M"" DE POURTALES-DE LUZE
1 Rose-Augustine née deLuze, fille de cette dame de Luze, demeurant au Bied, près Colombier, que Rousseau appelait la «reine des femmes» et à qui il a adressé plusieurs lettres. Rose avait épousé en 1769 Jacques-Louis de Pourtalès, le fameux négociant.
aux quatre millions. Elle fait beaucoup de politesses aux étrangers en général et a pour nous beaucoup de bontés.
Je suis rétabli depuis huit jours à Neuchâtel, et j'ai passé ces huit jours dans un tourbillon de fêtes et d'amusements comme j'en ai peu vus. Et le tout pour amuser le prince de Hesse-Cassel, qui a un régiment de dragons dans notre service et qui est venu passer une semaine ici... Il est arrivé le lundi au soir et est descendu chez M. et Mme DuPeyrou. Il était réellement logé en prince Le premier soir, j'y soupai avec une nombreuse compagnie. Le mardi, j'y dînai encore avec beaucoup de monde, entr'autres M. et Mme de Charrière et Tuyll avec sa femme. Le soir, Mme de Pourtalès nous donna un superbe bal, où tout le beau monde était invité l. Le mercredi, j'étais encore d'un dîner chez Mme Du- Peyrou, et le soir elle donnait un bal et souper. C'était, je l'avoue, une des belles fêtes que j'avais encore vues de ma vie. Il est frappant pour un petit endroit comme Neuchâtel de voir un si grand nombre de femmes comme il faut, qui sont presque toutes jolies, et montées sur un ton d'élégance auquel certainement on ne s'attendrait pas. Le jeudi, il y eut encore un dîner chez Mme Du- Peyrou, et le soir un souper chez Mme de Pourtalès. Le vendredi, je fis le matin un grand tour de promenade avec le prince. Nous dînions chez Mme DuPeyrou, et le soir la jeunesse d'ici donna par souscription un bal et souper, ce qui faisait une charmante fête aussi ; et quoique c'était le troisième bal de la semaine, cela dura jusqu'à cinq heures du matin. Le samedi, nous avons été tout le jour chez Mme DuPeyrou, dîné et soupe, et entre deux un joli concert. Je vous demande, ma chère mère, s'il est possible de mieux recevoir un grand seigneur. Aussi m'a-t-il assuré qu*il quittait cet endroit avec peine. »
Tel est le Neuchâtel, en somme fort animé, et plus mondain qu'aujourd'hui, qu'a connu et observé Mme de Charrière. La jeune Mmc Vincent de Tuyll écrivait de son côté, mais en hollandais, à sa mère. Ce qui rend piquante la naïve peinture de ses impressions, c'est qu'elle arrivait un peu prévenue contre sa belle-sœur, dont elle avait entendu parler en Hollande comme d'une personne bizarre, capricieuse, pleine de malignité, — et qui avait fait un mariage saugrenu. Mme de Tuyll éprouvait un certain battement de cœur en arrivant au manoir du Pontet. Ce qui l'y frappe d'abord, c'est la « manière libre de vivre dans cette maison, où chacun fait ce qu'il veut ». Pas besoin de faire toilette ; on peut rester en négligé tout le jour, même s'il vient
1 L'hôtel de Pourtalès, un des plus élégants que le XVIII' siècle ait vu s'élever à Neuchâtel, est le n° 8 actuel du Faubourg de l'Hôpital (Banque Pury).
