TROISIÈME PARTIE
l’intention de sortir; car en ce moment, plus encore que jamais, il redoutait le tête-à-tête; Pourtant, comme il ne voulait pas avoir l’air de fuir malhonnêtement devant elle, il alla vers le dressoir, prit un des petits livres de prières qu’on y pose d’habitude, le tourna dans ses mains, l’ouvrit, le remit en place, puis regarda l’heure à l’horloge... reprit le livre, et resta machinalement à le feuilleter.
Madeleine allait, venait dans la salle, feignant de ' chercher un objet qu’elle n’eût pas" su désigner, et se torturant pour trouver la première parole à dire au jeune homme. Deux ou trois fois, en une minute, elle crut avoir rencontré la formule bonne de cette dilficile apostrophe; mais toujours elle la rejetait, et retombait dans son mutisme embarrassant. Son dessein pourtant était bien arrêté. Si l’aspect de Simon l’avait d’abord intimidée, elle avait dominé cette émotion, et se sentait le courage de la situation. Elle allait enfin parler; il étaittemps d’ailleurs, carSimon s’approchait du seuil. Mais au moment où la première articulation s’échappait de ses lèvres, son regard rencontra celui du jeune homme, et sa hardiesse fut vaincue. Elle resta interdite.
Simon éprouva de son côté un certain embarras, et, pour sauver un peu la difficulté de sa contenance, il chercha en hâte quelque propos à tenir.v.ïout naturellement il trouva cette question.: ,
« Qu’a-t-elle donc la demoiselle? Dites; notre maîtresse. Je l’ai vue pleurant tout à l’heure; que lui a-t-on fait?. » ' -,
Sans contredit l’occasion était belle pour Madeleine. Simon ouvrait à l’entretien la voie la plus favorable, et avec un peu d’adresse elle devait trouver sans peine à placer tous les arguments efficaces, si elle les avait eus en réserve. Mais le premier échec l’avait déconcertée; pour la rendre totalement incapable de rassembler ses idées, il suffisait qu’elle entendît la voix de Simon.
«Ce qu’on lui a fait! balbutia-t-elle, c’est qu’on parle de la marier.
— Ah! » fit Simon avec une espèce d’étonnement machinal qui trompa Madeleine en lui laissant sup- , poser qu’il prenait intérêt à cette nouvelle. Mais Simon s’en tenait, lui, à son semblant de surprise, et ne paraissait pas disposé à continuer se» questions.
Elle ajouta : « Et il arrive que le garçon qu’on lui propose n’est pas à sa convenance.
— Pauvre demoiselle! je la plains bien, répliqua Simon dont la pitié était d’aussi faux aloi que l’étonnement : mais alors, qu’elle le refuse. Elle est assez riche et jolie pour ne pas manquer de bons parti.s, au.ssi bons peut-être que celui dont elle s’afflige, — quoique, bien assurément, ce ne soit pas un pauvre gueux qui s’est avisé de la demander en mariage, oh! mon Dieu, non! » .•
Simon, comme on dit vulgairement, parlait pour parler, sans attacher à ses paroles d’autre importance que celle de les faire servir à s’esquiver .sans trop d’inconvenance ; et cependant il faisait de plus en plus
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TROlSliiME PARTIE.
favorable la partie à Madeleine. Mais celle-ci se trouvait tout-à fait hors d’état de .saisir cet avantage, car loin déjà était l’instant de la résolution irréfléchie; et le sentiment de dignité qu’elle possédait au plus haut degré reprenait ses droits à mesure que les réponses de Simon lui rendaient la tâche plus facile. Sa réplique toute dictée devait être celle-ci : « Croyez-vous donc qu’Annette ne puisse aimer qu’un garçon riche? >i C’eût été une première révélation pour Simon. 11 eût sans doute répliqué : « Je ne dis pas cela, mais la famille s’arrangerait-elle de ce choix? » Alors Madeleine aurait ajouté avec un ton de mystère fort significatif : a Bah! la famille! s’il arrivait qu’Annette se trouvât ’ prise d’amour pour quelqu’un qui ne fût pas ihdiffé- . rent... et la chose pourrait bien arriver... on ne sait pas... » Et Simon, qui n’était pas plus sot qu’un autre, aurait eu de quoi penser beaucoup. Peut-être eût-il deviné.
Ainsi se fussent pas.sées les choses avec une messagère tant soit peu habile et résolue. Mais Madeleine n’était nen moins que rusée et courageuse : la ruse lui faisait originairement défaut; le courage, elle venait de le perdre. Au lieu de pousser l’entretien sur cette pente toute naturelle, — et qui devait le conduire au but, — émue, intimidée, elle le fit dévier, perdant ainsi tout le terrain gagné,
« C’est donc bien vrai que vous êtes décidé à ne plus demeurer ici? demanda-t-elle..
