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en passant chez un vieux forgeron taillandier, ferreur de bœufs, dont la boutique servait, surtout le soir, de rendez-vous aux désœuvrés. 11 apportait au vénérable batteur de fer, soit un soc de charrue à épointer, soit une faucille trop douce à retremper; ou bien achetait chez lui quelques menues ferrailles utiles dans la ferme. Cela sans doute du conseil de son père, pour faire d'une pierre deux coups, et rendre matériellement profitable le temps perdu aux futilités des fréquentations amoureuses.
Il va sans dire que les habitués de la forge savaient le sujet des visites quotidiennes que faisait Vincent, et n'ignoraient pas les bruits relatifs aux affaires des Fargeot. Or, tel ou tel de ces habitués ne put se défendre de mettre, comme on dit, la puce à l’oreille du jeune homme, — indirectement bien entendu , et par manière de lui témoigner de la sympathie.
En recevant ces avis, Vincent ne conçut qu’une crainte, celle de voir quelque malencontreux événement lui enlever une promise qu'il trouvait charmante. Quand, le jeudi soir, il entra chez son futur grandpère, il y avait un quart d’heure au plus que Jean Fargeot, chassé par Madeleine, en était sorti. L’émotion se voyait encore sur tous les visages. 11 n’osa cependant pas en demander la cause. Le lendemain, il trouva le père Jivret installé chez sa fille, et remarqua l’absence de Jean Fargeot. De toutes ces choses qui l’inquiétaient, l’alarmaient, il avait soin de ne rien rapporter ù la maison paternelle.