MADAME DE MIRAMION DISTRIBUTRICE DES AUMÔNES DU ROI
I. Sa dernière entrevue avec son ravisseur. — Portrait d'elle à cinquante-cinq ans. — II. Elle fonde une maison de retraite. — Mort de M. de Caumartin. — III. Révocation de ledit de Nantes et rigueurs contre les protestants. — IV. Mrae de Miramion passe trois mois à l'hôpital général. — Mort de M,le de Lamoignon. — V. Ouverture de la maison de retraite. — VI. Le quiétisme et Mme Guyon. — Représentation d' Est/ter à Saint- Cyr.
« Toute sa vie n'a été qu'un acte de foi envers Rien, et un acte de charité envers son prochain.
(M'»c DE MONTAGU.)
11 y avait trente-six ans que M,ne de Miramion avait été enlevée, et pas une fois, pendant un si grand nombre d'années, son ravisseur, H. de Bussy , n'avait osé se retrouver en sa présence.
(( Cependant il eut besoin délit4, après tant d'années, à l'occasion d'un procès considérable dans lequel se trouvait engagée une grande partie de si fortune, et dont M. le président de Xesmond était juge, Craignant le tort que pouvait lui faire dans
l'esprit du gendre le souvenir de l'attentat qu'il avait commis sur la belle-mère, il eut l'idée de s'adresser à elle-même pour intercéder en sa faveur.
« M. de Bussy savait que son ami l'abbé de Choisy était cousin de Mme de Miramion. Il obtint par son entremise qu'elle lui permît d'avoir avec elle un entretien particulier. A la fin de l'année 1684, M. de Bussy fut donc admis en présence de celle qui avait été l'objet d'un des plus étranges événements de sa vie ; événement dont la mémoire, malgré le laps des années, n'avait cessé de lui être présente et douloureuse.
« Au lieu de cette jeune beauté au regard doux et mélancolique , à la taille svelte et légère , revêtue de soie et de dentelles, dont il avait été à Saint-Cloucl le ravisseur, il vit une femme forte, la tête enveloppée d'une grande coiffe, couverte d'une simple robe de laine noire, avec une large collerette de batiste non plissée tombant sur ses épaules, et sur sa poitrine une croix suspendue à une petite tresse de cheveux ; c'étaient ceux de sa fille. Les yeux de Mme de Miramion avaient encore conservé de l'éclat, et les agréments de son visage n'avaient pas entièrement disparu sous l'embonpoint d'un triple menton : l'expression de ses traits, son maintien, son costume, tout en elle était dans une parfaite harmonie; tout contribuait à exprimer l'absence des passions, la modération dans les désirs, et cette satisfaction intérieure, ce bonheur tranquille et doux que pro-
curent une conscience pure et la pratique des vertus.
k C'était dans toute sa personne un calme si profond, qu'il semblait que jamais aucune joie n'avait exalté son âme, qu'aucun chagrin n'avait contristé son cœur. M. de Bussy en fut si singulièrement frappé, qu'il resta comme interdit à son aspect. Mais il fut bientôt rassuré par le ton bienveillant avec lequel elle lui dit de s'asseoir, et l'empressement quelle mit à le prier de lui faire connaître le motif qui l'amenait près d'elle. Après que M. de Bussy eut donné le détail de son affaire et démontré avec clarté et évidence son bon droit, M"16 de Miramion lui répondit qu'elle lui promettait de parler à son gendre, et de tâcher de le rendre favorable à sa cause. Le jugement suivit de près ses promesses, et M. de Bussy gagna son procès1. »
Le portrait que nous donnons en tète de cet ouvrage, et qui a été fait d'après une peinture originale de de Troy% et l'excellente gravure qu'en a laissée Edelink', représente M1"0 de Miramion à peu près a l'époque où cette entrevue eut lieu, et telle que la \it M. de Bussy, dans son austère costume de supérieure des filles de Sainte-Geneviève.
En examinant ce portrait, et surtout le tableau de de Troy, où se distingue mieux tout ce que le temps
• Mémoirei touchant la vie et les écrits de Mmc de Sévigné . par le banm Walckenaer, édition de 1S-ir>, p. 124, t. I. 2 Conservée au château de Marsay, en Poitou. ■' Publiée avec U \i«' <l«' M""' de Miramion , par Choisi
avait épargné de la beauté de Mme de Miramion : son sourire aimable et plein de bonté, la fraîcheur de son teint et l'éclat de ses yeux, on peut encore aujourd'hui se faire une idée du vertueux empire qu'elle exerçait sur tous ceux qui l'approchaient.
