PREMIER JOUR
PREMIERE ORAISON
Il n'\ a rien qui n'aille à sa lin, la lin de L'homme est Dieu; j'ai vu que toutes les choses créées vont à leur lin, il n\ a que l'homme qui s'\ oppose ci qui fait comme si le inonde et nous-mêmes étions notre (in; j'ai vu que tout ce que Mien m'a donne pour ma
tin , je l'ai employé contre ma fin ; j'ai vu beaucoup de choses en particulier.
RÉSOLUTION
De renoncer au démon, au monde et à moi-même * et surtout de résister aux tentations ; et dire : Tout cela n'est pas ma fin et ne doit pas faire aussi mon occupation et mon entretien ; je me servirai, avec la grâce de Dieu , de toutes les facultés de mon âme pour honorer Dieu comme ma fin, et me souviendrai que cette vie n'est qu'un passage pour y aller.
DEUXIÈME ORAISON
Uu bien que nous devons faire chaque jour.
J'ai vu que si Dieu me demandait une seule bonne action dans toute ma vie, je ne pourrais pas lui en montrer, tant tout ce que j'ai fait a été défectueux; et cependant j'ai été convaincue qu'il demandait beaucoup de moi, dans l'état où je suis de viduité, et me souviens de ce que dit saint Paul. Je l'ai prié d'avoir soin de moi et que je ne voulais plus penser qu'à lui; je me sens confondue dans la vue de l'imperfection de toutes mes actions , même de celles qui paraissent les meilleures.
RÉSOLUTION
De faire avec application toutes mes actions, grandes; et petites.
TROISIÈME ORAISON
Que tout n'est que vanité hors d'aimer et de servir Dieu.
J'ai vu la vérité de ces paroles : considérant qu'à l'heure de la mort, toutes les choses du monde me paraîtront comme un songe, il faut qu'elles me quittent, ou que je les quitte; j'ai conçu un grand regret de m'y être attachée, j'ai protesté à Dieu que je désirais de les quitter d'affection tout présentement, et particulièrement l'attachement à ma fille et aux autres choses. J'ai reconnu que Dieu m'avait donné toutes ces choses pour me conduire à ma fin , ce que j'ai empêché en m'attachant à des choses qui n'étaient pas ma fin, mais le chemin et un moyen d'y aller.
RÉSOLUTION
De me séparer d'affection de toutes les cnoses qui n'iront point à ma fin, n\ tenir qu'autant que celui qui est ma fin le voudra et me le commandera.