‹ Madame ClaudeChapitre 30 sur 84 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Il»

— 'Ah ! » fit le galant, qui n’eut pas à s’applaudir du succès de sa tentative, et qui retomba dans son silence.

Si Vincent éprouvait de l’embarras en sa position, ce n’était pas non plus sans ennui que, de son côté, Annette subissait une compagnie aussi peu intéri»sante. Elle eût sans doute préféré le bras de son grand-père à la liberté d’aller seule à la main du jeune homme. La promenade promettait d’être fort monotone. Toutefois, après quelques allées et venues, ils arrivèrent auprès d’une grande tonte, à l’intérieur de laquelle bruissait un crin-crin, et d’où s’échappait un brouhaha fort animé.

« C’est ici qu’on tient le bal, dit Vincent, y voülezvous entrer, demoiselle? ^

— Oh! je veux bien! » répliqua vivement la folâtre enfant, pour qui la danse était le premier des plaisirs.

Ils entrèrent.

« Tiens! dit Annette, c’est le père Mentel qui est sur le tonneau. Tant mieux! jô serai au moins sûre de connaître les danses jouées. »

]j‘ père Mentel travaillait là pour le compte d’un cabarctier du pays, qui l’avait engagé à forfait, et qui rentrait dans scs déboursés par le profit réalisé sur la consommation, et par un droit sur chaque danse.

Installés au quadrille, les jeunes gens furent pendant toute l’après-dînée les plus obstinés des danseurs. Encouragé par la gaieté d’Annette, Vincent quitta un peu sa timidité, mais l’audace qu’il acquit

MA1>AMB CLAUUK,

n’alla pas au delà de quelques propos fort insignifiants dans la bouche d’un futur.

Comme la nuit tombait, M. Claude et le père Frossard, qui étaient jusqu’alors demeurés à parlementer, songèrent à rejoindre leurs enfants. Ils les trouvèrent sautant à 'pleine joie, et semblant les meilleurs amis du monde. Ils en conclurent que nulle opposition ne serait mise par les parties contractantes à l’union dont ils venaient d’édifier les bases. . > , .

Vers neuf heures seulement il fut question de se séparer. L’on revint à l’auberge, où l’on trinqua de nouveau, Le^ Frossard attelèrent. Le Brunot fut harnaché, mais Annette seule se mit en selle, car la nuit était noire, et M. Claude devait aller à pied pour guider la monture. L’on partit, suivant le même chemin jusqu’à une certaine distance. Enfin, à une bifurcation, les uns prirent au levant, les autres au nord ; et bientôt chacun des deux compères put interroger son enfant sur ses impressions de la journée.

Vincent n’attendit pas les questions pour déclarer qu’Annette lui semblait pleine de belles qualités, et qu’il serait heureux d’épouser une aussi charmante personne. . •

Les Frossard rentrèrent donc chez eux fort satisfaits de leur voyage.

De l’autre côté, ce fut M. Claude qui entama la conversation.

« Eh ben 1 fillette, nous sommes-nous bien divertie?

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