Sans doute ce n'était plus la belle veuve qu'avait enlevée Bussy ; la jeunesse avait disparu , mais la femme était restée, possédant encore « ce charme de la physionomie qui plaît quelquefois plus que la beauté même, et cette séduction, qui tient aux manières, à la démarche, à la grâce répandue dans toute la personne : heureux dons, que l'âge respecte plus longtemps1. »
« On ne résistait pas en face à sa charité, » dit naïvement Choisy; et en effet, à toutes les époques de sa vie, ses sollicitations, ses prières et ses démarches pour les pauvres ont été accueillies avec la même faveur. Nous savons cependant qu'elle ne se lassait jamais de demander, et que sa charité ne reculait devant aucun sacrifice, son dévouement devant aucune difficulté. C'est uniquement à cette cause, on le devine, qu'il faut attribuer cette phrase qu'aurait écrite Mme de Maintenon dans un moment d'humeur contre sa bienfaisante amie : Mme de Miramion a un zèle indiscret**. Mais il est juste aussi de dire qu'à ce moment, la fortune de Mme Scarron, devenue gouvernante des enfants du roi, com-
i' De Noailles.
2 Lettres de ilfme de Maintenon , par Lavallée.
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mençait. Louis XIV, en récompense du soin qu'elle avait pris de l'éducation et de la santé du duc du Maine, venait de lui donner le nom et la terre de Maintenon, et la nouvelle marquise réparait à grands trais son château.
Plus tard, quand M,ne de Maintenon sera parvenue au comble de la grandeur r, quand elle occupera cette place dont M11" de Se vigne disait : « La place de Mme de Maintenon est unique dans le monde, il n\ en a jamais eu et il n'y en aura jamais de pareille, » nous verrons sa générosité et sa bienfaisance dépasser encore sa fortune, et elle se plaindra au contraire de la discrétion de Mme de Miramion envers elle. Car dans tous les temps, la charité fut un des premiers besoins de Mrae de Maintenon. s Ma place, a -t- elle dit elle-même, a bien des côtés fâcheux; mais elle me procure le plaisir de donner. »
Il y a dans l'existence de M"1" de Miramion deux choses qui se manifestent toujours parallèlement : l'action de Dieu qui la mène, et son obéissance parfaite à tous les desseins de la Providence sur elle. Ces deux choses, après avoir été le principe de toutes ses actions, resteront l'apologie de toute sa vie. En voici une nouvelle application :
1 Son mariage Secret avec Louis XIV.
En l(58o, elle entendit dire autour d'elle, que le révérend père de Valois1, après avoir fait en Normandie des essais de retraites pour les hommes qui avaient produit les plus heureux résultats, allait ouvrir à Paris une maison spéciale pour ces exercices. L'utilité que pourraient avoir des retraites semblables pour les femmes la frappa, et elle conçut aussitôt le projet de faire chez elle, pour son sexe, ce qu'on allait faire chez les jésuites pour les hommes.
Que de femmes, en effet, qui n'ont ni assez de force de tête, ni assez d'habitude de la prière, pour faire toutes seules une retraite de quelques jours et rester enfermées dans la solitude d'une chambre avec des livres de religion, le feraient facilement si on les réunissait a plusieurs autres , dans une salle commune, pour s'y livrer aux mêmes exercices! L'exemple des plus ferventes exciterait le zèle de toutes. Telle jeune fille qui n'eût pas osé se retirer seule dans une maison religieuse, de peur d'attirer l'attention sur elle, le ferait sans crainte, s'il y avait à Paris une maison spéciale de retraite, approuvée par le roi, et dans laquelle on verrait entrer plusieurs personnes de bonne compagnie, sans ostentation ni distinction entre elles.
Ainsi pensait Mme de Miramion. Et plus elle songeait aux services que pouvait rendre une institution
1 Louis de Valois, né à Melun, en 1039, devint le confesseur des petits-fils de Louis XIV, et mourut à Paris en 1700; il était considéré comme un homme de Dieu.
MADAME DE MJRAMION. 279
pareille, plus elle sentait croître en elle le désir de fournir à toutes les classes de la société ce nouveau moyen de perfectionnement.
Malheureusement il se présentait en même temps à son esprit une foule d'objections et de difficultés que sa prudence et son expérience ne lui permettaient plus de se dissimuler à elle-même. Il fallail obtenir l'agrément du roi, l'approbation de l'archevêque, et le consentement des filles de Sainte- Geneviève. Sa communauté n'avait pas d'appartements suffisants pour y faire des exercices publics, et encore moins pour y loger les personnes qui pourraient le demander. Il faudrait donc l'agrandir; acheter quelque maison voisine et à un prix excessif, puis l'approprier à cette destination et la meubler. Comment pourvoir à tant de dépenses? Sa fortune n'était plus en état d'y suffire; toute considérable qu'elle avait été , trente années de charités et de libéralités incessantes l'avaient presque épuisée.
