TROISIÈME PARTIE
lions, qu’une solution à tous les problèmes : l’appui de sa petite grand’mère.
La résolution de Simon était formelle, quoiqu’elle eût été prise fort inopinément. A l'aube, il se leva, sortit, et revint bientôt avec uii jeune homme qu’il présenta, pour lui succéder, à l’agrément de M. Claude.
« C’est bien, dit celui-ci ; je sais que ce garçon est un bon travailleur, et je consens à le prendre. Il peut venir dans huit jours, mais à la place de l’Africain, et non pas à la tienne; car il se pourra bien faire que nous nous entendions nous deux d’ici là ; tandis qu’avec François, c’est un compte réglé. ■
— Tenez toujours pour dit que je m’en vas, repartit Simon, en se rendant au travail.
— Bon ! bon ! fit le vieillard, en regardant venir son autre valet, à qui il déclara sérieusement l’intention qu’il avait de le voir déguerpir de la maison.
— S’il faut déguerpir, on déguerpira !. répliqua l’Africain ; dans la huitaine, je partirai. Mais, ajoutat-il entre ses dents, l’autre aussi, et pour des raisons plus graves que les miennes. Ce qui est différé n’est pas perdu. »
Et il s’éloigna en fredonnant :
Je suis t’un vaillant consent De l’an mil huit cent dix-huit...
Deux points embarrassaient les réflexions de M. Claude : devait-il retenir ou laisser aller' Simon?
Pourquoi, la veille, François avait-il joué ce vilain tour?
Quoiqu’il n’y eût plus à faire planer aucun soup- -çon sur la conduite de Simon, il ne s’ensuivait pas que ces soupçons ne dussent jamais être justifiés ; et, en tout cas, le plus sage parti à prendre serait d’écarter les causes de danger. Sans doute, le jeune homme offrait belle l’occasion d’accepter son congé... Mais ■' le monde ! que dirait le monde ? Ce n’était pas * M. Claude qui fenvoyait Simon,' mais Simon qui demandait à quitter son maître, et tout d’un coup, brusquement, à propos d’une aventure qui allait deve- . nir la fable universelle du pays. — Il fallait mûrement . peser ces considérations.
Le matin, comme Annette cherchait à prendre à part Madeleine, pour tâcher d’obtenir cet entretien qui ne pouvait plus être différé, mais qu’elle ne savait trop comment demander, elle la trouva causant avec M. Claude.
Voyant venir la jeune fille, les époux s’interrompirent, et; après que chacun d’eux lui eut donné un baiser:
(t Ferhme, dit le grand-père, la journée est belle;