— Oui, » répondit le jeune homme, qui, cette fois . se
MADAME CEAUDR.
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débarrassa subitement de son indifTérence pour fixer sur Madeleine un regard plein de questions. .
« Oui! » répéta-t-il, en voyant qu’elle hésitàit à continuer l’entretien ; et H attendit, avec une impatience visible, avec une de ces attitudes piessantes comme une torture infligée. Tenue sous ce regard, dominée par ce silence impérieux, Madeleine regretta son imprudente demande; elle eût voulu fuir, disparaître, mourir même ; car elle comprenait bien la faute , qu’elle venait de commettre. Ce n’était plus maintenant l’interprète, la grand’mèrc d’Annette qui se trouvait en face de Simon, c’était la jeune femme aimée, parlant ou semblant parler pour elle-même; c’était l’amante osant exprimer une crainte, un regret, une peine. Ce n’était plus M“® Claude devant le valet de son mari, • c’était Madeleine devant son timant, devant son fiancé, pour ainsi dire. Elle concevait cela comme l’on conçoit le péril quand tout à coup on se trouve côtoyant on abîme; mais, comme auprès'de l’abîme, elle éprouva le vertige du péril; Sans trop savoir ce qu’elle disait, ét par la raison simple qu’elle devait dire quelque chose pour obéir à la volonté irrésistible de son interlocuteur : ■ .
« Vous nous quittez, Simon? reprit-elle. Pourquoi?
— Pourquoi? » répéta Simon qui, au comble de l’étonnement, se demandait si c’était bien Madeleine qu’il entendait lui faire une telle question; car cette question n’était pas faîte banalement, avec indifTérence : Madeleine, qui l’avait articulée, se tenait devant
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lui, troublée, rougissante, confuse. Il oublia dès lors, et la résorVe qù’il s’était promis d’observer, et la loi du silence qu’il avait toujours regardée comme inviolable; il posa une main sur les mains croisées de Madeleine, et, d’un accent qu’il ne lui avait jamais fait entendre ; ^
« Vous me demandez pourquoi je veux m’en aller? . dit-il. Ah! Madeleine!.,. » ■
Un geste dé Madeleine l’interrompit. Déjà la jeune femme avait frémi quand la main de Simon avait touché les siennes ; elle sembla sortir d’un profond égarement, en s’entendant familièrement àppeler d’un nom que Simon n’avait pas le droit d’employer comme il venait de le faire. Rendue tout entière à sa dignité par ce châtiment d’un instant de» faiblesse, qui semblait avoir racheté sa faute, elle releva fièrement le front, repoussa la main du jeune homme, et dit, en tenant fixés sur lui des regards ou rie se lisait plus que l’indignâtion : ' '
« A qui donc croyez-vous parler?...
— Moi! moi!... balbutia Simon aussi déconcerté par la révolte soudaine de M“® Claude qu’affligé par l’idée qu’elle se considérait comme outragée... Oh! pardonnez-moi, notre maîtresse; je çuis un fou, un mauvais cœur... C’est sans penser... sans vouloir... que... croyez bien... »
Il se perdait dans ses excuses mal formulées quand le loquet de la porte, vivement agité, annonça l’arrivée d'un tiers. Instinctivement, au premier bruit,
MADAMK CLAUÜR.
les deux interlocuteurs ne songèrent qu’à ne rien laisser comprendre de ce qui s’était passé entre eux.
Madeleine, tournant le dos à Simon, marcha vers un escalier qui était au fond de la salle, et qui conduisait à l’étage supérieur. Simon feignit de se trouver pi ôt à sortir au moment où l’on ouvrit la porte, et se rencontra face à face avec M. Claude. Le vieillard n’aurait sans doute ni pris garde à cette rencontre, ni remarqué le visage bouleversé de Simon, si, en même temps, ne se fût montrée à lui l’espèce de fuite, d’aifleurs très-évidente, de Madeleine.
Simon passa sans rien dire devant M. Claude.
« Qu’est-ce que cela signifie ? que faisaient-ils là? » pensa l’époux de Madeleine, dont le visage s’assombrit.
Après un moment d’hésitation, ou plutôt après avoir donné à son esprit farouche le temps d’atteindre à la plus pénible irritation, il se lança, en quelque sorte, à la poursuite de Madeleine.
Annette, restée dans l’une des chambres du premier étage, attendait, pleine d’anxiété, le retour de sa petite grand’mère. Reconnaissant le bruit de son pas, elle alla vers le seuil pour la recevoir. Sans pourtant
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TIUIISI UNI H l’.VUTl lî.
so douter que M. Claude marchât derrière elle, Madeleine, agitée, éperdue, se hâtait et semblait chercher un refuge où elle pût cacher son émotion, sa rougeur.