Ces dillicultés préoccupaient \ivement Mme de Miramion , et toute autre à sa place s'en tut laissé abattre. Mais la crainte de résister par égoïsme ou par faiblesse à la volonté de Dieu, la détermina au contraire à persister dans son projet, convaincue que la Providence, si tel était son dessein, récompenserait son obéissance par l'aplanissement deobstacles.
M"" de Maintenon, à qui elle en parla la première, l'encouragea beaucoup à persévérer, et lui promit de faire connaître elle-même au roi un projet si
louable, en l'appuyant de tout son crédit. « Le roi, loin d'y refuser son agrément, dit qu'il en serait bien aise; qu'il n'y avait rien à craindre chez Mme deMiramion , qu'il était assuré de sa conduite, et qu'il voulait même contribuer à un dessein où Dieu trouverait certainement sa gloire. Et il lui envoya six mille francs1. »
Les sœurs de la communauté, qu'elle avait craint de trouver hostiles à son projet, en raison des œuvres nombreuses dont elles étaient déjà chargées, l'accueillirent au contraire avec empressement. Enfin l'archevêque de Paris, non -seulement l'approuva sans difficulté, mais encore voulut, en témoignage de l'estime particulière qu'il portait à Mme de Miramion , que la chapelle de la maison fût honorée de la présence perpétuelle du saint Sacrement2.
La Providence semblait, en effet, aplanir à l'avance chaque difficulté, et disposer favorablement tous les cœurs. Le projet de cette institution avait à peine été conçu, que déjà il était pour ainsi dire réalisé. Toutes les personnes à qui elle en parla lui offrirent leur concours. Mme la duchesse de Guise , Mme la présidente Voisin, et Mme du Housset, qui voulaient être associées à toutes les bonnes œuvres de leur charitable amie, lui donnèrent six mille livres chacune. Mme de Miramion en donna quinze mille,
1 Choisy et Dangeau.
2 Voyez lettres de Mme de Miramion à l'Appendice.
MADAME DE 1TIRAMI0N. 281
et plusieurs autres personnes (jui voulurent rester inconnues , lui envoyèrent des sommes considérables.
Elle acheta de Mgr François de Nesmond, évêque de Bayeux , oncle de son gendre, moyennant une somme de quatre-vingt mille livres, une grande maison située sur le quai de la Tournelle, qui touchait d'un côté à sa communauté, et de l'autre à l'hôtel de sa fille. On y fit une belle salle pour les exercices religieux, un grand réfectoire et une chapelle renfermant plusieurs confessionnaux. Les étages su périeurs furent distribués en cinquante chambres, qu'on meubla très-simplement, mais avec une propreté minutieuse.
Mme de Miramion, pendant près de deux ans que durèrent ces réparations , veilla à tout par ellemême. Mais son ordre et son économie n'empêchèrent pas la dépense totale de cette nouvelle maison de s'élever à plus de cent mille livres , somme énorme dans un temps où la guerre et la disette rendaient l'argent si rare.
Au mois d'octobre de cette même année 1685, Louis XIV, que son autorité et ses victoires rendaient de jour en jour plus absolu, avait fait publier la révocation de Ledit de Nantes: acte regrettable par lequel on retranchait aux protestants tous les
privilèges qu'ils avaient obtenus autrefois les armes a la main, et dont on les avait laissés jouir jusque là. « Le roi, animé par le zèle qu'il avait pour la religion, jugeait que pour prévenir les révoltes fréquentes que les huguenots excitaient dans le royaume, il fallait leur ôter l'exercice de leur religion. Mais pour y parvenir on y employa, sous son nom, des rigueurs que ni la politique, ni la religion ne sauraient excuser \ » Ce prince, il est vrai, avait ordonné d'employer surtout un moyen souvent efficace : l'argent. Et Pélisson fut chargé par lui de ce ministère secret.
Le roi payait en même temps de sa bourse un grand nombre de missionnaires, qui étaient chargés d'aller dans les provinces ramener par la persuasion les protestants à la religion de leurs ancêtres. Il prodiguait ensuite les grâces et les honneurs en faveur des nouveaux convertis.
Mme de Maintenon 2, qui savait mieux que personne combien la rigueur et la violence sont des moyens peu propres à gagner les cœurs, ou à triompher des résistances de l'esprit, conduisit plusieurs jeunes filles protestantes chez les Miramionnes ; ne doutant point que la douceur pénétrante du caractère de leur supérieure et l'éloquence persuasive de sa piété ne les ramenassent promptement à la religion catholique. Mme de Mira-
1 Languet de Gergy.
2 Toute la famille d'Aubignc était protestante, et M"'* de Maintenon elle-même l'avait été dans sa jeunesse.
MADAME DE MJRAM10N. 283
mion obtint, en effet, les plus heureux succès; car elle eut la joie de voir plusieurs de ces jeunes personnes devenir dès ce moment, et rester ensuite toute leur vie de véritables modèles de vertu et do piété. Le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires, cite parmi elles M"' de Montboucher du Bordage, mariée plus tard à M. de Coigny, dont la dévotion a longtemps édifié la cour.
