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qu’il chassa 'devant; lui en frappant de son bâton sur le do^ et à travers les jambas des innocentes bêtes, qui certes, elles non plus, n’en pouvaient mais. Lui si doux, si pacifique d’ordinaire, les brutalisa à ce point d’estropier presque un pauvre agneau, qui, dopant par suite du coup reçu, ne put dès lors plus suivre le troupeau, ((Ah ! qu’il reste ! qu’il crève ! » s’écria d’abord- Biganche, en fièvre de méchanceté, battant plus fort les autres, compe pour s’étourdir par un surcroît de barbarie.
Mais l’agneau pleurait en traînant son petit pas douloureux, et la mère, qu’écartait en vain le bâton de Biganche, bêlait pour le supplier de la laisser auprès de son enfant.
C’en fut assez pour rappeler à lui ce méchant frais émoulu. '
« Allons, viens, toi, pleurard, que je te porte! » dit-il, en prenant l’agneau sur ses bras. ' , , ,
La brebis le regardait faire, et bêlait à lui d’un air de reconnaissance. ,
« C’est bon! c’est bon! laisse-nous tranquilles, toi, n dit le berger, honteux d’être remercié pour la réparation d’un mal qu’il av^it causé. « En route, voyons, lestement! »
En effet, l’on se remit en route ; mais cette fois dans l’ordre suivant : le gros du troupeau d’abord, ensuite Biganche portant l’agneau, enfin la mère brebis marchant sur les talons de Biganche, aussi fidèlemeqt qu’aurait pu le faire Bricot.
Le berger s'en alla ainsi jusqu’au pacage, sans rien dire, ni à voix liante, ni en soir sans même, je crois, avoir une pensée, tant un moment d’aigreur, de cruauté, l’avait mis hors de lui, et l’avait laissé rompu, abasourdi , accablé.
Arrivé à l’endroit où le troupeau devait séjonrner,
et après avoir posé l’agneaü, que la mère emmena en
le léchant, il s’assit contre une saillie de rocher, et resta pendant un quart d’heure au moins plongé dans la même torpeur.
/ Enfin, et comme s’il eût été pris d’un transport :
« Biganche! s’écria-t-il avec explosion, en se dressant et en arrachant son bonnet de lisières, , qu’il jeta violemment par terre, Biganche, tu n’es qu*un mauvais ! qu’un gueux ! qu’un vilain homme ! Regarde la jolie besogne que tu as faite en moins de temps que rien : cette brave fdle qui se désole; cette pauvre bestiole qui tire la jambe en marchant ! Que t’avaient-ils fait, ceux-là, pour les malmener ainsi f... hein?,,, dis... cœur de loup!... Oh! je sais bien; on t’a dérangé un ''moment de ta fainéantise pour te donner un tout petit tracas. Voyez-vous ça ? le beau malheur ! pauvre M. Biganche, il en fera une maladie, bien sûr. Allez donc vite quérir le médecin, ou, sans ça, je ne réponds pas de lui !' Ce. cher mignon, pliez-le dans du coton !
• lui et sa paresse... Oui, — ajouta-t-il d’une voix courroucée, implacablè, — oui, morbleu ! pliez-les-y tous
• deux, et étoulTez-les, et qu’on n’én parle plus 1 — et