PREMIÈRE PARTIE
fille en levant sur lui le plus doux regard de ses yeux.
— Rancune? — répéta interrogativement le garçon, qui n’était pas assez mal appris pour trop laisser voir un mouvement d’humeur, mais qui eût donné beaucoup pour n'étre pas ainsi arrêté. — Rancune?... à cause de quoi, demoiselle ?
— Oh! de rien, de rien du tout, » répliqua la gracieuse enfant avec un joli geste de tête, qui sembla jeter loin tout souvenir des choses auxquelles elle venait de faire allusion ; puis elle cria, en entraînant Simon au rang des couples qui, à travers le pré, reprenaient le chemin de la maison : « Allons, allons vite! »
Et Simon, doucement tyrannisé par Annette, dut se résigner à être son danseur inséparable. Il fallut qu’il écoutât, sans trop d’indifférence, babiller cette charmante bergeronnette ; qu’il sourît à son caquet plein de sourires, sinon elle lui disait :
« Vous êtes triste, et j’en veux savoir la cause.
— Oh ! non, répliquait Simon, vous vous trompez, demoiselle.
— Eh ben ! soyez donc à prendre du plaisir. »
Alors il s’efforçait d’être « à prendre du plaisir, » car
Annette, plus et mieux que tout autre, pouvait faire des réflexions sur lui à propos de Madeleine, et il voulait lui en interdire tous les prétextes.
L’on avait dansé assez de quadrilles pour que la dégringolade, du père Mentel, dont les yeux s’étaient