« Mais comme la plupart de ces demoiselles étaient alors dans le plus grand besoin, Mme de Miramion fut obligée de demander pour elles à M. Pélisson des pensions, qu'on lui acccorda, le roi ayant dit publiquement « qu'on pouvait se fier à elle, et « que sa charité était prudente1 ».
Malheureusement, à ces moyens de conversion si sages et si faciles, Louvois, « soit qu'il suivit son humeur, soit qu'il cherchât à flatter son maître ', » en joignit d'autres d'une rigueur et d'une cruauté extrêmes, que nous n'avons point à rappeler ici, mais dont le résultat fut de faire sortir du royaume un nombre considérable de familles.
En vain remplissait- on les prisons et les galères des personnes qu'on arrêtait dans leur fuite. Rien ne pouvait vaincre la résistance de tant de malheureux, que les tourments mômes affermissaient encore dans leur croyance.
Le fort de La Tournelle , qui existait autrefois >m le quai de ce nom à Paris, entre la porte Saint-
1 Ghoisy.
2 Lan^uet de Gtarg]
Bernard et la Seine, presque en face de la communauté des Miramionnes, regorgeait alors de malheureux protestants. Dans les temps ordinaires il ne servait de prison qu'aux galériens malades; mais depuis la révocation de l'édit, on jetait là tous les émigrés surpris ou relaps, en attendant qu'on pût les transporter à Marseille C'étaient pour la plupart des vieillards infirmes qu'on voyait la chaîne au cou, et souffrant toutes sortes de privations.
La vue de tant de cruautés et de tant de malheurs était à toute heure un spectacle déchirant pour le cœur généreux de Mme de Miramion. Elle n'y trouvait de soulagement qu'en allant elle-même chaque jour prodiguer à ces infortunés tous les secours que l'humanité et la charité chrétienne peuvent offrir. Comme son premier guide, saint Vincent de Paul, elle secourait tous les affligés sans interroger leur croyance, et tendant une main empressée à tout ce qui l'environnait, elle ne connaissait qu'un seul devoir : la charité. A la fin de décembre, « Dieu, qui voulait aussi de temps en temps faire éprouver à Mme de Miramion les afflictions de la nature, qu'il lui faisait bientôt oublier par les consolations de la grâce *, » rappela à lui M. de Caumartin, conseiller d'État, et cousin de son mari, celui qui avait autrefois sollicité sa main d'une manière si pressante.
« Cette perte lui fut très-sensible ; ils avaient con-
1 Choisy.
serve l'un pour l'autre une amitié fort tendre; ils se rencontraient souvent, et toujours avec plaisir l. » M. de Caumartin, après avoir eu toute sa vie pour elle l'admiration la plus sincère et le respect le plus profond, voulut encore avant de mourir lui rendre un dernier hommage , et « ordonna par son testament à ses enfants, de consulter Mme de Miramion en toutes choses. »
On venait d'atteindre ainsi le mois de janvier 1687, quand M,lede Marsilly, cousine de Mmede Miramion, qui était depuis de longues années supérieure des religieuses de l'hôpital général, se démit de cette place, son âge et ses infirmités ne lui permettant plus de la remplir. Les administrateurs, désireux de prévenir les embarras qu'allait causer ce changement de direction, vinrent prier M""' de Miramion de vouloir bien aller passer quelques jours dans cet établissement, afin d'y maintenir le bon ordre qu'elle y avait établi autrefois.
M"" de Miramion avait cinquante -huit ans, et depuis sa dernière maladie elle était resiée plus faible et plus souffrante; mais ni l'âge, ni les défaillances de sa santé ne diminuaient l'ardeur de si charité et l'activité de sa vie. C'était du bien à faire, elle accepta, et pendant trois mois elle ne sortit plus
1 Cboisy.
de l'hôpital, aidant sans cesse de son expérience et de ses conseils, MUe Pantaclin , la nouvelle supérieure.
Dès son arrivée, elle se soumit, comme la plus modeste des sœurs, à toutes les règles de la maison, ne voulant pas être traitée autrement que les religieuses qui servaient les pauvres , et leur donna la première l'exemple des plus pénibles dévouements
0 courage touchant ! ces tendres bienfaitrices, Dans un séjour infect où sont tous les supplices, De mille êtres souffrants prévenant les besoins , Surmontent les dégoûts des plus pénibles soins; Du chanvre salutaire entourent leurs blessures, Et réparent ce lit témoin de leurs tortures, Ce déplorable lit , dont l'avare pitié Ne prête à la douleur qu'une étroite moitié. De l'humanité même elles semblent l'image ; Et les infortunés que leur bonté soulage Sentent avec bonheur, peut-être avec amour, Qu'une femme est l'ami qui les ramène au jour ».