du monde. Elle nous conte que Mme de Charrière fut fort émue en revoyant son frère, et ajoute qu'elle surpassa de beaucoup l'idée que la jeune femme s'en était faite :
« C'est, dit-elle avec une précision naïve, une personne intelligente, aimable et gaie, qui a le meilleur cœur qu'on puisse imaginer. Je ne puis assez me louer des attentions qu'elle a pour moi. Je remarque qu'elle est très considérée ici, mais, je crois, un peu redoutée. Peu de femmes sont de force à lui tenir tête en fait de science. Papa dirait : Cest un professeur ! Je n'ai jamais vu sa pareille comme instruction ; mais son esprit est un peu satirique et mordant, quand elle n'aime pas beaucoup quelqu'un. Son mari est l'homme le plus excellent, le plus honnête qu'on puisse voir; il sait énormément de choses; mais il garde toujours un certain ton cérémonieux, si bien qu'on le connaisse, ce qui fait qu'on ne devient jamais tout-à-fait familier avec lui. Mais il vaut la peine de l'entendre parler science ; il est au courant de tout. Seulement, c'est dommage qu'il ait de la peine à s'exprimer, parce qu'il bégaie un peu.
...Il y a beaucoup de gens distingués qui viennent ici ; quelques-uns sont très aimables, parmi eux le suffragant d'ici, qui prêche pour le vieux pasteur. Cet homme écrit une revue ou journal qui se vend beaucoup, et c'est le gaillard le plus intelligent et le plus gentil qu'on puisse voir. Je l'ai entendu prêcher excellemment dimanche. Mais, le lendemain, il faisait tout de même très volontiers sa petite partie de cartes avec nous, ce qui ne paraît pas étrange ici, où tout le monde le fait.
Il y a encore dans la maison deux sœurs : l'aînée est la meilleure et la plus affable personne que j'aie rencontrée de ma vie. Elle est très aimée et estimée de tout le monde, et a pour moi une sollicitude et des attentions de mère. Elle ne sait qu'imaginer pour m'être agréable. C'est une personne d'une cinquantaine d'années. Il y a quelques jours, j'ai fait avec elle une course charmante dans les montagnes. Nous dînâmes à Brot. Je fus très étonnée de trouver dans ce coin perdu, où on s'attendrait à voir des gens presque sauvages, une jeune fille élevée si bien, qu'on n'en trouve guère chez nous parmi les gens du monde ; en outre elle était jolie et avait une conversation charmante. Elle avait été très liée avec J.-J. Rousseau, qui avait passé quelque temps ici1 ».
1 En 1765, avec DuPeyrou, Pury, le justicier Clerc et quelques autres amis avec qui il herborisait : « 11 me semble, écrivait Rousseau à DuPeyrou, le 16 septembre 1769, que, malgré la pluie, nous n'étions point maussades à Brot ni les uns ni les autres ». Voir aussi, sur M'" Sandoz, fille de l'aubergiste de Brot, que Rousseau avait remarquée, Aug. Dubois, Les Gorges de l'Areuse et le Creux-du-Van (Neuchàtel, Attingcr, 1902), p. 1 16-120.
Après un séjour de sept semaines dans l'hospitalière maison •du Pontet, les jeunes époux durent songer au départ. Mme de Tuyll s'était tendrement attachée à Mme de Charrière :
« La personne dont je me séparerai avec le plus de peine et que j'espère bien revoir encore, c'est ma belle-sœur. Chaque jour je la vois davantage : c'est la femme la pins aimable qu'on puisse trouver, et c'est un vrai dommage pour moi qu'elle soit établie si loin de nous. Je ne crois pas que je trouve jamais dans toute la famille personne qui me plaise autant à la longue que Mme de Charrière. Elle et son mari avaient eu l'idée de me retenir pour l'hiver. J'irais à Genève avec eux et Tuyll viendrait me chercher après son temps de service. Toute la famille insistait avec une affectueuse bienveillance, mais je n'ai pu, tu le comprends, entrer dans ce projet... »
La raison qui décida la jeune femme à regagner son chez soi, ce fut un commencement de grossesse : six mois après son départ, elle mettait au monde un fils, Guillaume-René de Tuyll, que nous trouverons à Colombier en 179g et qui paraît avoir hérité de tout le charme de sa mère. Celle-ci était en effet une femme délicieuse, à en juger par ses lettres à sa belle-sœur, écrites en un français excellent, et qui annoncent un esprit charmant et une âme d'élite. M!Tie de Charrière ne devait pas la revoir, non plus que son frère Vincent, qui mourut dans un lazaret de France pendant la campagne de 1794.
