‹ Madame ClaudeChapitre 56 sur 84 · IV · texte numérisé non relu

IV

A l’aube,, et comme Biganche allait .se lever pour se rendre avec les brebis au pacage , — où il comptait bien emporter Bricot, — il entendit quelqu’un monter à la grange : c’était Annette.

« Déjà sur pied, demoiselle ?

— C’est que je ne me suis point couchée. J’ai veillé mon grand-père, avec ma mère, ma petite grand’mèn* et la Lison.

— Et comment va-t-il, M. Claude?

— Toujours comme hier; il ne peut ni remuer ses

membres, ni parler. Je crois bien que le médecin aura dit vrai , et que nous allons garder mon pauvre grand-père ainsi infirme. C’est bien triste, va,.Biganche I

■ — J’en ai grand chagrin pour, vous, .demoiselle.

— Et ton Bricpt, comment est-il ?

— Oh! il a trembloté et gémi toute la nuit. C’est* je pense, la fièvre de sa plaie. Ce matjn, il est plus calme ; je vas l’emporter avec moi , je le coucherai au soleil : ça lui fera du bien.

— L’emporter I es-tu fou ? ce serait le moyen de le rendre plus malade.

— Je ne peux cependant pas le laisser là seul , toute la journée, sans qu’on s’occupe de lui.

— C’est justement pour te dire de n’être point en peine que je suis venue. Laisse-le là tranquille , bien chaudement, et n’aie pas crainte que je l’oublie. Je viendrai le voir plutôt deux fois qu’une. Je lui donnerai à boire, à manger, s’il le faut. Ce soir, quand tu reviendras, nous enlèverons son bandage pour Je rafraîchir. Et tu verras qu’il sera bientôt remis. »

Annette, en parlant, s’était baissée sur le chien, qu’elle caressait, et qui la regardait de manière à faire croire qu’il la comprenait. Biganche ne savait comment traduire le vif sentiment de reconnaissance qui alBuait de plus en plus dans son cœur.

«Oh! demoiselle, disait-il, qu’est-ce donc que je pourrais faire pour vous payer de tant de bonté ? Vous n’avez qu’à commander, qu’à vouloir. » Tout d’un

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