En rentrant chez elle, Mme de Miramion eut la douleur d'apprendre que sa meilleure et sa plus ancienne amie, Mlle de Lamoignon, était à la dernière extrémité. L'âge était sa seule maladie; il fallait donc se résigner à la perdre. Sa consolation fut de l'assister à cet instant suprême, et de lui rendre elle-même les derniers devoirs. 0 amitié , sobre de démonstration et riche en dévouement,
i Legouvé , Mérite des femmes.
qui dira jamais tout ce que tu as à supporter ainsi d'heures sombres et de pensées douloureuses ^ au chevet des mourants !
La perte d'une personne que la parenté, l'affection et encore plus la similitude des goûts et des sentiments lui avaient rendue si chère, laissa dans le cœur de Mme de Miramion un vide que rien ne devait plus effacer. Il y avait quarante ans qu'elles se rencontraient chaque jour dans les mêmes exercices de piété et de charité. De tant de femmes pieuses que nous avons vues au commencement de ce récit faire partie des assemblées charitables formées par Vincent de Paul, de toutes celles qui avaient pris autrefois notre jeune veuve par la main pour l'introduire dans le chemin si consolant de la charité, Mlle de Lamoignon était la seule qui eût survécu. Elle était sa dernière amie, en la perdant tout ce passé s'éteignait. Il en est ainsi dans la vie :
Au matin du pèlerinage Les amis vous tendent la main; Le soir quand finit le voyage, Seul on achève le chemin ■.
Le roi, en apprenant la mort de M11, de Lamoignon, qui était depuis longtemps la distributrice ordinaire de ses aumônes, fit demander à M"" de Miramion, par l'éloquent intermédiaire de M""' de Maintenon (la Raison parlant par la bouche des Grâces, a dit d'elle Féoelon , i de vouloir bien buc-
1 Ifm d Arbouville.
céder à son amie dans cet emploi, et surtout dans sa confiance 1 ».
Cet honneur et cette occasion de faire plus de bien ne pouvaient se refuser. Mme de Miramion accepta. Depuis ce jour, et jusqu'à sa mort, le roi lui fit remettre régulièrement de l'argent quatre fois par an ; mais sans jamais souffrir qu'elle lui en rendit aucun compte.
Boileau, qui pendant longtemps avait eu l'habitude de lire ses vers chez M. le premier président de Lamoignon, où il avait appris à connaître et à admirer les rares qualités de la sœur de ce dernier, écrivit alors ce juste éloge de Mlle de Lamoignon, au-dessous de son portrait :
Aux sublimes vertus nourrie en sa famille ,
Cette admirable et sainte fille En tous lieux signala son humble piété ; Jusqu'aux climats où naît et finit la clarté 2 , Fit retentir l'effet de ses soins secourables ; Et jour et nuit , pour Dieu pleine d'activité , Consuma son repos , ses biens et sa santé A soulager les maux de tous les misérables.
Deux ans s'étaient écoulés depuis que Mme de Miramion avait formé le projet de fonder une mai-
1 Ghoisy.
2 Elle avait contribué puissamment à l'entretien des missionnaires dans les Indes , et avait dans son hôtel un magasin d'effets qu'elle vendait au profit des indigents.
MADAME DE MlRÀMION. 289
son de retraite: « deux ans employés à prier, à consulter et à mettre toutes choses en état, dit Choisy ; enfin cette maison se trouvant prête, elle en régla le spirituel et le temporel, et dressa un plan de l'ordre des exercices publics. »
Les retraites pour les dames du monde devaient avoir lieu deux fois par an, et ne durer que sept jours, pendant lesquels cinquante personnes coucheraient et seraient nourries à la maison, moyennant une rétribution. Tandis que les exercices destinés aux personnes d'une condition médiocre ou pauvre devaient s'ouvrir quatre fois par an, et ne durer que cinq jours; mais on ne coucherait que les femmes venues de la campagne, les autres pouvant retourner chez elles chaque soir, ce qui permettrait d'en loger cent vingt à la fois , et de les nourrir toutes gratuitement.
Et comme les pauvres, nous dit l'Evangile, tiennent le premier rang dans l'estime et dans les faveurs de Jésus-Christ, M""' de Miramion, pour attirer silices retraites une bénédiction durable, voulut les commencer par eux.
« Le jour de Noël 1687, elle en assembla donc un très-grand nombre, qu'elle reçut à bras ouvert-, et avec toute la joie de son cœur, comme autant d'Ames prédestinées, sur qui elle ne doutait pas que les divines miséricordes ne se répandissent en abondance.