Ayant visité la Suisse, les voyageurs hollandais rejoignirent, en janvier 1781, M. et Mme de Charrière à Genève, où ils passaient, selon leur habitude, quelques mois d'hiver. Les troubles qui agitaient alors la petite république ne les avaient point arrêtés.
« Toute la ville, écrit Mme de Tuyll, est partagée en deux partis très excités. Il y a quelques jours, la populace s'est soulevée, un homme a été tué. Les femmes même prennent parti. Ici, tout pétille d'intelligence ; c'est étonnant comme on peut se passionner. Heureusement, nous sommes dans un quartier où l'on ne risque et n'entend rien. » — «M. et Mrae de Charrière, écrit à son tour le mari, sont très bien logés, fort contents, et toujours également aimables. Mlle Moula les a accompagnés ; sa santé est un peu dérangée ; je me flatte que les soins de ma sœur et la manière sage de se gouverner de cette jolie personne la remettront entièrement. »
Nous n'avons pas encore rencontré cette amie de Mme de Charrière, que nous retrouverons souvent à Colombier et que Benjamin Constant s'amusera à tourmenter sans merci. Acquittons-nous de la présentation.
Marianne Moula, née à Neuchâtel en 1760, était fille d'un homme distingué, le mathématicien Frédéric Moula. Elle avait une sœur, son aînée d'un an, Suzanne, qui occupait à la cour d'Angleterre la place de gouvernante des jeunes princesses et devint quelques années plus tard Mrs Cooper \ Très bien élevées, d'esprit orné, d'un caractère fort sociable, les deux
1 Frédéric Moula, né à Neuchâtel, d'une famille de réfugiés, originaire de Filiastre en Vivarais, professa les mathématiques à Saint-Pétersbourg et à Berlin, et fut, comme le célèbre Bernouilli, avec qui il était lié, membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg. Il passa ses vieux jours à Neuchâtel. Mvlord Maréchal, qui avait fait amitié avec Moula, créa pour lui une charge d'« interprète du roi», avec un modique honoraire. Moula mourut à Neuchâtel en 1782 (et non en 1783, comme le dit la Biographie neuchâteloise. — Voir R.egistre des décès de Neuchâtel.)
Sa fille Suzanne correspondait activement avec M"" de Charrière ; elle lui parlait de la Cour d'Angleterre, où elle était «fort estimée de la reine Charlotte», nous dit Ch. de Constant dans son Journal (Bibl. de Genève, MCC. 2, tome I). Dans ses lettres, Suzanne use d'un langage conventionnel pour désigner la reine et les princesses, qu'elle appelle la Mère aux Fleurs et les Fleurs; les gouvernantes sont les Jardinières. En 1785, elle l'entretient de son projet de mariage: un capitaine de la marine anglaise, M. Cooper, s'était épris de la belle Suzanne. M" de Charrière s'occupa fort de ce mariage, avec le tuteur de la jeune personne, lequel n'était autre que Ferd.- Olivier Petitpierre, le pasteur neuchàtelois qui avait été destitué pour avoir prêché contre l'éternité des peines. Charles Berthoud dit à ce propos (Les Quatre Petitpierre, Neuchâtel, i865, p. 2 5o) : «La famille Cooper, une famille de dissenters, d'une sévérité un peu triste, comme cela n'était pas rare à cette date chez les non-conformistes anglais, consentait bien à ce mariage, mais à la condition qu'il n'aurait lieu qu'après une campagne de deux ans que le capitaine devait faire aux Indes. De leur côté, M""* de Charrière et Petitpierre opinaient prudemment pour que le mariage précédât cette longue absence, pendant laquelle la jeune mariée aurait vécu à Colombier. La reine se rangea du côté de la