‹ Madame ClaudeChapitre 80 sur 84 · C I N QU I Ù M K P A R V I K · texte numérisé non relu

C I N QU I Ù M K P A R V I K

ment à regarder les nuages de sa pipe s’engoulTrer dans le tirant d’air de la cheminée. Mieux que personne cependant il était au courant de tout ce qui se passait.

.« Si donc la mesure est adoptée, reprit M. Charbouin, nous allons prier la famille de rentrer, et devant elle, en même temps que devant vous, je ferai connaître les voies légales à suivre pour arriver à la conclusion de cette affaire, d’ailleurs fort rudimentaire. — Qu’en pensez-vous? hein?

. — Oui ! oui! c’est ça, »' dirent les uns elles autres' Un des créanciers frappa sur l’épaule de Biganche, et lui commanda d’avertir ses maîtres.

Le pâtre exécuta automatiquement cet ordre; puis, la famille rentrée, il se hâta de retourner à sa place — et à sa pipe. ' ^

L’huissier se moucha, ouvrit sa tabatière, y plongea deux doigts qu’il ramena chaînés de poudre noire, introduisit la poudre dans ses narines, secoua ses doigts et son devant de chemise, remit la tabatière dans la poche de son gilet, et s’exprima lentement, méthodiquement, en ces termes :

a Madame Fargeot, je suis chargé de vous transmet-

tre le résultat de la délibération qui a eu lieu, laquelle conclut à la nécessité inévitable de vendre les biens meubles et immeubles dont le produit peut seul acquitter les dettes contractées par votre mari, aujourd’hui en état d’incapacité administrative. Or, comment se fera, et en vertu de quel principe, la vente de ces biens? Ou les créanciers requerront jugement, saisie et licitation des susdits biens ; et, la vente étant effectuée, répartition juridique sera faite au prorata des titres de chacun des susdits créanciers... Toutefois, je note qu’avant de procéder à aucune répartition, prélèvement légal sera fait de votre apport dotal, reconnu par contrat, en revendication duquel apport dotal vous aurez dûment érigé demande en temps et formes prescrits...

. — Pardon, monsieur Charbouin, interrompit le père Jivret; mais en réponse à ce que vous venez de dire, je vous fais savoir que ma fille, dans l’intention de garder sauf l’honneur de son mari, renonce à l’apport qui lui a été reconnu. Elle en signera l’acte quand on voudra... »

Une rumeur très-favorable accueillit cette déclaration.

« Soit! fit l’huissier, qui n’était pas homme à se laisser attendrir par un trait, selon lui, dépourvu de toute logique. — Je néglige ce point, et je reprends ; Ou les créanciers feront vendre judiciairement, ou le soin d’une liquidation sera laissée à une personne, élue par un conseil de famille, et ayant qualité de

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