« On ne refusait personne; et sur ce qu'on lui dit
qu'il s venait des femmes dont la vie était scandale
290 MADAME DE MÏRAMION.
leuse : Tant mieux, répondit - elle , les retraites sont faites pour ceux qui ont péché ; peut-être que Dieu les touchera. En effet, elle vit des conversions si surprenantes et si effectives, que, quand elle n'aurait tiré de ses peines passées que ce seul fruit, elle s'en serait tenue récompensée au centuple1. »
Un jour, Mme de Miramion voyant une jeûne fille qui avait paru fort touchée pendant cette retraite, pleurer en quittant la maison , lui demanda ce qui l'affligeait si fort: « Hélas! Madame, lui dit-elle, j'ai demandé pardon à Dieu, et je vais recommencer à l'offenser, je n'ai point d'autre moyen pour subsister. » Elle fut attendrie de cette réponse, et se souvenant du regard de miséricorde que Jésus n'a point dédaigné de jeter sur les pécheresses repentantes, elle la retint chez elle, et quelques années après elle eut la satisfaction d'en faire une bonne religieuse.
La retraite des dames du monde se fit aussitôt après, et le Père de Valois en fit l'ouverture avec le zèle et l'onction qui accompagnaient toutes ses actions. MM. les abbés Tiberge et de Brisacier2, célèbres l'un et l'autre par de grands talents et une vie austère, firent les exhortations de la retraite suivante.
« Ce ne furent point des discours étudiés, Pélo-
1 Ghoisy.
2 Louis Tiberge, et Jacques-Charles de Brisacier, prédicateur et aumônier de la reine Marie-Thérèse, furent l'un après l'autre supérieurs du séminaire des Missions Étrangères.
quence n \ eut point de part, ils s'abandonnèrent à l'esprit de Dieu; et sans songer à plaire, ils songèrent à toucher. Mme de .Miramion en vit des effets bien sensibles : des dames lui apportèrent leurs boucles d'oreilles , leurs colliers et leurs bagues pour les donner aux pauvres *, » poussant ainsi l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même, ce qui fait la vie du christianisme, après avoir poussé peut-être l'amour de soi-même jusqu'au mépris de Dieu, ce qui fait la vie du monde, a dit saint Augustin.
Des commencements si heureux se soutinrent dans la suite. Et pendant plus d'un siècle, cette première maison de retraite, due à l'initiative et à la générosité de M"ie de Miramion, a continué à rendre les mêmes services, en offrant les mêmes avantages. Détruite par la révolution et par la dispersion des filles de Sainte-Geneviève, cette œuvre heureusement a été reprise plus tard, et souvent imitée depuis.
Les bâtiments qu'occupait autrefois cet établissement, sur le quai de la Tournelle, à côté de l'hôtel de Xesmond existent encore aujourd'hui, et forment un bel hôtel, construit, au fond d'une cour, avec toute la grandeur et la régularité du st\le Louis XIV. Les lignes principales de cette mâle architecture Be sont bien conservées, et les appartements, tous lambrissés de riches menuiseries, gardent une hauteur
1 Cboisj .
d'étage et une largeur de proportions bien en dehors des habitudes mesquines de notre temps, lis ouvraient anciennement sur un vaste jardin qui était en communication avec la communauté des Miramionnes, et dont les côtés, plantés de larges allées de tilleuls, conduisaient par un passage particulier à l'église de Saint-Nicolas. La grande porte cochère qui fermait la cour du côté du quai paraît être restée la même. Seulement l'inscription qu'on y lit aujourd'hui indique que la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris occupe maintenant cet hôtel. Du moins si le temps a changé le but de sa destination première , la Providence a - 1 - elle permis que la maison de Mme de Miramion fût encore un établissement de bienfaisance et de charité.
A l'heure où l'œuvre des retraites était couronnée de succès, au moment où Mme de Miramion pouvait se réjouir du bien qu'elle avait fait, en comptant combien d'âmes égarées elle avait contribué à ramener à la vertu , l'esprit du mal cherchait dans l'ombre un moyen de se servir de ses mains innocentes pour introduire à Saint Cyr, dans ce sanctuaire que Mme de Maintenon venait d'élever si laborieusement à Dieu, la séduction et le trouble dans la foi.
(( Cette communauté, ou Ton ne parlait que piété, où l'on ne respirait que ferveur et amour de Dieu,
MADAME DE MIRAMION. ï'.^
ne pouvait être séduite que par des apparences pieuses et saintes; ce fut aussi par là que le démon essaya de corrompre un établissement qui faisait triompher la vertu la plus pure , à la porte de la cour, où régnent ordinairement toutes les passions \ »
Le quiétisme, en un mot, sous le masque de la piété et du plus pur amour de Dieu, se répandit alors dans le monde; et tandis que cette nouvelle hérésie, semée par Molinos, exerçait à Rome la vigilance du vicaire de Jésus-Christ, elle se glissait en France par les soins et les artifices d'une femme, entraînée elle-même par la dévotion apparente d'un religieux barnabite.