famille Cooper ; mais le capitaine soutint victorieusement l'épreuve qu'on lui imposait, revint du bout du monde plus épris que jamais et rien ne put désormais s'opposer à l'union des époux. ». — A son retour, le capitaine reçut à son bord Ch. de Constant (frère de Rosalie et cousin de Benjamin), qui revenait de Chine : dans son journal, Constant dépeint le capitaine comme un homme aimable et cultivé, aimant «avec passion» sa fiancée, qui est «protégée et tort aimée de Mmc de Charrière ». Cooper connaissait de nom cette dernière, par
sœurs étaient devenues, dès l'âge de quinze ou seize ans, des habituées de la maison de Colombier. Il est naturel de supposer que M. de Charrière, qui avait la passion des mathématiques, était en relations suivies avec Frédéric Moula. L'excellente Marianne, que ses amis surnommaient Muson, avait de petits talents fort appréciés : elle chantait bien, elle dessinait gentiment, surtout elle excellait à découper des silhouettes, genre de portrait fort en vogue à cette époque. Nous avons retrouvé bon nombre de ces petits ouvrages dûs aux ciseaux de Mlk Moula et les avons recueillis pour en illustrer ces pages. Dans plusieurs maisons de Neuchâtel, on conserve des groupes de figures artistement composés, et qui évoquent, mieux que de brillantes descriptions, l'aspect de la société d'alors, sa grâce aimable et fragile. Mlle Moula est l'auteur de ces jolies œuvres d'art, qu'elle exécutait en se jouant et que se disputaient ses amis. Elle était pour Mrae de Charrière une compagnie agréable et fidèle. A Genève, au sein d'une société plus variée que celle de Neuchâtel, Mme de Charrière trouvait le milieu intellectuel que réclamait l'activité de son esprit. Durant les sept ou huit hivers qu'elle y passa, elle y put former, ou renouer, des amitiés précieuses. Elle y voyait les sœurs mariées de son ancienne gouvernante, et leurs enfants. Sa « meilleure amie de Genève » était Mme Achard-Bontems, nièce de Mlle Prévost, qui séjournera plus d'une fois à Colombier. L'élite de la société genevoise faisait fête à la spirituelle Hollandaise ; nous la voyons en relations cordiales avec le savant Pierre Prévost, membre de l'Académie de Berlin, avec Georges Lesage, ce « philosophe excentrique », à qui Sayous a consacré un piquant chapitre 1 ; avec
les récits de Suzanne, et se plaisait à entretenir Constant de M"' de Charrière. Constant crut qu'il s'agissait de sa tante, M"' de Charrière de Bavois (on confondait déjà ces deux dames !), en parla avec affection : grâce à cette méprise, le capitaine fut plein d'attentions pour son passager, «afin de se faire une bonne note auprès de la protectrice de son amie». Constant connut plus tard M"" Cooper et sa sœur à Londres et en parle dans son journal (voir ch. XXIV).
2 Le Dix-huitième siècle à l'étranger, II, ch. i3. — M™ de Charrière avait gardé un vif souvenir de cet original : « Ne pourriez-vous pas voir Lesage ? C'est une véritable curiosité», disait-elle, en 1799, à une amie séjournant à Genève. Chambrier d'Oleyres note ce qui suit dans son journal (18 juillet 1802) : «Lesage, qui depuis 5o ans, médite son système de phy-
DUPEYR0C ET LES CHAILLET il)-]
H. B. de Saussure, que ses Voyages dans les Alpes mettaient précisément en vue : il venait souvent voir Mme de Charrière, et lui amenait sa charmante fillette, qui plus tard, devenue Mme Necker-de Saussure, disait avoir gardé une vive impression de sa grâce et de son esprit.