((.Oh! ma chérie! ma chérie! » s’écria-t-elle quand elle aperi^.ut Annette. — Et, prenant la jeune fille par la maii>, elle l’entraîna dans la chambre, dont elle poussa la porte après elle. Tremblante, enfiévrée, elle serrait dans ses bras Annette, se pressait contre elle avec des mouvements d'elTroi...
Annette, qu'i ne s’expliquait pas cette agitation, fit asseoir Madeleine, et s’assit auprès d’elle. Alors Madeleine lui prit les deux mains, les porta derrière son cou, comme pour s’enfermer d’elle-même dans un cercle protecteur, et répéta, en couvrant de baisers le front de la jeune fille : ^
<( O ma chérie, ma chérie!... si tu savais! » — « Si tu savais! » disait-elle. Qu’allait-elle lui révéler? — ■ «lie l’ignorait. Aussi, quand Annette lui demanda ce qu’elle avait, ce qui était arrivé :
((Oh! rien, rien!... » répliqua Madeleine effrayée, et du souvenir de la chose passée, et de la crainte f[u’Annette en fût instruite. Quel motif donnerait-elle donc de cette alarme? Aucun; elle n'en avait pas; il lui était impossible d’en trouver, d’en chercher même. Annette se perdait en suppositions désastreuses.
La porte s’ouvrit : M. Claude parut. Les deux femmes se levèrent interdites. Le vieillard, arrêté au seuil, fixa sur elle ses yeux perçants, affauvis par une terrible inquiétude, et, d’une voix dure :
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MAÙAMK CLAUDIi.
« 0«’est-ce, donc que vous avez, vous autres? » demanda-t-il.
Madeleine n’eut pas la force de répondre.
« Nous? fit Annette, un peu moins intimidée. ^
— Oui ! vous.
— Eh bien ! mais, dit la jeune fille, rien : un petit ennui que je contais à ma mère Madeleine.
— Quel ennui?»
Annette, ignorant ce qui venait de se passer, était mal à môme de soutenir l’interrogatoire. Madeleine le comprit, et rassembla tout son courage pour tâcher de répondre :
« Je vas vous l’expliquer franchement, dit-elle, c’est de son mariage qu’il s’agit.
— De son mariage !
— Oui ; vous le savez aussi bien que moi, vos pro-
jets l’affligent, la font pleurer. L’épouseur que vous lui > destinez ne semble point à son gré. Bonne ou mauvaise, c’est son idée. Elle me la disait ; je la consolais »
I Madeleine s’embarrassait en voulaat tourner la situation, et les explications qu’elle donnait ne satisfaisaient point M. Claude, qui ne pouvait être dupe de cette pauvre subtilité. Avec son emportement habituel, il amena brusquement la question au point où il voulait qu'elle fût placée.
« N’étiez-vous^ point là-bas avec Simon? demanda- ‘ , t-il à Madeleine.
— Oui, répliqua la jeune femme, qui ne pouvait mentir, et à qui vinrent des terreurs grandes.
TKOISriî.ME PARTIE.
— Vous parliez ensemble?
— Oui, fit-elle encore.
— Et que disiez-vous donc de si triste, pour que je l’aie vu sortir, lui, tout affligé, et que je vous voie, vous, toute désolée aussi ? »
Madeleine ne savait trop comment satisfaire à cette menaçante curiosité. Elle se taisait; et son silence ne faisait qu’accroître la colère de M. Claude.
(1 Écoutez, grand-père, je vas vous conter la chose,» dit tout à coup Annette, qui vint vers lui, s’attacha doucement à son bras, et prit une de ces charmantes mines caressantes toujours si pleines de pouvoir sur le cœur du vieillard. Cette fois cependant, il semblait échapper à la douce influence, et ne prêter nulle attention à la tentative de sa petite-fille. Il dardait sur Madeleine son regard scrutateur, et puisait dans le trouble de la jeune femme tousdes éléments de fureur que son âme violente était capable d’accepter.
■ Mais, par la question que le grand-père venait de faire, Annette croyait avoir compris ce que Madeleine n’avait pu lui expliquer.
Simon était sorti tout a/fligé donc, Madeleine avait triomphé de son indifférence en lui parlant d’Annette; l’alarme de Madeleine s’expliquait par l’arrivée subite de M. Claude ; si maintenant elle hésitait dans ses réponses, c’était qu’elle craignait de compromettre les intérêts d’Annette après les avoir si courageusement défendus ; donc, Madeleine venait de se dévouer pour Annette. Annette se dit ; à mon tour de la défendre, dé
MADAMK CLAUDE.
la tirer du mauvais pas où .elle s’est jetée pour moi. Et Annette insista auprès du vieillard avec la fermeté que lui inspirait l’alTection et la reconnaissance.