Cette femme, Mm' Guyon, avait été douée par la nature de toutes les séductions, de la grâce, de la beauté et de l'esprit. Son visage avait une expression mélancolique et rêveuse qui touchait avant même qu'elle parlât; et son esprit, d'une vivacité insinuante, charmait et passionnait les imaginations jusqu'à l'égarement.
Elle était fille d'un gentilhomme de Montargis, et avait montré de grands sentiments de piété d< - sa jeunesse; mais c'était surtout depuis la mort de son mari (fils du riche créateur du canal de Briare qu'elle s'était jetée dans les pratiques les plus excessives de la dévotion. Son assiduité continuelle à L'église, ses communions fréquentes et les aumônes
1 Histoire de Muu de Mamtenon , par le duc de Noailles. ^
abondantes que sa fortune lui permettait de renouveler incessamment, n'avaient pas tardé à lui attirer l'estime générale, et peu à peu l'amitié particulière des duchesses de Beauvilliers, de Chevreuse et de Mortemart, toutes trois filles de Colbert, et toutes trois éminentes en piété.
Nous n'avons point à dire ici comment MmeGuyon. après avoir pris pour directeur un moine imbu des maximes mystiques des quiétistes, qui s'empara de son esprit exalté, fut conduite par, lui à Annecy, à Turin et à Grenoble. Mais étant venus tous les deux à Paris, ils y tinrent des conférences pieuses, dans lesquelles ils firent de nombreux prosélytes, surtout parmi les personnes pieuses de la cour. MmeGuyon, après y avoir composé plusieurs petits livres d'une piété exaltée et toute mystique, qui séduisaient par la facilité du style et leur apparence de dévotion, voulut aussi prophétiser. L'Église s'émut alors de ces dangereuses doctrines, et les dénonça à la cour. Le Père Lacombe fut enfermé au château de Lourdes, et Mme Guyon conduite , par ordre du roi , au couvent de la Visitation de la rue Saint-Antoine.
Sa soumission , son abnégation et la sainteté apparente de sa vie pendant tout le temps qu'elle y fut enfermée, la firent considérer par son entourage comme une sainte injustement persécutée, et supportant cette persécution avec une patience héroïque. Elle devint l'édification, l'amour et les délices du monastère qui lui servait de prison.
C'est là que Mmede Miramion, qui allait souvent
à Sainte- Marie, entendit parler pour la première fois de Mme Guyon.
Elle la vit, et elle fut charmée. « La dévotion a ses engouements et ses imprudences comme toute autre passion !. » Elle intercéda pour elle auprès de Mme de Maintenon. Mme de la Maison fort, dame de Saint- Cyr, la duchesse de Béthune, la duchesse de Beauvilliers et ses sœurs, toutes amies et prosélytes de l'intéressante captive, se joignirent à elle dans le même intérêt.
Mme de Maintenon, à la prière de tant de femmes irréprochables, demanda et obtint du roi la liberté de M,1,e Guyon.
Les rapports de MmP de Miramion avec cette femme exaltée se bornèrent à cette unique entrevue, et à cette démarche charitable. Elle fut sa libératrice. a Si on peut contester des doctrines, on ne conteste pas des services. »
La foi d'ailleurs chez M"1' de Miramion n'était pas moins simple que vive. Dieu dans sa bonté a permis qu'il y eût ainsi des âmes qui allassent instinctivement à lui, à travers toutes les difficultés de la vie, comme l'aiguille aimantée se tourne vers le nord au milieu de l'immensité des mers. Aussi dans les questions fameuses du jansénisme et du qtiiétisme, qui vinrent troubler en tant de manières le repos de cette époque, n'eut-elle jamais d'antre part à y prendre qne celle d'obéir à l'Eglise.
1 Lamartine.
296 MADAME DE MIRAMfON.
Mme Guyon , à peine rendue à la liberté , courut à Versailles remercier M me de Maintenon. Celle-ci, subissant à son tour la fascination générale, l'introduisit à Saint- Cyr, comme un modèle de piété, d'éloquence et de grâces. On sait tout le mal que ses maximes firent bientôt dans cette pieuse maison, et combien Mme de Maintenon, éclairée trop tard par Bossuet et influencée par le roi , qui ne pouvait souffrir l'ombre d'un schisme, eut de peine à déraciner le goût de spiritualité et de mysticisme qui s'était emparé des meilleurs esprits de Saint-Cyr.
