Bonjour, Armand, (il loi tend la main. Armand la serre et, s’approchant du marquis, il met sur son front un baiser plein d'effusion. Buflln enlive le plateau sur lequel se trouve le déjeuner et le placo au fond à droite sur le bnffet.) Oh! oh! comme nous sommes tendre, ce matin!... Yeux-tu déjeuner ? Tu mangeras des œufs : les œufs sont fort à la mode ici ! mais on les mange... sans sel, M. Ruffin a perdu la salière.

RUFFIN, apportant le thé.

. M. le marquis veut dire que je l’ai « donnée. »

ARMAND

Merci, j’ai déjeuné en ville.

Ah ! j’y dînerai, moi... Assieds-toi donc, Georges. Eh bien ! où en es-tu avec ma jolie petite Jeanne î hier, as-tu un peu avancé tes affaires ?

ARMAND

Hier ! j’ai reculé d’un grand pas».

LE MARQUIS

Bah 1 par quelle aventure ?

ARMAND, «"asseyant.

Écoutez, mon père. Vous avez voulu, pour m’assurer l’avenir, vous avez voulu... vous, et tout le monde, et le temps où nous sommes, et ma propre faiblesse I... que je fisse un mariage d’argent.

LE MARQUIS

Dam !

ARMAND

Et vous m’avez fait porter mes hommages à une riche héritière, une fille unique, mademoiselle Bertin.

Eh bien ?

ARMAND

Je me suis laissé persuader, j’ai offert mes hommages, j’ai même voulu aimer Jeanne... Impossible I...

LE MARQUIS

Impossible 1 Une fille charmante ! tu ris !

ARMAND

Il faut bien vous l'avouer, j’aime ailleurs.

LE MARQUIS

Qu’est-ce que ça fait!... Non ! non ! Je veux dire... je veux dire, de qui diable as-tu été t'affoler comme ça, juste à -point pour manquer un mariage acceptable ?

ARMAND

J’aime la fille de votre ancien ami, M. de Preuves, que vous ne voyez plus. Fille unique, elle aussi I mais d’un père qui s’est ruiné en voulant l’enrichir, et qu’elle nourrit aujourd’hui en faisant de la peinture sur porcelaine.

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