« Je vous dis, grand-père, répéta-t-elle, que je vas tout vous apprendre, que je sais tout, vu que c’est moi , qui en suis cause.
— Toi ! » fit le vieillard, en jetant sur sa petite-fille un regard qui semblait dire : Allons donc ! Mais c’était un commencement d’attention gagné. Elle continua :
. « Oui! moi; et pourquoi pas? Ne suis-je donc pas assez grande pour ça? dit-elle en trouvant un frais sourire pour aiguiser son argument. Vous faites fi de mes propos, comme on ferait de ceu.x d’une morveuse. 'Cc n’est pas bien, ça, grand-père, pas bien du tout, entendez-vous. Tournez-vous vers moi, et écoutez-moi. Pourquoi avez-vous ces gros yeux et cette figure mauvaise. Hou ! le méchant T »
M. Claude regarda encore Annette, qui accueillit ce regard par une petite moue si moqueuse, si tristement jolie, si naïvement effrontée qu’elle eût désarmé une légion de colères. La jeune fille avait subitement conçu tant de joie, en supposant le résultat obtenu par Madeleine, que d’amante dé.solée elle était redevenue l’enfant mutine, enjouée, espiègle,, c’est-à-dire l’être à qui il est permis de badiner avec lés choses graves, d’aborder sans gêne les questions les plus délicates; enfin, de toucher à tout impunément, en risquant au plus d’encourir une petite gronderie. Tel était l’avantage que la félicité du succès venait de lui donner, et
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dont elle s’empressait de profiter. Elle avait réussi à distraire on peu M. Claude de sa préoccupation fixe. Préoccupation dont elle était bien loin de soupçonner la cause réelle-, car, à la seule idée de la vérité, il lui fût venu peut-être autant d’inquiétude qu’à son grandpère. Elle était au contraire si loin d’admettre cette possibilité que, cherchant un moyen extrême pour porter le dernier coup à l’humeur tenace du vieillard, elle ne crut pôuvoir trouver rien de mieux comme extravagance, comme ridicule, que de s’écrier, avec cet accent de singulière simplicité que prennent les enfants pour traiter une question au-dessus de leur âge:
« On penserait, ma foi, grand-père, que vous avez jalousie au cœur concernant ma petite grand’mère Madeleine!
— Mon Dieu! de quoi va-t-elle parler? » pensa Madeleine, qin frémit.
Mais Annette ajouta, en accompagnant ses paroles d’un large et franc rire, tout plein d’incrédulité, et capable d’effaroucher les plus sombres soupçons :
« Et encore avec Simon pour sujet! Ah! ah! ah! grand-père, voilà qui e.st vilain! voilà qui n’est pas séant à vous! »
Puis, allant vers Madeleine, et lui entourant la taille d’un de ses bras, et ne riant plus, et regardant son grand-père avec une belle et candide fierté :
« Ah ! grand-père, dit-elle encore, soupçonner de telles choses de ma chère grand’mère Madeleine, qui
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est sage comme les anges, et de Simon, qui est un garçon brave comme on n’en trouve point! C’est une action que vous ne faites pas. Non, grand-père; je le sais, je le dis ; ou vous seriez un homme non raisonnable et mal pensant; car si vous y pensiez, vous n’oseriez pas continuer à garder une pareille idée, quand ça ne serait que pour votre honneur, que vous oublieriez ainsi vous-même »
M. Claude écoutait avec grande surprise parler sa petite-fille. Pour la première fois, il l’entendait raisonner sur de semblables sujets ; pour la première fois, elle paraissait instruite de l’amour et de la jalousie. L’étonnement qu’il éprouvait de cette espèce de révélation, et l’appel qu’Annette 'venait défaire à l’honneur l’avaient rendu à. lui-même. U sentait encore le besoin d’être éclairé sur les causes du trouble de Simon et de Madeleine, mais il n’osait plus persévérer ^ en ses défiances. Madeleine était hors d’accusation, Annette triomphait.
(1 Pourtant, dit le vieillard devenu, comme on dit dans le langage politique, plus parlementaire, je voudrais savoir
— Vous saurez tout, repartit Annette, qui revint vers lui, et ajouta, en cherdiant à l’entraîner : je vas tout vous apprendre ; mais venez.
— Où? demanda-t-il.
Là-bas avec moi, « dit la jeune fille, qui se pencha mystérieusement à l’oreille de son grand-père pour dire encore :