‹ Madame de Charrière et ses amis d'après de nombreux documents inéditsChapitre 50 sur 70 · LE MAESTRO ZINGARELLI · texte numérisé non relu

LE MAESTRO ZINGARELLI

avait composés ? Mais il était trop musicien lui-même pour en faire grand cas.

Sans doute, elle aimait passionnément la musique, — la bonne musique ; — elle j ouait bien du clavecin et chantait agréablement : ne faisait-elle point avec goût tout ce qu'il lui plaisait de faire ? Sans doute encore, elle a consacré à ses compositions musicales autant et plus de temps qu'à ses ouvrages littéraires : Zadig et le Cyclope lui ont coûté bien plus de peine que Caliste ou les Lettres neuchâteloises. Mais la valeur de toutes ces partitions devait être assez mince, à en juger par ce qu'il en reste \ et si nous en croyons les juges compétents, — sans parler de ce juge incompétent, mais fort homme d'esprit, qui, après l'audition d'une sonate de Mme de Charrière, nous disait : « Je crains que cette musique ne soit pas bonne: je l'ai comprise»2. C'est de la musique très claire, en effet, terriblement claire, et qu'une certaine élégance d'allure n'empêche pas d'être enfantine. Si cette partie de l'œuvre de Mme de Charrière mérite qu'on en parle, c'est simplement parce qu'elle témoigne de sa prodigieuse, de son incessante activité d'esprit, de la persévérance de son vouloir, de la souplesse de cette intelligence ouverte à toutes choses et curieuse de tous les genres de victoire.

1 Quelques sonates conservées au musée historique de Neuchâtel (voir Bibliographie.

2 M. Félix Bovet.

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