« Ce souvenir, ajoute-t-elle, m'a fait lire avec intérêt tous ses romans, et les plus médiocres m'ont laissé l'idée d'une femme qui sent et qui pense. »
M,ne de Charrière était donc fort goûtée à Genève, et il n'eût tenu qu'à elle d'y prolonger ses succès mondains ; mais elle y attachait trop peu de prix pour les rechercher l.
Nous ignorons si M"e Moula fit aussi avec elle le voyage de Plombières, où elle se rendit pendant l'été 1781 2. La pauvre
sique corpusculaire, pour expliquer les phénomènes de l'attraction par l'impulsion des atomes, Lesage disait il y a vingt ans à M"" de Charrière qu'il allait publier son ouvrage, qu'il avait promis de le dédier à la duchesse d'Anville. mais qu'il était trop embarrassé à concilier les éloges qu'il devait à cette dame dans l'épître dédicatoire avec la persuasion qu'elle n'entendait du tout rien aux matières qu'il traitait. M" de Charrière lui promit de se charger de faire une épître qui concilierait très bien tout cela. Lesage promit de mettre l'impression en train; mais depuis vingt ans il est encore à y travailler, et il mourra avant que son ouvrage voie le jour.» — Le 2 mars 1801, Lesage écrivait à d'Oleyres, à propos d'un service que celui-ci lui demandait, une lettre où se trouvent ces lignes : «J'ai soixante dix-sept ans, monsieur, et je n'ai pas encore rédigé la dixième partie des ouvrages que j'avais eu la témérité d'entreprendre et l'imprudence d'annoncer. Jugez donc, monsieur, s'il est possible que je m'occupe encore de ceux d'autrui... » (Inédit, Arch. de Chambrier).
1 Ses ouvrages ne lurent accueillis nulle part avec plus d'intelligente sympathie que parmi ses amis genevois ; ils lui demeurèrent toujours fidèles. « On jouera un de ces jours à Genève la petite comédie qui a eu le bonheur de vous plaire», écrit-elle le i3 janvier 178g, à d'Oleyres. Nous ignorons quelle était cette comédie, où et par qui elle fut représentée ; mais nous doutons que Neuchâtel ait jamais donné le même plaisir à l'auteur des Lettres neuchâteloises.
2 Ce séjour nous est attesté par un passage des Lettres de Lausanne, où elle fait une observation qui montre qu'elle connaissait Plombières. Sa correspondance contient aussi une allusion à ce séjour, dont la date est fixée par ces lignes que M. de Charrière adressait de Plombières, le 29 juillet 178 1, à son beau-frère Vincent : « Les bains de Plombières font un bien marqué à ma femme; son ventre diminue et s'amollit, ses forces sont revenues, et je me flatte que dans un mois d'ici elle se portera mieux qu'elle ne faisait lorsque vous l'avez vue. »
femme, que ses nerfs avaient déjà tant fait souffrir avant son mariage, continuait à éprouver toute sorte de malaises, qu'elle appelait des vapeurs, faute de pouvoir leur donner un nom plus précis. Elle ne jouit jamais d'une santé normale. Après sa mort, on reconnut qu'elle était atteinte depuis l'âge de seize ans d'un mal intérieur, qui, si nous en croyons certaines allusions, n'est point étranger au fait qu'elle dut renoncer à la joie d'être mère. N'est-ce pas le lieu de citer ces lignes mélancoliques et un peu mystérieuses que M. de Charrière lui adressait précisément en 1781 :
« Je ne vous dirai rien, ma chère femme, de mes pensées à votre sujet ; cela est inutile, et j'ai résolu, dans cette absence, que si je vous regrettais, si..., si..., de ne vous en rien dire. Cela est convenu une fois pour toutes... »
Nous la reverrons, d'année en année, en divers lieux, demandant à de nouvelles eaux, à de nouveaux médecins, le soulagement qu'elle ne trouvera nulle part.