Cette maison royale d'éducation, où se trouvait rassemblée l'élite des jeunes filles nobles de France, sous le patronage de Mme de Maintenon, était alors dans tout son éclat. Déjà son influence avait ranimé partout le goût des choses de l'esprit, et pour y satisfaire, Mme de Maintenon demanda à Racine, qui avait renoncé au théâtre, de faire une tragédie qui pût être représentée par les demoiselles de Saint- Cyr. Peut-être espérait-elle aussi que la nouveauté de ce spectacle distrairait un instant l'esprit attristé d'un roi qui devenait inamusable. Elle voulut un sujet tiré de la Bible; Racine composa Esther, et on ne peut qu'admirer le parti qu'il sut tirer de ce gracieux épisode. Il en distribua lui-même les rôles aux élèves, et leur apprit à les déclamer. On fit faire de beaux costumes persans, ornés de pierres précieuses. Le théâtre fut dressé dans un grand vestibule, et le roi prêta sa musique. Lorsque tout fut prêt, Mmede Maintenon invita Sa Majesté à assister
à la première représentation, qui eut lieu le 26 janvier 1689.
Cette tragédie eut de suite un succès universel; on voulut reconnaître, avec flatterie, Esther dans Mme de Maintenon, et avec malignité, Vasthi dans Mme de Montespan , Aman dans M. de Louvois, et les huguenots persécutés par lui, dans la proscription des Hébreux.
« Mais, comme cette pièce était pieuse, disent les dames de Saint -Cyr dans leur Mémorial, les gens d'une profession grave ne faisaient pas dilliculté de demander à y venir, et il y en avait à qui Mme de Maintenon était bien aise de faire ce plaisir. »
A la seconde représentation, qui eut lieu trois jours après la première (c'est-à- dire le 29 janvier 1689), le roi fit inviter plusieurs prélats, parmi lesquels étaient Bossuet, l'évèque de Béarnais, M. de Forbin-Janson et huit jésuites. M,ne de Maintenon, de son côté, pria M*" de Miramion d'y assister. Celle-ci, quoiqu'elle n'eût pas été au spectacle depuis le temps où sa tante l'y conduisait contre son gré, crut devoir se rendre à cette flatteuse invitation.
k Nous jouons aujourd'hui pour les saints, » écrivait dans la matinée M'11" de Maintenon, en Faisant allusion à ces pieux personnages.
Le roi arriva à (rois heures, et la tragédie commença aussitôt. Toute- les demoiselles deSaint-Cyr étaient rangées d'un cote sur des gradins élevés en amphithéâtre, de l'autre on voyail les dames de la
communauté en grand costume de chœur; au milieu, devant le théâtre,, le roi, sur un fauteuil, et, à côté de lui, mais un peu en arrière, et sur un siège moins élevé, Mmede Maintenon; derrière eux, Monsieur, les princes et la cour.
« Le roi et toute la cour sont charmés de la tragédie d'Esther, écrit alors Mme de Sévigné; Mme de Miramion, et huit jésuites, dont le Père Gaillard était, ont honoré de leur présence la dernière représentation; enfin c'est un chef-d'œuvre de Racine; si j'étais dévote, j'aspirerais à la voir, »
L'ambition de l'aimable marquise fut heureusement satisfaite , et voici en quels termes elle a raconté cet événement à sa fille :
« Je fis ma cour l'autre jour à Saint-Cyr, plus agréablement que je n'eusse jamais pensé. Nous y allâmes samedi, Mme de Coulanges, Mme de Bagnols , l'abbé Testu et moi. Nous trouvâmes nos places gardées; un officier dit à Mme de Coulanges que Mme de Maintenon lui faisait garder un siège auprès d'elle, vous voyez quel honneur ! Pour vous, Madame, me dit -il, vous pouvez choisir. Je me mis, avec Mme de Bagnols , au second banc derrière les duchesses. Le maréchal de Bellefond vint se mettre, par choix, à mon côté droit; et devant c'étaient Mmes d'Auvergne , de Coislin, de Sully; nous écoutâmes, le maréchal et moi, cette tragédie avec une attention qui fut remarquée, et de certaines louanges sourdes et bien placées, qui n'étaient peut-être pas sous les fontanges de toutes les dames. Je ne puis
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vous dire L'excès de f agréaient de celle pièce. C'est une chose qui n'est pas aisée à représenter, et qui ne sera jamais imitée; c'est un rapport de la musique, des vers, des chants, des personnes si parfait et si complet, qu'on n'y souhaite rien. Les filles qui font des rois et des personnages, sont faites exprès : on est attentif, et on n'a point d'autre peine que celle de voir finir une si aimable pièce. »
En effet, « tout dans ce pieux divertissement, le choix de l'assistance, le caractère du lieu, la beauté des vers, l'imposante majesté du roi, la réunion de toutes ces jeunes filles, et ce mélange singulier de la cour et du cloître, tout concourait à former un tableau qui ne s'est point effacé, et qui est resté dans l'imagination comme un des charmants épisodes de ce beau règne , où se trouvent à la fois , comme en presque tout ce qui lui appartient, la grandeur, la simplicité et le génie '. »
1 Histoire de M** de Maintenon , par le duc de Noailles.